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Vivre dans une maison sans escalier à Saint-Etienne

Date : 21/09/2015 | Mise à jour : 21/09/2015 16:24
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C'est une vraie curiosité architecturale. A l'occasion des Journées du Patrimoine, nous avons visité l'un des deux "Chalets Bizillon", ces immeubles sans escalier.

Nous sommes au 54 du boulevard Daguerre, à deux pas de Centre 2. Depuis la façade extérieure, la différence avec un immeuble traditionnel ne saute pas tout de suite aux yeux, sauf peut-être lorsqu'on regarde les murs, qui présentent des formes arrondies. Le public est venu nombreux en ce dimanche pour découvrir l'une des Maisons sans escalier, construite en 1939-1940. L'autre se trouve juste à côté, au numéro 56. Cette dernière a été édifiée en 1933. Les bâtiments doivent leur nom au cabaret du "Chalet de Bizillon", qui se trouvait là avant leur construction. Une autre réalisation du même architecte est visible non loin, il s'agit cette fois d'une villa. 

"Bienvenue chez Auguste Bossu"

Une fois passées les boîtes aux lettres d'époque, on se retrouve dans un hall d'immeuble sans ascenseur, ni escalier. On monte chez soi via une rampe hélicoïdale. Une fois arrivés en haut, nous pénètrons sur un toit-terrasse ensoleillé, où l'on peut étendre son linge, exposé plein sud. Un lavoir est encore là. "Bienvenue chez Auguste Bossu", lance Jean-Luc Bayard, le guide de ce dimanche. Il occupe un appartement dans cette drôle d'habitation, composées de 35 logements. Ils ne sont pas très grands : de 45 m2 à 60 m2, des T2 ou T3. Tous sont répartis sur 6 niveaux. "J'ai eu un véritable coup de foudre pour ce lieu", explique celui qui est directeur de la recherche à l'école d'architecture de Saint-Etienne. "Ce bâtiment permet de vérifier sur pièce l'utilité des architectes, et met en avant le concept de l'architecture pour tous, cher à Auguste Bossu". 

Des appartements sans couloir, et sans bruit

"Il a eu la générosité de donner la lumière à tout le monde", lance l'habitant, qui a acheté son bien en 2005. A l'intérieur des appartements en effet, on trouve une double ouverture de fenêtre sur la chambre. Jean Luc Bayard précise "avec quelle intelligence l'architecte a pensé ce lieu". En effet, ici, la cuisine, la salle de bain et les WC donnent sur l'intérieur de l'immeuble, et donc sur la rampe. "Cela évite tous les bruits, donne une vraie protection". Pas de couloirs à l'intérieur de ces appartements, qui étaient très modernes pour l'époque, vu leurs équipements. 

Impression de sécurité

Jean-Luc Bayard apprécie l'aspect vraiment collectif de cet immeuble en copropriété : "l'immeuble prend tout son sens, j'ai l'impression d'habiter un village". Ici, les habitants ont tous les âges, même s'il y a beaucoup d'étudiants vu la grandeur des appartements et la proximité avec le campus de Tréfilerie. Un autre intérêt, selon Jean-Luc Bayard, c'est cette impression de sécurité créée selon lui par la rampe, "notamment contre les cambriolages".

"L'escalier est un moyen barbare de monter les étages"

Mais alors pourquoi l'architecte Bossu, qui a construit 39 immeubles à Saint-Etienne, n'a pas voulu d'escaliers ici ? "Pour lui, l'escalier casse le rythme, il a souhaité redonner à chacun la liberté de tempo". L'architecte stéphanois avait en effet déclaré : "l’escalier est un moyen barbare de monter les étages. Les marches imposent à tous le même pas : aux enfants comme aux vieillards, aux malades comme aux bien-portants".  Cet immeuble, malgré son originalité, où l'accession à la propriété n'est pas plus chère qu'ailleurs. "Ici, on peut acheter pour le prix du m2 à Saint-Etienne". Le principe de la rampe, même s'il ne s'est jamais développé dans l'habitat collectif, a été utilisé pour la construction du célèbre Musée Guggenheim de New York, en 1959.

S. B.

 
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