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Chaspinhac : le seuil du Cros restauré

Date : 15/10/2019 | Mise à jour : 17/10/2019 11:42
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Début septembre, le seuil du Cros a été effacé pour faciliter la libre circulation des espèces et le transport naturel des sédiments. Désormais, un poisson remontant la Sumène rencontrera le premier obstacle créé par l'homme à plus de 17 km de la confluence avec la Loire.

Le seuil du Cros (situé sur la commune de Chaspinhac) constituait le premier obstacle à la continuité écologique en aval de la Sumène.
Suite à son effacement, le premier obstacle créé par l'homme rencontré par un poisson qui remonterait la Sumène se trouve à plus de 17 km de la confluence avec la Loire (sur la commune de Saint-Julien-Chapteuil).

Déplacer 60 truites, mais également des vairons, des loches franches, des goujons, des spirlins et des chevaines

Les travaux d’effacement de ce seuil ont duré trois jours et demi et se sont déroulés du 3 au 6 septembre. Le chantier s’est déroulé en plusieurs phases avec notamment l'installation du chantier et l'aménagement d’une piste d’accès au pied de l’ouvrage. Surtout, il a fallu procéder à la réalisation d’une pêche électrique de sauvetage (préalable nécessaire à toute intervention dans le lit d’un cours d’eau), qui a permis de sauver et déplacer 60 truites (de 6,5 à 28 cm), mais également des vairons, des loches franches, des goujons, des spirlins et des chevaines.
C'est ensuite les engins de chantier qui sont entrés en action, avec la démolition du seuil jusqu’au fond naturel du lit du cours d’eau (conservation des assises en berges pour préserver leur stabilité), l'utilisation des matériaux issus de la démolition du seuil pour combler la zone d’affouillement en aval, en rive droite (qui menaçait la stabilité du chemin communal) et enfin le remodelage du lit du cours d’eau dans l’ancienne retenue en amont du seuil, le talutage des berges en pente douce et le positionnement de blocs dans le nouveau lit, afin de diversifier les écoulements et créer des caches pour les poissons.
Il faut maintenant laisser un peu de temps à la Sumène pour qu’elle façonne son lit et évacue les sédiments stockés en amont de la zone de travaux, ainsi de laisser les berges se végétaliser et se stabiliser.

À plus de 20 000 €, le projet le plus onéreux de ces dernières années

Le coût total de ce projet s’élève à 21 267 €, dont 4 000 € de maitrise d’œuvre et de maitrise d’ouvrage de la FDPPMA 43 et 16 440 € TTC de travaux. Le financement est absorbé à 80 % par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, à 10 % par le Département de la Haute-Loire, à 5 % par la Fédération de pêche. Le reste à charge, soit moins de 1 000 €, incombe au propriétaire.
Entre 2015 et 2018, la Fédération de Haute-Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDPPMA 43) a notamment rétabli la continuité écologique sur la Dunière à Vaubarlet (montant de 36 000 € TTC), sur la Sumène à Saint-Pierre-Eynac (montant de 2 964 € TTC), sur la Desges à Chanteuges (montant de 7 548 € TTC), ou encore sur la Gagne au lieu-dit-Peyrard (montant de 18 513 € TTC).



Voici un bref montage photo pour distinguer l'état du seuil avant (photo du haut) et après (photo du bas) les travaux. La photo de gauche, pendant les travaux, permet d'équilibrer le montage.

Une volonté idéologique, mais aussi un cadre juridique

Le rétablissement de la continuité écologique (libre circulation des poissons et des sédiments) permet de retrouver des cours d’eau en bon état (objectif visé par la Directive européenne Cadre sur l’Eau du 23 octobre 2000), avec des habitats riches et variés, ainsi que des populations de poissons en bonne santé (la libre circulation des poissons permet le brassage génétique et l’accès à des zones plus favorables en période estivale ou lors d’une pollution).
L’article L.214-17 du Code de l’Environnement impose la mise en conformité des obstacles à la continuité écologique situés sur des cours d’eau classés en « liste 2 » par l’arrêté du 10 juillet 2012 (comme la Sumène). Cette mise en conformité peut passer par la suppression de l’obstacle ou son aménagement (création d’une passe à poisson).


- Article élaboré à partir d'un communiqué de presse de la fédération départementale de pêche -




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img_journalisteN le 17 octobre 2019 - 07h08
On peut également tirer comme conclusion que la vie piscicole à bien repris ses droits (60 truites, vairons, loches franches, goujons, Ablettes, chevaines), 5 ans environ après un soucis technique arrivé sous Fay qui avait "décalaminé" toute vie jusqu'à la confluence avec la Loire. Action de l'homme ou pas, la nature reprend toujours ses droits.

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