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Vogue du Puy : ''Il est nécessaire que ce genre de festivité reste en place''

Date : 22/10/2020 | Mise à jour : 22/10/2020 17:01
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Les manèges sont là mais le moral absent. Les forains, contents de pouvoir travailler, font tout de même face à une très maigre affluence. Malgré les vacances scolaires, le public est amputé de moitié selon eux.

Que ce soit les attractions familiales ou individuelles, pour les plus petits ou les plus grands, la foule des grands jours n’est pas au rendez-vous en cette édition 2020 de la vogue du Puy-en-Velay. Les allées sont clairsemées, les cris de terreurs moins nombreux tout comme les éclats de rires ou les bâtons de barbe à papa. Quand d’habitude la place du Breuil se transforme dès les premiers jours en un patchwork de joie et de gourmandises, elle apparaît cette année comme une imitation anémiée et fragile. Comme si les sourires cachés derrières les masques sanitaires n’arrivaient pas à rendre contagieux l’effusion de vie de ces traditionnels trente jours de l’année.

« Je n’arrive pas à comprendre que certains critiquent le maintien de la vogue »

« L’affluence est clairement en baisse, confirme la patronne du Rifle Sporting, un comptoir de tir à la carabine tout proche du théâtre. Les gens sont contents d’être là mais ils sont très peux nombreux. Pourtant, nous avons tout mis en place pour que tout soit sécurisé au niveau sanitaire. Il y a du gel hydroalcoolique à volonté, des distances à respecter et nous nettoyons régulièrement au vinaigre blanc tous les accessoires ».
Elle ajoute : « Je n’arrive pas à comprendre que certains critiquent le maintien de la vogue alors que nous sommes en plein air et que les gens sont refusés aux attractions sans port du masque et même sanctionnés par la police s’ils ne sont pas équipés. » Quand, en temps normal, le Rifle Sporting s’implante à 18 lieux différents en France, il n’aura fait que 6 foires en cette si singulière année 2020.

« Aujourd’hui, notre avenir est incertain »

Nathalie Vial, venue à la fête s'amuser avec ses deux enfants, assume clairement sa présence sur la place du Breuil. « Beaucoup font tout un foin pour la vogue alors qu’ils ne disent rien pour les supermarchés où tout le monde touche les produits en ayant, pour certains, le masque sous le nez ou carrément sous le menton. Dans cette ambiance pesante depuis des mois, il est nécessaire que ce genre de festivité reste en place. On en a besoin ! Et ceux qui ne veulent pas aller à la vogue, qu’ils restent chez eux simplement ».
Du côté du César II, une attraction de pièces et de jetons, son patron Stéphane Chery ironise cette édition. « Là, nous avons un best of ! Je pense qu’il y a à peu près la moitié des clients en moins. » Habituellement, Stéphane Chery installe ses trois camions 11 fois dans l’année. Il ne les aura ouverts que 5 fois en 2020. « Ça fait 26 ans que je viens ici, précise-t-il. La vogue du Puy représente environ 40 % de mon chiffre d’affaire annuel. Il est dû à la qualité de la clientèle et à la durée de la fête. Aujourd’hui, notre avenir est incertain. »


La vogue du Puy edition 2020 restera inscrite dans son histoire comme étant la plus singulière parmi ses 78 éditions. Photo Nicolas Defay/Zoomdici.fr



« En toute ces années de présence, c’est la pire que je vis »

45 ans. Cela fait presque un demi-siècle qu’Emilie Hinberchield tient le Donald Pèche au Puy, une attraction que tous les plus petits raffolent : la pèche aux canards. « En toutes ces années de présence, c’est la pire que je vis, partage-t-elle. Cette foire représente 50 % de mon chiffre d’affaire et je constate qu’environ 60 % des clients ne sont pas là aujourd’hui. Bien évidemment, on s’en doutait tous. Mais c’est dur d’encaisser cette réalité. »

Quand elle fait sept dates annuellement, elle n’en aura fait que quatre en 2020. Des dates tout autant gâchées par cette ambiance morose et de paranoïa sanitaire. Comme ses confrères, elle ne comprend pas l’animosité de certains pour le maintien de l’événement. « Nous sommes à l’air libre. Tous les gens respectent le port du masque, les cannes sont nettoyées constamment et il y a du gel à disposition. » Elle envisage le futur de son activité comme fortement menacé : « Mes enfants sont moins motivés à reprendre l’affaire avec tout ça. Et je le comprends malheureusement ».

« Car une chose est certaine : les gens ont besoin de vivre, forains comme clients ! »

À propos de l’adresse phare de la fête foraine du Puy, Christine Sicauld des Croustillons Hollandais nuance sur cette atmosphère peinte en gris foncé. « Nous sommes heureux de pouvoir travailler, livre-t-elle. Et tous les forains remercient d’ailleurs le maire du Puy et le Préfet pour avoir maintenu la fête foraine. Car une chose est certaine : les gens ont besoin de vivre, forains comme clients ! Beaucoup de papis et de mamies nous disent avoir besoin de voir la vie ailleurs que derrière leurs fenêtres. Ils sont contents de venir ici ».

En place chaque année au Puy depuis 1946, les Croustillons Hollandais comptabilisent ainsi 74 éditions. « Pour l’instant, l’affluence a certes baissé mais n’est pas dramatique. Concernant le respect des règles sanitaires, les deux premières jours étaient un peu compliqués car certaines personnes n’étaient pas équipées. Et du moment où ils entrent dans la file d’attente, nous exigeons strictement le port du masque avec une distance d’un mètre entre chaque personne ».

La vogue du Puy, principale source de revenus

Christine Sicauld, ses trois salariés et les extras embauchés régulièrement, n’auront fait qu’une date et demi depuis le début de l’année au lieu de huit traditionnellement. « La première, c’était dans la ville de Troyes où nous avons dû écourter notre présence à cause du confinement, précise-t-elle. Là, nous espérons tous que cela ne va pas se renouveler une fois encore ». À l’instar de la majorité des forains ici, la vogue du Puy-en-Velay reste leur principale source de revenus toutes dates confondues.



Nicolas Defay

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img_journalisteGR le 24 octobre 2020 - 00h01
Non "EE" l'économie ne prime pas sur le sanitaire... Si demain ce COVID continu à se développer, et que les hôpitaux ne peuvent plus faire face, qu'à laisser les malades agoniser par manque de soignants ou matériels , et qu'un autre confinement soit incontournable, là vous aurez peut être une vision autre que celle du tiroir-caisse... De toute les façons, la note sera très salée...

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img_journalisteEE le 23 octobre 2020 - 15h25
laissons les travailler ! la priorité pour moi c est l économie qui prime sur le sanitaire malheureusement , tous ça est mathématique il va falloir payer la note ! on ne peu pas continuer a détruire nos emplois éternellement ! si cela dure je crains que la situation ne devienne terrible et bien plus meurtrière que la covid

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img_journalister le 23 octobre 2020 - 08h06
couvre en hte Loire ? il ne doit pas y avoir beaucoup de fêtards le soir après 21 heures ville un peu rurale et si on va à costaros prad elles pas âmes qui vivent après 20 heures, respectons mes gestes barrières en journée

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