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Coronavirus : quid des cérémonies d'obsèques ?

Date : 18/03/2020 | Mise à jour : 20/03/2020 13:47
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Dans l'Evêché du Puy, le nombre de participants est limité à 20 personnes. Pour les entreprises de pompes funèbres de Haute-Loire, il faut s'adapter, parfois péniblement face au deuil des familles. Quant aux cimetières, ils demeurent pour l'instant ouverts au Puy, contrairement à Clermont ou Saint-Etienne.

Suite à la dernière allocution du Président de la République, l'Évêché du Puy a adressé un mail aux professionnels des services de pompes funèbres pour leur donner les dernières consignes à suivre.

"Veiller à ce que les gens ne touchent pas le cercueil"

"Les célébrations d'obsèques sont maintenues avec les adaptations suivantes", peut-on lire dans l'e-mail de l'Évêché que Zoomdici s'est procuré : "on ne célèbre pas l'eucharistie, on fait simplement une absoute, on limite le nombre de participants à 20 personnes, on observe les distances réglementaires et on respecte les gestes barrières, le corps ne sera béni que par le célébrant et en aucun cas par l'assemblée et enfin, si l'on propose une démarche de l'assemblée, veiller à ce que les gens ne touchent pas le cercueil".
Il est précisé que ces règles sont les mêmes en cas de décès dû à l'épidémie de Coronavirus.
Le président de la conférence des évêques de France a apporté le complément suivant : "seul celui qui préside bénit le corps avec l'eau bénite, les autres s'approchent et s'inclinent sans toucher le cercueil et font le signe de croix sur eux-mêmes".

"L'assemblée était limitée à 20 personnes, c'était dur pour la famille"

Pour les professionnels du bassin du Puy, il faut forcément s'adapter mais tout ne se passe pas aisément. Surtout par rapport aux familles. "Certaines sont désemparées", nous répond-on à Velay Funéraires, "on avait une cérémonie à Saint-Laurent aujourd'hui, l'assemblée était limitée à 20 personnes, c'était dur pour la famille". De plus, il a fallu ammener le corps au crematorium de Saint-Etienne et comme il est impossible d'y entrer en cette période de confinement, la famille a patienté au Puy. L'urne a été remise au professionnel funéraire qui l'a ensuite confiée à la famille afin qu'elle se rende au cimetière.

Les cimetières du bassin du Puy pour l'instant ouverts

Alors que les cimetières sont justement fermés (sauf pour inhumation) à Saint-Etienne et Clermont-Ferrand (accès limité à seulement trois personnes dans la capitale auvergnate), nous avons essayé de savoir quelle est la politique adoptée au Puy.
Nous ne sommes pas parvenus à obtenir de réponse des services de l'état-civil alors nous avons tout simplement fait l'expérience et sur les cinq cimetières de l'agglomération ponote où nous nous sommes rendus, nous avons pu librement entrer, sans aucune contrainte.

L'activité est soumise à un protocole qui restreint à quatre le nombre de personnes pouvant être accueillies dans le salon de la chambre funéraire, avec les gestes barrières à l'entrée et à la sortie. Quant au magasin, si il doit recevoir des familles, maximum deux personnes peuvent entrer.

Si le défunt est une victime du Coronavirus, le corps ne peut même pas être montré aux familles

Les services de pompes funèbres doivent s'adapter aux mesures exceptionnelles : "nous sommes équipés de masques et de gants", rapporte Pierre Loïc Faure, "mais on n'a guère de stock pour les combinaisons complètes que l'on doit porter pour l'activité ambulance et en cas de décès d'une personne porteuse du virus. On attend d'être approvisionnés".
Justement dans le cas d'une victime de l'épidémie, elle est mise dans une housse par le personnel hospitalier. Les services de pompes funèbres récupèrent la housse fermée et procèdent immédiatement à la mise en bière, le cercueil est aussitôt fermé et le corps ne peut ainsi jamais être montré à la famille. 

Sur l'activité ambulance, une chute d'environ 80 % des transports

"C'est effectivement très compliqué pour les familles", confirme Pierre Loïc Faure, gérant de la SARL Coniasse qui voit son activité transports d'ambulance en chute libre. "Cette activité est très impactée, on a environ 80 % de transports en moins depuis le début des mesures", témoigne-t-il.
Sur les onze employés de la SARL, six sont déjà en chômage partiel mais il doit garder des effectifs minimum pour pouvoir assurer un service d'astreinte avec les gardes Samu. Le constat est semblable pour Velay Funéraires, avec "une activité ambulance presque annulée, avec bien 70 % de courses de perdues".

L'activité marbrerie à l'arrêt : cinq personnes en chômage partiel

Pour les pompes funèbres Condemine, c'est l'activité marbrerie qui est à l'arrêt. Conséquence : sur les huit ETP (équivalent temps plein), cinq sont en chômage partiel. "On continuera à faire un peu de chiffre d'affaires sur l'activité deuil, à défaut de la marbrerie", analyse Bruno Badiou, de la SARL Condemine, "ce qui devrait nous permettre de subsister et d'équilibrer nos comptes".
Il témoigne également des grandes difficultés pour les familles, avec "des enterrements limités à la plus stricte intimité, avec des personnes qui se positionnent un banc sur deux dans l'Eglise, et encore... à Blavozy, on nous a carrément interdit d'entrer, on est donc allés directement au cimetière", rapporte-t-il.

Maxime Pitavy




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img_journalistegc le 21 mars 2020 - 12h55
Et si on nous cachait des choses??? Pour la peste ,il n'y aurait pas de mesures plus drastiques.

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