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Baccalauréat : ''Il faut mettre fin à ce bachotage ridicule et stressant''

Date : 02/04/2020 | Mise à jour : 02/04/2020 15:22
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Le coronavirus et le confinement ne cessent de rabattre les cartes du système. Pour Jean-Williams Semeraro, ancien inspecteur académique de la Haute-Loire, le contexte est peut-être l'occasion pour s'attaquer au Monument national qu'est le baccalauréat.

Le terme "Monument national" a été employé par Jack Lang, alors ancien ministre de l'Education Nationale en 2002 sous la présidence de Jacques Chirac, pour qualifier le baccalauréat, ce vieil examen âgé de 212 ans. Si au fil du temps, il a terrifié des générations de lycéens, longtemps unique et immuable sésame pour accéder aux études supérieures, il a tout de même perdu quelques dents durant sa carrière. La mise en place timide mais effective du contrôle continu cette année et la crise sanitaire sans précédent d'aujourd'hui sont en passe de terrasser ce géant au pied d'argile, encore debout par la symbolique qui l'entoure mais terriblement vacillant quant à sa propre valeur. Jean-Williams Semeraro, l'ancien inspecteur d'académie du département, est l'un de ses nombreux détracteurs souhaitant enterrer ce monument dans le cimetière de l'ancien monde pour le remplacer par le système total du contrôle continu.

Mini-bio de Jean-Williams Semeraro:

Inspecteur pédagogique régional et inspecteur d'académie dans les académies de Caen, Rennes, Grenoble et Clermont. Spécialisé dans les questions économiques et sociales, il a été en charge du service académique d'information et d'orientation  à Caen. Il termine sa carrière comme Inspecteur d'académie en Haute-Loire.

Un examen inadapté à notre époque

"Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, doit nous communiquer sous peu, ses décisions concernant l’organisation de cet examen dans le contexte particulier de la pandémie, indique Jean-Williams Semeraro. Il a introduit une part de contrôle continu dans l’examen du Bac. Cette évolution était nécessaire pour adapter ce diplôme à l’évolution de notre société. Mais aujourd’hui, nous pouvons envisager d’aller encore plus loin." Autrement dit, faire table rase des derniers vestiges du baccalauréat et instaurer le seul contrôle continu de la première à la terminale.

Mais à quoi sert le bac ?

Jean-Williams Semeraro s'interroge sur la nécessité et l'utilité du bon vieux bac que seuls les plus de vingt ans connaissent. "Au regard du taux de réussite, nous pourrions avancer que pratiquement tous les élèves l’obtiennent, affirme-t-il. Quelle nécessité alors de le maintenir d’autant plus que ParcourSup, qui affecte les élèves dans le supérieur, s’appuie sur les notes obtenues par les lycéens ? En gros, l’affectation se fait sur le contrôle continu et les futurs étudiants connaissent leur affectation post-bac avant d’avoir les résultats de l’examen".

Pour la petite histoire :

Ce diplôme a été institué par un décret du 17 mars 1808 et sa première édition, sous forme d’épreuves uniquement à l’oral, s’est déroulé en 1809. Les premiers titulaires du bac n’étaient alors que 31. La première bachelière, Julie-Victoire Daubié, a décroché son diplôme en 1861, à 37 ans. Aujourd’hui, ce sont environ 700.000 lycéens qui se présentent à l'examen.
Les lycéens ont jusqu'au 2 avril 2020, 23h59, pour terminer de remplir leur dossier et de valider leurs vœux et leurs choix de cursus sur le site de ParcourSup.

"Je vais vous faire une révélation : le bac 2020 a déjà eu lieu !"

L'ancien inspecteur partage d'ailleurs les propos de Philippe Watrelot, un professeur de français agrégé en sciences économiques et sociales et un personnage redouté par le ministre de l'éducation lui-même. "Je vais vous faire une révélation : le bac 2020 a déjà eu lieu !, ironise Philippe Watrelot dans un post partagé sur un réseau social. Il se termine le 2 avril avec la fin des inscriptions ParcourSup. Il faut reconnaître que ce diplôme aujourd'hui n'est qu'un passe pour des portes qui sont déjà ouvertes. En termes plus clairs, la réussite au bac n'est que la validation d'orientations qui se sont jouées avant avec Parcoursup. Sa suppression ne changerait rien à la logique Bac-3 / Bac + 3. Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, c’est ainsi".

Détruire le symbole au profit des valeurs

"Il est probablement temps, dans le nouveau monde que nous voulons dessiner, d’envisager la délivrance de ce diplôme, uniquement sur la base du contrôle continu qui me semble également plus positif en termes d’apprentissages, demandant de fait application et constance tout au long de la scolarité en lycée. Il faut mettre fin à ce bachotage ridicule et stressant", insiste Jean-Williams Semeraro. Et Philippe Watrelot d'enfoncer le clou : "Sa conservation relève du rituel. Un symbole dont on semble avoir perdu le sens. L’attachement à des symboles est estimable. Mais il doit être questionné quand on ne voit plus le but des rites et qu’on oublie l’essentiel".

Nicolas Defay

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Commentez

img_journalisteR le 3 avril 2020 - 17h44
le bac ça coûte trop cher, alors il faut le supprimer mais dans ce cas là, on peut aussi supprimer un paquet de postes à l'inspection académique et au rectorat : ça coûte un pognon de dingue tous ces services et sous-services, chefs, sous-chefs... Dans le mammouth il y a le bon gras et le mauvais...

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img_journalisteab le 3 avril 2020 - 12h15
Ces la loi de la concurrence faut être meilleur , dans tous les lycée ces pareils . On a de bon résultats donc plus d'èléves ces la loi de la concurence . Comme dans beaucoup de domaine ...........

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img_journalisteMB le 3 avril 2020 - 11h49
Tout à fait d'accord, le travail continue et bien plus intelligent, et quelques oraux pour préparer nos élèves aux entretiens futurs qu'ils pourront avoir. Par contre ne sous estimons pas les cours de 1ère et terminale qui sont de grandes valeurs avec un sacré niveau, bravo aux élèves qui réussiront avec cette nouvelle façon de travailler

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