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Agglo le Puy : une entreprise privée pour ramasser les déchets

Date : 28/05/2015 | Mise à jour : 29/05/2015 12:56
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Depuis mardi, les éboueurs de l'agglo sont en grève. Mercredi soir, ils ont été reçus par les élus. Des points techniques ont été traités, mais les principales revendications restent en suspens. On leur demande de reprendre le travail dans l'attente d'une prochaine réunion. Pour eux, c'est "un manque de respect". Depuis jeudi, une entreprise privée collecte les déchets, de quoi mettre en rogne les salariés.
MAJ ce vendredi 9h

En ce matin du jeudi 28 juin 2015, les 18 éboueurs de la Communauté d'Agglomération du Puy en Velay entamaient leur troisième jour de grève. Depuis le 26 mai, aucun camion n'a quitté le dépôt, et les poubelles du bassin du Puy commencent à déborder.
Elles n'ont pas été ramassées depuis vendredi dernier, sachant qu'on estime à environ 230 Tonnes les déchets collectés par semaine sur l'agglo du Puy (12 000 Tonnes par an). Malgré tout, les grévistes se disent déterminés à continuer leur mouvement aussi longtemps qu'ils n'auront pas obtenu gain de cause.


Des discussions jugées décevantes

Une première rencontre avait eu lieu le 28 avril dernier entre les syndicats et Michel Joubert, président de la Communauté d'agglomération, avec la promesse d'une autre rencontre à court terme.
Le 18 mai, toujours sans nouvelles, les salariés avaient déposé un préavis de grêve. Un courrier de la collectivité leur était finalement parvenu le 21 mai qui détaillait les propositions de l'agglomération. Jugeant ces dernières insuffisantes, les éboueurs sont entrés en grève.


La collectivité estime que le surcoût lié à la prime pour le service, de 150 € par tête et par mois, serait de 70 000 euros. Inévitablement, ce surcoût "serait répercuté sur le contribuable au travers de la taxe d'ordures ménagères", ont argumenté les élus.

Les principales revendications insatisfaites

 

Une nouvelle réunion était organisée hier avec les représentants de la Communauté d'Agglomération. Un accord a été trouvé sur les sujets techniques tels le rééquilibrage des tournées et le choix de certains équipements de sécurité par les agents (gants,etc.). En revanche, les principales demandes des éboueurs que sont l'augmentation des salaires de 150 € par mois, la catégorie active pour les chauffeurs (départ à la retraite annticipé) et la possibilité de changement de poste pour les rippeurs au bout de 15 ans de service constituent toujours un point de blocage.
"On est resté sur les plus basses revendications" dénonce Pierre Marsein, représentant de l'Union départementale de la CGT. "Il y a une colère, et il faut qu'elle s'entende". Bien décidés à faire parler d'eux, les grévistes ont notamment décidé de descendre à la foire expo distribuer des tracts.


Le point de vue de l'agglo 

"Les agents semblent vouloir donner l'impression que l'on ne veut pas dialoguer avec eux" déplore de son côté Michel Joubert. En ce qui concerne l'intégration des chauffeurs dans la catégorie active, le Communauté d'Agglomération dit ne pas pouvoir apporter de réponse à son niveau, car cela dépend de la Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales. Quant à la question du régime indemnitaire et de la gestion prévisionnelle des emplois, "[ils seront] intégrés à la réflexion au même titre que les autres préoccupations".
"On reste ouverts aux propositions, mais les discussions resteront difficiles tant que le service ne sera pas effectué". Si la grève persiste, l'accumulation des ordures pourrait devenir un problème de salubrité publique. Dans ce cas-là, il sera fait recours à des prestataires privés pour en assurer le ramassage, a assuré le président de l'agglo.

Mise à jour jeudi à 18h

Les salariés s'indignent à travers un communiqué. La raison ? Le Président de l'Agglo, Michel Joubert aurait contacté une entreprise privée pour collecter les déchets avant même de les recevoir mercredi 27 mai. " Ces élus de la République bafouent un élément essentiel de notre constitution qui est le droit de grève. Faire remplacer des grévistes par d’autres salariés : c’est ILLEGAL. " Les agents ont choisi de préparer un projet de délibération pour distribuer aux élus ce jeudi soir à l'occasion de la commission des finances. Cette démarche a un but : leur montrer l'impact financier de leurs demandes.
Ils s'interrogent : " Il (Michel Joubert, ndlr) nous explique qu’il est impossible de débloquer des sommes comme çà pour les agents ; mais débloquer des sommes pour une entreprise privée là c’est beaucoup plus simple. De qui se moque-t-on ? " Et pour finir, les salariés préviennent : " si les élus continuent dans ce sens, le mouvement est reconduit pour demain et risque de se durcir. "


Mise à jour vendredi 9h

Depuis jeudi après-midi, certains habitants de l'agglomération du Puy ont pu apercevoir les camions de collecte des déchets de l'entreprise privée Vacher. " Trois véhicules ont été débloqués. Ils sont passés à Vals-près-le-Puy, Chadrac et Coubon ", détaille Stella Masson. Ce vendredi matin, c'est au Puy que les engins circulent pour ramasser notamment les cartons. La secrétaire s'indigne : " Pour avoir des primes, il faut que ça passe en instance, mais pour débloquer des fonds pour engager une entreprise, ça ne pose pas de problème. On ne sait même pas le coût et c'est le contribuable qui paye. Qu'ils (les élus, ndlr) fassent appel à du privé quand c'est insalubre ou qu'il peut y avoir un danger pour la population, d'accord. ce n'est pas le cas. "

Mise à jour 10h 

Michel Joubert confirme qu'il a bien été fait appel à une entreprise pour ramasser les déchets, laquelle passe priotairement dans les zones qui ont en le plus besoin. Il n'est selon lui pas fait contravention au droit de grève car l'entassement des ordures pose un problème de salubrité publique. Le prix de la prestation n'a pas encore été fixé. Quant à savoir si le coût d'embauche de l'entreprise sera répercuté sur la taxe d'ordures ménagères, le président de l'agglo estime qu' "on n'en est pas encore là" et rappelle qu'il est toujours ouvert à la discussion avec les grévistes.


E.R.

> La réaction de Laurent Johanny
> La réaction du Front de Gauche

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Commentez

img_journalisteM le 2 juin 2015 - 07h27
J'ai beaucoup de mal à comprendre de quoi se plaignent les éboueurs. Travail sur une demie journée, salaire plus que correct à l'heure actuelle par rapport aux qualifications demandées. Rien ne les empêche de viser d'autres responsabilités comme celle d'élu afin de gagner davantage. Pourquoi une telle jalousie envers ce que perçoivent les élus et en quoi cela rentre-t-il dans le débat? Encore une fois la CGT met la merde. Je soutiens le Président de l'agglo!

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img_journalisteL le 1 juin 2015 - 20h06
il faut laisser dire les personnes qui critiquent, pas sur qu'ils soient tous capable de se lever à 5 heures du matin pour ramasser des poubelles dans le froid. Il me semble qu'ils méritent bien mieux leur salaire que de distribuer 1270€ à 14 élus de l'agglo qui pour la plupart d'entre eux encaisse l'argent et ne font rien d'autres. Ne peut on pas plutôt faire des économies sur ses gens là Mr Joubert? c'est une sacrée facture à la fin du mois pour l'agglo!! Ne lâchez rien surtout!!!!

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img_journalisted le 1 juin 2015 - 19h50
quand le vice président était ministre, il a dépensé en frais de com beaucoup plus que ce que demandent les salariés en grève dont 15000 euros pour un coach vocal ( cf article du Monde)...avec nos impôts bien entendu. Pourquoi ne pas négocier au lieu de laisser pourrir la situation et faire des aigris et des mécontents

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