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Veine Verte : Simple comme un reste au compost (OPINION)

Date : 20/02/2019 | Mise à jour : 22/02/2019 14:01
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À celles et ceux qui ne souhaitent pas revenir à la fameuse « soupe aux épluchures » de nos grands-mères (on y reviendra !) ou qui n’ont pas de poules à qui donner les restes de cuisine… il reste la possibilité de faire du compost.

L'environnement qui nous entoure et qui nous est cher -- celui de la Haute-Loire -- nous l'évoquons ici, de manière engagée, comme chaque dernier vendredi du mois, dans notre chronique Veine Verte.
Cette tribune d'opinion n'a pas vocation à représenter l'avis de la rédaction.

Il existe mille et une manières d’agir concrètement, au quotidien, pour léguer à nos enfants et petits-enfants un monde qui sera encore vivable : réduire drastiquement sa consommation, fuir le plastique et les grandes surfaces, faire les marchés de producteurs, refuser de prendre l’avion, limiter ses déplacements, planter des arbres fruitiers, créer une mare, se lancer dans la permaculture, revenir aux objets « low-tech » qui ne dépendent ni du pétrole ni de l’électricité… Une autre manière efficace d’agir, déjà prisée des Altiligériens mais qui mériterait toutefois d’être généralisée, est le compostage des déchets organiques, car malgré le badigeon de peinture verte qui semble aujourd’hui tout tapisser, la grande majorité des Français met encore ses déchets de cuisine à la poubelle, au point qu’ils représentent environ 30 % du volume des ordures ménagères…

À chacun son compost

On dénombre autant de méthodes de compostage que de jardiniers. Le principe en est toutefois toujours le même : il s’agit de mélanger des matières azotées et des matières carbonées. Les matières azotées, ce sont les épluchures de fruits et légumes (non traitées bien sûr), la tonte de gazon, les feuilles fraîches, etc., on les appelle d’ailleurs aussi les matières vertes. En se décomposant, ces matières riches en humidité vont favoriser l’apparition de bactéries. Les matières carbonées, ce sont les brindilles, les copeaux, les feuilles mortes, les herbes sèches, la paille, etc. En se décomposant, ces matières sèches vont favoriser l’apparition de champignons. Humidifié régulièrement, ce mélange de matières azotées et carbonées produira en quelques mois – selon ce que vous y mettez – un compost noir et grumeleux de qualité que l’on pourra répandre sur la surface du jardin pour enrichir le sol.
On conseillera d’installer le tas de compost (ou le composteur) à proximité immédiate de la maison afin qu’il soit facile d’accès (un compost équilibré ne sent pas), en l’installant directement sur la terre, sur une surface plane (sans creuser de trou), à l’ombre de préférence pour éviter tout risque d’asséchement. Pour activer la vie qui l’habite, le compost sera retourné à la fourche régulièrement.

Les épluchures, mais pas que !

Au mélange de matières azotées et carbonées précitées, on peut ajouter des déchets d’origine animale (restes de viandes, de poissons, etc.) à condition toutefois d’en avoir une consommation raisonnable – si vous mangez de la viande plus de trois fois par semaine, évitez ! Les agrumes (sans les étiquettes) également, mais attention, en petites quantités toujours. Les sachets de thé, les boîtes et coquilles d’œuf, les cheveux, les ongles, le marc de café, la cellulose, le carton (non pelliculé) y sont autorisés itou, faisant d’ailleurs du compostage un des piliers du « zéro déchet », ce mouvement en plein essor qui consiste à réduire drastiquement son empreinte écologique personnelle… en se passant de poubelle.

Imiter la nature

Une autre méthode, d’une simplicité enfantine, consiste à déposer directement sur ou sous le paillis les restes de cuisine ou de jardin : c’est le « compostage de surface ». L’idée est ici de reproduire ce qui se passe dans la nature. Quand les feuilles ou les fruits d’un arbre tombent au sol, quand un animal meurt, ils sont assimilés naturellement par le sol, et ce d’autant plus rapidement que le sol est vivant et aéré, comme dans un sous-bois (non défoncé par les engins forestiers). Les micro-organismes décomposeront rapidement tous ces déchets biodégradables et agraderont ainsi le milieu sans aucun effort de manutention de la part du jardinier…

Des vers dans la cuisine

Les personnes qui n’ont pas de jardin pourront se tourner avec profit vers le lombricompostage. Le lombricomposteur est un récipient fermé (que l’on peut aisément bricoler soi-même ou trouver à petit prix dans les associations locales de jardinage) dans lequel on dépose les restes de cuisine, dont des petits lombrics feront bombance, fournissant à la fois du compost solide et un engrais liquide. Les petits vers de fumier feront ici parfaitement l’affaire (si vous n’en trouvez pas chez le voisin, certains en donnent sur Internet). Le compost ou le jus de compost ainsi produits pourront venir enrichir vos balconnières ou être gracieusement offerts à un voisin, un oncle jardinier, un beau-frère...
Pour la petite histoire, nos « croulants » sont appelés en Allemagne des « Kompostis » – autrement dit des personnes mûres pour le compost – preuve, une fois de plus, que les Allemands ont un train d’avance sur nous en matière d’écologie (bon, même si ce sont les premiers pollueurs d’Europe de par leurs centrales au charbon)…

Oumpah-Pah




>> Précédemment dans Veine Verte :

Éloge permacole (24 avril 2018)

Requiem pour une poubelle (25 mai 2018)

Ode à nos paysages (28 juin 2018)

Oui-Oui et l'Éolienne magique (19 septembre 2018)

Retour à la case marché (22 octobre 2018)

Le chasseur de serpents (22/11/2018)

Un verger pour royaume (21/12/2018)

Zones humides au régime sec (19/01/2019)




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img_journalisteO le 22 février 2019 - 17h16
Bonne idée de mettre le compost en avant mais les peaux d'agrumes (photo) sont trop acides. A éviter.

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