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Une opération de dépollution innovante à Saint-Etienne

Date : 19/06/2019
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L’Epora, établissement public foncier, a lancé en ce début d’année une vaste opération de dépollution innovante par désorption thermique sur le site de Stronglight à Saint-Étienne. Après 6 mois de travaux, cette technique rarement mise en œuvre, a fait les preuves de son efficacité avec une première étape concluante après le traitement des premières piles.

Sur la ZAC de Châteaucreux, à proximité de la gare de Saint-Étienne, le traitement des terres polluées de l’îlot Stronglight est réalisé « on site » par technique de désorption thermique à grande échelle pour permettre la reconversion d’un ancien site industriel en zone résidentielle et espaces verts. L’îlot Stronglight s’étend sur 10 hectares dans le secteur nord de la ZAC de Châteaucreux, où l’Epase (Établissement Public d’Aménagement de la ville de Saint-Étienne)*porte un projet dont l’enjeu est d’assurer l’ouverture du quartier de la gare et d’aménager un quartier résidentiel de 400 logements et des espaces verts. Le site, classé ICPE, a accueilli diverses activités industrielles pendant une centaine d’années et porte le nom du dernier occupant, un équipementier de l’industrie du cycle. Les diagnostics environnementaux ont révélé une contamination du sous-sol aux métaux lourds, hydrocarbures*, COHV-*et, dans une moindre mesure, PCB* et HAP*. Afin de rendre le site compatible avec les projets de requalification, l’Epora, en charge du volet foncier de cette vaste opération conduit la dépollution en qualité de maître d’ouvrage en s’appuyant sur une équipe d’experts : l’Apave, en qualité d’AMO sites et sols pollués, Tesora, pour la maîtrise d’œuvre et Valgo pour les travaux de dépollution.

Une opération exemplaire de dépollution et de recyclage foncier


L’Epora, qui porte le foncier, a déconstruit l’ancienne usine et est en charge de sa dépollution. Le plan de gestion, établi en concertation avec la Dreal Auvergne Rhône-Alpes, prévoit l’excavation, le tri, le traitement par désorption thermique (venting) et le réemploi des terres. Cette opération a été identifiée comme exemplaire par l’Ademe qui a octroyé pour l’opération une subvention de 675 000 €. Sur les 56 000 tonnes de terres polluées, 26 000 tonnes seront remobilisées en l’état après contrôle de leur conformité aux futurs usages du site, et 30 000 tonnes seront traitées par désorption thermique à basse température pour être également réemployées. La méthode de désorption thermique, encore peu répandue, consiste, après excavation, à décontaminer les terres polluées par chauffe pour évacuer les polluants par volatilisation. La montée en température des terres, amoncelées par piles de 1 000 m3, atteint rapidement 100 °C, puis stagne pendant la phase d’évaporation de l’eau avant d’être poursuivie jusqu’à 220 °C. La chauffe d’une pile dure 3 à 4 mois, le temps de récupérer, via un réseau d’extraction (venting), les polluants sous forme gazeuse et liquide pour être ensuite épurés dans des filtres à charbons actifs. La dépollution des deux premières piles vient de s’achever ; les résultats sont très positifs et conformes aux objectifs de requalification. La technique de désorption thermique, d’une grande fiabilité, permet de traiter des sols fortement pollués. Elle présente de nombreux avantages tant sur le plan financier (minimisation des coûts liés à l’évacuation des terres, et à l’achat de remblais), environnemental que de sécurité sanitaire ; les contrôles effectués permettent de garantir la qualité et la traçabilité des terres réemployées.

*: COHV : composés organiques halogénés volatils, PCB : polychlorobiphényles, HAP :hydrocarbures aromatiques polycycliques

 
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