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Artificier, un métier mystérieux et explosif

Date : 23/08/2019 | Mise à jour : 23/08/2019 13:55
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Pas de feu d'artifice sans artificier. Zoomdici est allé à la rencontre de Laurent Servière, à Saint-Christophe-sur-Dolaizon, pour lever le voile sur la mystérieuse profession d'artificier.

"Avant, j'étais directeur d'une entreprise de service à domicile. Je tirais déjà des feux d'artifice en dehors du travail. C'était un plaisir et une passion" raconte Laurent Servière.

Aujourd'hui, le feu d'artifice est toujours une passion pour Laurent, mais depuis 2012 c'est aussi son travail. C'est à Saint-Christophe-sur-Dolaizon au lieu dit "Le Moulin de la Roche" exactement que se trouve son entreprise, Arsotec, où il travaille avec 4 autres personnes.

Comment devient-on artificier ?

Pour avoir accès aux stocks où sont entreposés tous les produits, il faut impérativement être artificier. Cela tombe bien, chez Arsotec, tout le monde est artificier. Mais comment devient-on artificier ? "Cela s'apprend sur le tas !" explique Laurent Servière. "Mais il est obligatoire d'avoir un diplôme, qu'il faut renouveller ou pas, en fonction du nombre de feux que l'on a tiré" explique ce dernier.

Artificier, un métier à risque

Il existe des logiciels de pyrotechnie pour pouvoir visualiser le feu d'artifice en amont. Mais Laurent et ses hommes ne s'en servent pas. "Les logiciels sont théoriques. Le résultat peut-être différent alors il est peu judicieux de montrer une simulation au client. Et puis notre but est de créer la surprise." explique le jeune artificier.

"On connaît bien les produits et leurs effets. Mais il y a quand même des risques d'explosion et d'incendie. Dans nos locaux nous stockons 2 tonnes de poudre similaire à celle utilisée dans les carrières". Des normes de sécurité sont de rigueur, telle que disposer de salle sans la moindre présence électrique, ou encore devoir stocker les produits explosifs dans des bunkers en cas d'explosion.

Le vendredi 16 août, plusieurs personnes ont été blessées lors d'un feu d'artificie à Colioure. Une fusée a explosé au niveau du sol et au milieu d'un groupe de personnes.



Le mythe de l'artificier

Le métier d'artificier est mystérieux et attise la curiosité. Quelle est la chose que l'on demande le plus souvent à un artificier ? "Vous travaillez vraiment deux jours par an ?!" plaisante Laurent. "Plus sérieusement, les gens sont très curieux sur le métier. Ils demandent comment sont conçus les effets, les feux et les bandes sons. Mais parfois, ils en oublient les notions de sécurité et veulent assister de près aux feux alors qu'au contraire, c'est de loin que le spectacle s'apprécie".

Si les artificiers ne travaillent pas seulement deux jours par an, c'est bien sur deux jours que l'activité est la plus dense. "Les 13 et 14 juillet nous faisons 70% de notre activité annuelle. Soit 90 feux en deux jours sur les départements de la Haute-Loire, de la Loire, de l'Aîn et la Saône-et-Loire. Notre saison commence doucement début-mai avec deux feux par week-end. Au mois de juin l'activité s'accroît petit à petit jusqu'au boum du 14 juillet. Le mois d'août est également intense et à partir du 20 août la saison estivale se termine." 


Savez-vous à quoi ressemble un produit explosif ?


Laurent Servière présente les trois principaux produits utilisés par les artificiers.



Une activité saisonnière, mais du travail toute l'année

Une saison de feu d'artifice ça ne s'improvise pas. Alors, lorsque la saison estivale se termine, l'objectif est directement de préparer la saison suivante : "On choisit les produits que l'on utilisera, on effectue la maintenance du parc matériel et nous démarchons nos clients et nous prospectons des nouveaux" raconte Laurent. "Nous allons tout de même fermer un mois au mois d'octobre, et puis nous recommencerons. Par ailleurs, nous avons une activité annexe de vente d'illuminations de Noël.

De 800 à 30 000 € pour un feu d'artifice

Le budget pour tirer un feu d'artifice varie énormément en fonction des communes "Cela va de 800 € à 30 000 €". Le budget alloué par une commune aux feux d'artifice n'a rien à voir avec sa taille. Des petites communes y accordent une grande importance. Dans celles-ci, le feu d'artifice est une tradition historique.

"Le feu d'artifice s'invite également de plus en plus chez les particuliers" nous assure le chef d'entreprise. "Il existe des packs "prêt à tirer" qui coûtent aux alentours de 300€. Il suffit juste que quelqu'un allume la mèche. On en vend notamment pour les mariages, les anniversaires, les inaugurations. Ca donne un côté magique à l'évènement."

Un métier qui vend du rêve et que les machines ne remplaceront pas

Qu'est-ce que Laurent aime dans son métier d'artificier : "C'est un métier à part et passionnant. On vend du rêve dans les endroits festifs. Nous sommes libres. Et quelque part nous sommes des privilégiés, car nous avons la chance de créer quelque chose de A à Z est de voir le résultat final devant nos yeux. De plus, c'est un métier qui est sans limite au niveau des effets, les évolutions vont toujours plus loin. Et certainement, c'est un métier que les machines ne remplaceront pas".


Valentin Bonnefoy






 
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