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Contournement du Puy : les murs anti-bruit presque parfaits

Date : 08/01/2020 | Mise à jour : 10/01/2020 12:16
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Les 9,4 km du contournement respectent les normes acoustiques en vigueur… à une exception près. C'est ce qui ressort des premiers éléments d'une étude sur l'impact sonore du trafic routier de la nouvelle RN88 que les services de l'Etat s'apprêtent à publier dans quelques mois.

Un investissement de 194 millions d'euros pour les dix kilomètres de travaux. Deux millions et demi de m3 de terrassement. 140 000 tonnes d'enrobés. Les chiffres du contournement du Puy-en-Velay, un chantier qui a nécessité au total deux millions d'heures de travail, s'inscrivent dans la démesure. Si beaucoup applaudissent le résultat, la Dreal (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) s'est confrontée à l'ire de certains riverains, inquiets pour leur tranquillité notamment acoustique.

Plusieurs sortes de protection acoustique

"Nous avons implanté 1 900 mètres linaires d'écrans acoustiques soit 3 700 m² de protection, précise Eric Septaubre, responsable d'opération du contournement et de modernisation du réseau à la Dreal qui explique : il y a des merlons (butte de terre, NDLR), des talus de déblaiement et des murs anti-bruit constitués soit en bêton de bois absorbant, soit en plexiglas réfléchissant comme c'est le cas sur le viaduc de Tauhac ou à proximité de la zone de Brives-Charensac". D'après le professionnel, tous ont prouvé leur efficacité. "Si les chiffres de l'étude se révèlent insatisfaisants sur les dispositifs acoustiques, nous sommes tenus à les améliorer en les relevant ou en les renforçant. Mais d'expérience, les mesures confirment les simulations".

Comme deux snipers qui se tirent dessus

Trois points noirs avaient été pointés du doigt dès les premières semaines d'ouverture du contournement. À la fin septembre 2018, malgré des mesures sonores en-dessous de 45 décibels, des habitants des Salliens à Taulhac font remarquer les détonations incessantes que le viaduc produit à chaque passage de véhicule. "Nous habitons à quelques mètres, côté sud du viaduc, et j'ai l'impression que deux snipers se tirent dessus aux deux extrémités, témoigne à l'époque Philippe Ribeyre. À partir de 17h, c'est intenable ! Le bruit est très sec et pas régulier. C'est impossible de s'y habituer !" Avant l'été 2019, la Dreal répare alors le joint de dilatation, source du phénomène. "Maintenant, nous n'entendons quasiment plus rien", affirme Cathy Lohez, résidente aux Salliens. Un constat confirmé par Jack Sagnard ou encore Guy Valléry, tous deux habitants sur le secteur. "C'était franchement désagréable, surtout la nuit ! Aujourd'hui, l'amélioration est nette".

Les hauts de Farnier impactés mais dans les clous

La seconde zone touchée est la zone de Farnier. "C'est vrai que ces riverains ont subi une évolution du bruit, constate Eric Septaubre. Mais les maisons qui sont en face sont tout de même suffisamment loin pour être en-dessous des seuils réglementaires, à savoir 45 décibels le jour et 60 la nuit. Sur la crête, le fait qu'ils voient la route en contrebas est psychologiquement plus impactant".

Les seuils réglementaires concernant l'impact sonore d'un trafic routier sur des habitations ne doivent pas dépasser 55 décibels la nuit (exemple : une conversation calme) et 60 le jour (un jour de marché animé). Pour le cas de Plaisance, des pics de 80 décibels correspondent à un aboiement de chien ou une tondeuse à gazon passée à quelques mètres.

"Pour moi, il n'y a pas de solution"

Si ces deux zones ont été répertoriées comme impactées par le bruit mais en-dessous des seuils maximaux, ce n'est pas le cas du troisième secteur. À Plaisance, des relevés à 80 décibels s'invitent dans les jardins de six maisons. "Nous sommes dans le cas de figure le plus défavorable, regrette Eric Septaubre. Des murs en façade ont été construits en 2012. Suite à l'insatisfaction des riverains, nous avons de nouveau effectué des mesures en 2014 et 2015. Si l'étude a révélé des pics extrêmement forts, nous avions fait tout ce qui nous était imposé dans le cadre de nos obligations réglementaires. Pour moi, il n'y a pas de solution".

Un cauchemar au quotidien

L'association Mieux vivre à Plaisance, constituée de 25 familles toutes proches de la 2x2 voies, a vu le jour en 2013. Sa présidente, Claire Ombret, témoigne : "La Dreal a certes isolé les façades des maisons en 2004. Mais le trafic était différent d'aujourd'hui. Une étude commandée par Laurent Wauquiez en 2014 démontrait que des murs de cinq mètres de haut suffiraient. En 2016, il s'est même déplacé chez nous pour constater de lui-même. Il nous avait promis monts et merveilles. Depuis, plus rien. Nous ne pouvons plus sortir de chez nous. Et même les fenêtres fermées, nous entendons le trafic passer jour et nuit." D'après l'étude en question, le coût de ces murs pour protéger Plaisance serait de 2,8 millions d'euros, soit 1,44% du coût total dépensé pour le contournement.

Nicolas Defay






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img_journalisteGR le 14 janvier 2020 - 00h29
Des murs " anti bruit " loin d'être parfait...Lorsque je suis dehors, je n'est pas besoin de lever le doigt mouillé pour savoir d'où vient le vent... J'entends les camions alors que ceux ci sont à 500m de part et d'autre du viaduc selon le vent (ouest et nord). Mais bien sur les 70 décibels sont certainement respectés...

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