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'Que la crise ne soit pas un prétexte pour dérégler l'Education Nationale'

Date : 28/05/2020 | Mise à jour : 29/05/2020 07:57
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Protocole inapplicable, risque de voir la crise servir de prétexte pour tout déréglementer, dans la "seule perspective de réaliser des économies, au détriment des élèves et des familles" : telles sont les principales craintes des syndicats enseignants, réunis devant l'Inspection d'Académie ce jeudi matin.

Un Comité technique Spécial Départemental (CTSD) consacré à la crise sanitaire devait se tenir ce jeudi 28 mai 2020 en visioconférence. Les syndicats ont refusé d'y participer, demandant un retour en présentiel pour ces instances.
"Au prétexte d’une technologie défaillante on ne peut pas s’exprimer", déplorent les syndicats Sud, CGT, Unsa, FSU et FO, "les visioconférences ne permettent pas un exercice satisfaisant du débat. Les liaisons sont instables, l’administration gère autoritairement la distribution de la parole". Pour les syndicats, "si cette restriction de la démocratie est tolérable en situation exceptionnelle, elle ne l’ est plus à l’heure où le déconfinement s'élargit".

"Le télétravail c’est le contraire de la pédagogie qui nécessite suivi et présence"

Pour les représentants syndicaux présents jeudi matin, la crise sanitaire est un prétexte à tout déréglementer. Tout d'abord avec la généralisation du télétravail. Un projet de loi est même déposé pour le rendre obligatoire. "Le télétravail c’est le contraire de la pédagogie qui nécessite suivi et présence. Le distanciel, c’est la réalisation d’économies à grande échelle", juge l'intersyndicale. 
Une inquiétude gagne du terrain : le risque de généraliser le télétravail sur des matières rares comme le latin ou le grec par exemple avec dans ce cas un seul professeur pour assurer la matière dans tout le département. "Le ministre cherche encore à réaliser de substantielles économies sur le dos des élèves et des personnels", ajoutent les syndicats. 

Demande de l'annulation de l'oral du bac de Français

Tous les élèves de première sont plongés dans l’incertitude. Nous continuons de demander l’annulation de l’oral du bac de Français en classe de première : "son maintien est un non-sens pédagogique et contrevient à la règle de l’égalité des candidats qui doit présider à la tenue de cette épreuve comme de toute épreuve du baccalauréat". Ce jeudi soir, le premier ministre a confirmé que cet oral était annulé et la note remplacée par la moyenne du contrôle continu.

Les professeurs se sont sentis "bien seuls pour préparer la reprise, discuter avec les mairies et les familles"

Les professeurs ont également le sentiment de s'être retrouvés seuls pour affronter cette crise. "Avant le 11 mai, l’inspection d’académie et les inspections de circonscription étaient aux abonnés absents. Et directrices et directeurs d’écoles ainsi que leurs adjoints se seront trouvés bien seuls pour préparer la reprise, discuter avec les mairies et les familles", lance la FSU. D'ailleurs, bien des questions restent en suspens : certains élèves doivent-il être accueillis tous les jours ? Lesquels ? Comment ? Quid des autres ? Comment mettre en œuvre la demande du ministre d’un retour de tous les élèves avant la fin du mois de mai alors que la scolarisation reste sur la base du volontariat ?
"Au final, force est de constater que les collègues n’ont pas eu besoin de leur hiérarchie pour assurer la reprise, ils ont assumé seuls la responsabilité de la réouverture des écoles malgré un protocole ministériel inapplicable dans son intégralité", ajoute l'intersyndicale.

Un protocole inapplicable ?

Guy Thonnat est le secrétaire de la FNEC FP FO. Vous considérez que ce protocole est inapplicable ? Pour vous, il s'agit plus d'une continuité économique que pédagogique ?


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Dispositif 2S2C : "inégalité territoriale, coût pour la collectivité et les familles"

Autre crainte soulevée par les syndicats : le dispositif 2S2C (sport santé culture civisme). Jusque-là présenté par le ministre comme un moyen temporaire de gérer les élèves en surnombre par rapport aux salles disponibles en période de pandémie, il doit devenir selon lui un élément central de la rentrée de septembre. "Le ministre instrumentalise la situation pour avancer dans son projet", dénonce l'intersyndicale, "les enseignements qui sont pour lui fondamentaux comme les maths ou le Français incombent aux professeurs des écoles et le sport et la culture doivent être délégués aux collectivités territoriales".
En filigrane, ils perçoivent une volonté de remplacer l'EPS (education physique et sportive) par les clubs sportifs. "Cette externalisation renforcera de plus les inégalités puisque le dispositif 2S2C ne sera pas proposé de la même manière sur tout le territoire et qu'il aura un coût pour les collectivités, donc pour les familles". 

Cumul de présentiel et distanciel signifie double travail pour les enseignants ?

Depuis la réouverture des écoles et collèges, les professeurs continuent d’assurer un enseignement en distanciel tout en prenant en charge des classes. Ce cumul de présentiel et de distanciel, est-ce que ça signifie que les professeurs ont fait double travail ?


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Primes pour les enseignants : "de la poudre aux yeux"

Plutôt qu’une prime individualisée sur "des critères discutables", les syndicats auraient préféré "une prime d’équipement pérenne pour tous les enseignants qui ont dû assurer avec leurs moyens personnels l’enseignement à distance". Ils jugent cette prime "potentiellement discriminante et très loin de correspondre à l’engagement des fonctionnaires et des non titulaires". D'ailleurs, la quasi-totalité en est exclue (moins de dix personnes en Haute-loire selon FO).

Maxime Pitavy



Une réaction de l'Inspection d'Académie est attendue dans les heures à venir.




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Commentez

img_journalistec le 29 mai 2020 - 22h31
FO n'a qu'une idée en tête : faire grève en permanence, arrêter le travail et contester la hiérarchie ! Ses patrons, alliés des gilets Jaunes et promoteurs du droit de retrait à répétition, se servent des élèves pour faire avancer leurs revendications, toujours les mêmes depuis des lustres : des crédits et des postes !

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img_journalisteL le 29 mai 2020 - 06h41
L : C'est vous syndicalistes bornés qui déréglez l'éducation nationale......Il y a autre chose à faire que de manifester il serait mieux de finir le dernier mois de cours correctement

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img_journalisteM le 28 mai 2020 - 16h21
c'est vrai pourquoi changer quelque chose qui marche si bien !!!! les résultats brillants de nos élèves, leur education civique l'attitude d'enseignants en grève tout çà plaide en faveur du statut quo et il manquerait plus qu'on leur demande de travailler plus ils savent comparer les salaires mais pas le temps de travail et une prime pérenne pour compenser un aléa temporaire je rêve

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