Date : 20/05/2010
C'est un crève-coeur, cette décision est prise dans la douleur et l'amertume avec l'ambition de sauver le festival. Emmanuel Ducasse est dépité, résigné. Depuis 15 ans, il se bat pour sauvegarder un festival devenu une institution culturelle, le seul festival de théâtre de renom du département. Mais le nerf de la guerre, c'est toujours l'argent, alors faute de moyens, il a décidé de baisser le rideau sur l'édition 2010.
Se faire une raison
Face aux réalités économiques, il faut parfois se faire une raison. Le président de l'association y a été contraint : même avec notre enthousiasme et le soutien de compagnies amies, il n'était pas raisonnable de maintenir le festival cette année. Depuis cinq ans, on a des réunions avec nos partenaires, les banquiers et l'expert comptable. C'est un festival sous-financé, peu accessible. Ça fait cinq ans qu'on tire la sonnette d'alarme, on est l'un des derniers festivals de théâtre et on n'a pas les moyens adéquats. Il nous faudrait 10 000 € supplémentaires par an pour éviter les risques à la fois financiers et de sécurité.
Paradoxalement, l'édition 2009 a fait carton plein avec une fréquentation optimale, et pourtant le budget n'a pas pu être équilibré, avec un déficit de 10 000 €. Il y a eu d'autres exercices déficitaires mais ce résultat montre bien que nous sommes confrontés à des problèmes structurels et non conjoncturels précise Emmanuel Ducasse.
Un déficit difficile à éponger
Depuis 2000, le festival a accumulé un déficit de 50 000 €. L'association continue de se battre et pourrait éponger la moitié de cette dette, mais elle a besoin de ses partenaires pour l'autre moitié. Elle n'a pas eu de réponse claire et la priorité, c'est de trouver 10 000 € annuels supplémentaires pour permettre au festival de subsister. L'association comptait sur le Conseil Général et le Conseil Régional pour combler ce budget, estimant que c'est un festival qui rend presque une mission de service public. Mais ça n'a pas été possible, alors pour l'association non plus, ce ne sera pas possible de proposer le festival de théâtre en juillet 2010.
Avant que le festival ne ressemble plus à rien, il faut s'arrêter, par respect pour le public, les bénévoles et les artistes on ne veut pas perdre la crédibilité acquise les années précédentes a ajouté le président de l'association.
La culture peut être un vecteur de développement dans un département rural, le Conseil Général revendique cette politique, la communauté de communes de Cayres-Pradelles en est convaincue, au même titre qu' Emmanuel Ducasse. C'est donc d'autant plus préjudiciable pour le territoire.
Le théâtre, un art en berne ?
La baisse des subventions pour les festivals est générale, elle découle d'une politique nationale. Mais est-il plus difficile de se faire une place sur le marché des festivals quand on propose du théâtre ? Le président de l'Association des Théâtrales du Velay nous livre son opinion : le théâtre, qui est
Dans des situations un peu tendues de crise économique, on a tendance à sacrifier le superflu et la culture est souvent considérée comme superflue. [...] A mon avis, ce qui donne accès à la culture n'est jamais superflu la culture, c'est l'ouverture des intelligences, c'est l'ouverture des coeurs, c'est l'ouverture à l'autre et c'est ce qui rend possible une vie en société donc si on sacrifie la culture, finalement, on renvoie les individus à ce qu'ils sont, à leur enfermement -chacun a ses propres bastides- et renoncer à la culture c'est condamner chacun à son isolement
Maxime Pitavy
Une information locale à diffuser ?
Envoyer une info à la rédaction
© zoomdici - Mentions légales - FAQ - Régie publicitaire
Sorties et loisirs :
Immobilier en Loire Haute Loire :
Louer un appartement, louer une maison...
Acheter un appartement, acheter une maison, acheter un terrain...
Petites annonces :
Rechercher une voiture d'occasion, rechercher une moto ou un sccoter, rechercher des bonnes affaires, rechercher un emploi (CDD, CDI)...
L'ajout de commentaires à un article n'est plus possible au delà de 30 jours.