Economie locale
Une porte entrebaillée pour Lejaby
Date : 26/01/2012
- Mise à jour : 26/01/2012 17:07
Alors que les salariés attendent leur lettre de licenciement, Laurent Wauquiez annonce 5 ou 6 pistes pour un repreneur potentiel. Jeudi 26 janvier après-midi, le sort du site industriel Lejaby a fait débat au Sénat.
La préfecture de la région Rhône-Alpes planche sur le dossier Lejaby. Laurent Wauquiez annonce "une première victoire, les machines restent sur le site", alors qu'au Sénat, Eric Besson est interpellé sur le dossier Lejaby et, au-delà, sur la question de la réindustrialisation en France.
"L'Etat a repris la main sur le dossier"
Selon Laurent Wauquiez, il y aurait "cinq ou six pistes" de repreneurs français qui auraient manifesté un intérêt. Certains candidats proposeraient de reprendre le site et devraient être reçus par le Préfet. Les projets devraient être examinés "dans le respect des savoir-faire, de la qualité du travail fourni et de la motivation des salariés", selon Bernard Gallot, le maire d'Yssingeaux. "Il ne faut pas donner de faux espoirs. Cela concerne l'un des derniers domaines où l'on fabrique français."
Les services de l’État recherchent un repreneur susceptible de revitaliser les ateliers de production et de préserver une majorité d’emplois. Selon Bernard Gallot, "l'Etat a repris la main sur le dossier." Il se voit comme "un intermédiaire. Je suis un élu de terrain, c'est mon rôle." Il précise que "les locaux du site appartiennent à un privé", qui aurait aussi voix au chapitre. Il salue la proposition de Pierre Astor, de prêter un espace du Musée des manufactures de dentelles de Retournac, mais précise que "Lejaby n'est pas mort. Le savoir-faire des filles n'a pas encore sa place au musée".
Objectif : relance
Jean-François Carenco, préfet du Rhône et de la région Rhône-Alpes et Alain Prost, dirigeant de la Maison Lejaby se sont rencontrés hier. Objectif : trouver une solution alternative à la fermeture pure et simple du site. Parmi les solutions abordées, Alain Prost s'est engagé à céder les machines nécessaires à toute poursuite d'activité : "Lejaby est prêt à céder tous les équipements situés dans l’atelier à Yssingeaux mais aussi à examiner la cession d'autres équipements situés à Rillieux, lesquels pourraient contribuer à renforcer un projet sur Yssingeaux".
7 millions en 3 ans
Les nouveaux propriétaires de Lejaby ont l'intention "d'investir 7 millions en trois ans dans la relance de l'entreprise en misant sur la création d'une nouvelle image et de nouvelles lignes de produits". Pour ce faire, la Maison Lejaby sera accompagnée des acteurs régionaux de l'innovation et de la création, au travers des structures mises en place par les pouvoirs publics. Cette nouvelle ligne de production devrait engendrer l'embauche d’une vingtaine de salariés en 2013 ou 2014. Il semble primordial pour l'Etat d’"encourager le développement industriel en Rhône-Alpes".
Les employés de Lejaby n'ont en tout cas pas été entendus concernant leurs indemnités : ils vont recevoir le minimum prévu par la loi.
Débat au Sénat
Michelle Demessine, sénatrice du Nord, membre du Parti communiste, a interpellé Eric Besson, Ministre de l'industrie, sur la "semaine noire pour l'emploi" et plus précisément sur l'exemple de Lejaby : "Ce qui se passe avec Lejaby est malheureusement devenu un scénario très classique (...) qui a fait disparaitre la plus grande partie de l’industrie textile française.
Quoi de neuf, aujourd’hui, de la part des pouvoirs publics pour endiguer cette spirale infernale : dépôt de bilan - tribunal de commerce –repreneur - licenciements ? Le bilan : des ouvrières hautement qualifiées, « les doigts de fées » sont jetées à la rue sans perspective malgré les beaux plans de reconversion qu’on ne manquera pas de leur promettre.
Monsieur le Ministre, que compte faire le gouvernement pour qu’à travers le cas emblématique des ouvrières de Lejaby le discours sur la réindustrialisation de la France soit crédible ?"
Le site de Rillieux-la-Pape (194 emplois préservés), intègre fin 2012 l’unité de production d’une nouvelle ligne de luxe, "Lejaby couture". Cette nouvelle ligne constituerait "l’un des piliers d’une relance durable de Lejaby".
Emilie Monnereau