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Le Puy : le Pensio dépose le bilan

Date : 10/02/2010 | Mise à jour : 06/01/2011 08:25
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C'est un géant qui s'effondre. La direction de l'ensemble scolaire Saint-Louis Notre Dame de France du Puy l'a annoncé ce mardi 9 février 2010 : le Pensio déposera le bilan dans quatre à cinq semaines.

Depuis 1860, le « Pensio » a vu défiler des générations de Ponots. Aujourd'hui, 800 élèves y sont scolarisés, de la maternelle au BTS. Pourtant, il faut se résigner : l'établissement va fermer ses portes à la fin de l'année scolaire. L'Organisme de Gestion de l'Enseignement Catholique (OGEC) de l'ensemble scolaire Saint-Louis Notre Dame de France (SLNDF) a arrêté sa décision ce mardi 9 février à midi. Le soir, l'annonce était faite à la presse comme aux familles et aux enseignants.

Une fusion mal préparée

En fait, depuis 20 ans, les choix budgétaires fait au « Pensio » n'ont fait qu'accroître l'endettement bancaire de l'établissement. Tout d'abord, la transformation de l'ancienne chapelle en locaux administratifs a coûté deux fois plus cher qu'estimé au départ. En 1998, les travaux de mise en sécurité, notamment la pose d'ascenseurs, a occasionné des dépenses supplémentaires. La décision de transformer les anciens logements des Frères en internat s'est avérée mal avisée pour des locaux inadaptés et donc coûteux à réaménager alors que les autres lycées du bassin ponot envisageaient de créer un internat commun au Grand Séminaire. Enfin, de l'aveu même de Michel Gras, le président de l'OGEC, la fusion entre Saint-Louis et Notre Dame de France a été un échec car mal préparée. Elle entraîné une baisse d'effectifs de 600 élèves entre 2002 et 2010.

Baisse d'effectifs

A chaque élève qui quittait le « Pensio » c'était donc 1 100 euros de moins par mois pour l'établissement, contribution familiale et forfait des collectivités territoriales et de l'Etat confondus. Conséquence : dès 2005, le Commissaire aux comptes lance une première procédure d'alerte face à l'imminence du dépôt de bilan. Mais le scénario catastrophe avait alors été évité grâce à un prêt sans intérêt de 400 000 euros accordé par les Religieuses de Saint-Louis de la Compagnie Marie Notre Dame. « Ce prêt a permis de tenir deux ans », constate avec gratitude Michel Gras.

Parallèlement, en six ans, deux plans de licenciement du personnel d'administration et d'entretien (de droit privé) ont été mis en œuvre. Ainsi, 11 personnes ont été licenciées au total. Malheureusement, « les effets de ces deux plans ont été totalement annihilés par une baisse des effectifs encore plus importante que celle initialement prévue », se souvient Michel Gras. Résultat : depuis six ans, le déficit d'exploitation se creuse inexorablement.

Des façades décrépies

Comme si ces difficultés ne suffisaient pas, depuis la rentrée 2009, un périmètre de sécurité a dû être établi autour des façades extérieures à cause de chutes de pierres et de gravas. Ces façades, qui n'ont pas été touchées depuis la création du Pensio en 1860, sont victimes de l'infiltration des eaux pluviales non canalisées par les zingueries et les toitures en état de délabrement. Les travaux de réfection s'élèveraient à 900 000 euros. Or, compte tenu du passif du « Pensio », plus aucun prêt - bancaire, institutionnel ou privé - ne peut être envisagé, tout comme une hypothétique reprise, totale ou partielle, par un autre organisme de gestion de l'enseignement catholique.

Aujourd'hui, une quatrième procédure d'alerte a été engagée par le commissaire aux comptes vu le résultat d'exploitation alarmant de l'année scolaire 2008/2009. La direction a donc pris la décision de déposer le bilan, seule solution, à ses yeux d'assurer aux élèves la sérénité pour la fin de l'année scolaire. En effet, une fois placé en redressement judiciaire, le « Pensio » verra ses dettes gelées, apportant ainsi une bouffée d'oxygène pour la trésorerie jusqu'en juillet.

A la rentrée prochaine

Ce lundi 8 février, en soirée, le Comité Diocésain de l'Enseignement Catholique (CODIEC) s'est donc réuni en assemblée générale exceptionnelle. C'est lui qui prendra le relais pour offrir aux 800 élèves du « Pensio » des solutions alternatives de scolarisation dans les autres établissements catholiques du bassin du Puy pour la rentrée prochaine (écouter l'interview sonore).

Pour Jean-Paul Laval, le chef d'établissement du « Pensio », le fermeture sera une déchirure mais il tente de faire contre mauvaise fortune bon coeur : « je comprends la déception des anciens élèves mais il ne faut pas se laisser envahir par la nostalgie », et d'espérer, avec cette réorganisation, un nouveau souffle de l'enseignement diocésain sur la bassin du Puy.

Inquiétude parmi le personnel

Quant aux personnels, enseignants (salariés de droit public) ou administratifs et d'entretien (salariés de droit privé), Jean-Marie Philippe, le président du CODIEC, assure qu'ils peuvent « espérer trouver des solutions à leur problème de perte d'emploi, sans que s'applique pour autant un quelconque droit de reprise de la part des établissements qui les accueilleront ». Pour autant, l'inquiétude grandit parmi le personnel. D'une part, pour certaines femmes de ménages de plus de 50 ans, la question de l'emploi des seniors se pose. D'autre part, pour les enseignants, certains doutent que l'on maintienne des classes à 12 ou 13 élèves pour leur faire plaisir!

Maxime Pitavy et Annabel Walker

 
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