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Un nom, une rue : le boulevard Maréchal Fayolle

Date : 20/11/2020 | Mise à jour : 22/11/2020 09:55
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Notre série « Un nom, une rue » vous embarque dans l’histoire de ce grand militaire originaire du Puy-en-Velay, le Maréchal Fayolle, fils d’un négociant en dentelles.

Le boulevard, qui porte son nom, constitue une des grandes artères de la ville du Puy, juste après le faubourg Saint-Jean. Il commence au croisement avec la rue Crozatier et finit à la place Cadelade. C’est une délibération du conseil municipal du 15 novembre 1918, soit quatre jours après l’armistice du 11 novembre qui dénomme cette voie « général Fayolle ». Successivement cette voie s’était appelée faubourg du Breuil en 1777, faubourg de la République en 1794 et rue Saint-Haon vers 1840. Ce boulevard faisait partie autrefois de la grande prairie du Breuil. Saint-Haon par la présence sur cette rue de l’hôtel que les seigneurs de la Rodde, comtes de Saint-Haon possédaient et qui servit de halle aux grains à cette époque.

Marie Emile Fayolle est né au Puy le 14 mai 1851 au 9 de la rue Chènebouterie. Son père, Jean, Pierre, Auguste Fayolle est négociant en dentelles. Après de solides études au grand séminaire de la Chartreuse, puis au lycée du Puy où il est condisciple des docteurs Roux et Chantemesse, mais aussi Charles et Adrien Dupuy qui donneront leurs noms au lycée que nous connaissons, il entre à l’Ecole de la rue des Postes à Paris pour y préparer Polytechnique où il est admis en 1873. En 1877, il est nommé lieutenant au 16° régiment d’artillerie à Clermont-Ferrand. En 1882, il part avec son régiment combattre en Tunisie (combats de El-Fedj et Beja) et la même année il est promu capitaine attaché comme instructeur d’équitation au 36° régiment d’artillerie.
En novembre 1889, le capitaine Fayolle entre à l’Ecole supérieure de guerre, breveté d’état-major avec la mention « très bien ». Il est appelé à Paris comme chef d’escadron d’artillerie. En 1898, il revient à Clermont-Ferrand au 16° R.A. où il a débuté comme officier.
En novembre 1897, il devient professeur adjoint de cours d’artillerie à l’Ecole de guerre, commandée par le général Renouard. Dans cette même école, le lieutenant-colonel Foch enseigne la technique générale ; tandis que les commandants Pétain et Maud’huy sont chargés de l’infanterie. En 1900, le commandant Fayolle est nommé professeur titulaire, poste qu’il occupe pendant sept ans.

Sorti de la retraite par la guerre

Son ascension dans l’armée le voit élevé au grade de nommé lieutenant-colonel en 1902, colonel en 1907, général de brigade en 1910. Il est affecté au commandement de l’artillerie au 12° corps d’Angoulème. Ensuite il passe à la 19° brigade de Vincennes, où le 14 mai 1914 il atteint l’âge de la retraite. Il a alors 62 ans. Le général  de brigade, cadre de réserve Fayolle se retire à Clermont-Ferrand, ville de son épouse.
A la déclaration de la grande guerre, il est affecté au commandement de la 139° brigade qui faisait partie de la 70° division de réserve. Il prend une part active aux batailles où les unités qu’il commandait sont engagées. En octobre, on trouve la division Fayolle en Picardie devant Arras et les falaises de Vimy où elle se couvre de gloire ; le 11 octobre le général Fayolle est nommé commandeur de la Légion d’Honneur.
Le 13 mai 1915, le général Fayolle devient divisionnaire. Le 21 juin, il remplace le général Pétain à la tête du 33° corps d’armée. Le 26 février 1916, il est nommé au commandement de la VI° armée qui s’illustra dans la bataille de la Somme. Le 8 octobre 1916, après une visite à son quartier général, le Président Poincaré l’élève à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. Au début de 1917, le général Fayolle prend une part active et glorieuse à la fameuse bataille qui permit le dégagement de Verdun.
Le 18 novembre 1917, il part pour l’Italie comme commandant des armées française et anglaise pour prêter main-forte aux armées italiennes.
En février 1918, il est rappelé en France. C’est alors la suite ininterrompue des victoires françaises qui amènent l’ennemi à la demande de l’armistice.

Telle est brièvement résumée la brillante carrière du général Fayolle. Là est évoquée la vie militaire mais il y a une autre vie, celle d’un homme.
Le 15 novembre 1918, le conseil municipal du Puy décide par acclamation d’offrir au général une épée d’honneur. Celle-ci d’argent ciselé et de vermeil est faite de pierres de grenat, zircon, améthystes issues du ruisseau de Ceyssac. Elle comporte deux inscriptions :
« La Ville du Puy au Général Fayolle » avec les armoiries de la ville en écusson.
«Lla devise de Jeanne d’Arc : les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire »
Cette épée a pu être réalisée grâce à une souscription close le 25 mars 1919 qui permit de collecter la somme de 9.870 francs 70. Sa réalisation en avait été confiée au maître-joaillier Falize, rue du faubourg Saint-Honoré à Paris.

La famille du général Fayolle


En 1883, il se marie à Clermont-Ferrand avec Marie Louis Collangettes. De ce couple, deux filles voient le jour : Marie Catherine en 1883 et Marie Martin en 1886. Marie Catherine épouse Paul Arthur Chaudessolles, général de division. Union dont naîtra une fille Thérèse qui épousera plus tard Pierre Pingeot, parents d’Anne Pingeot, maîtresse de François Mitterand, et grands-parents de Mazarine Pingeot,

Celle-ci est originaire de l’Auvergne, elle vient s’établir en Velay à la fin du XVIII° siècle et se fixe dans le petit village de Saint-Geneys-près-Saint-Paulien. La maison que le grand-père du général porte la date de 1811.
Extrait de l’acte de naissance du général Fayolle :
« Etat-civil de la mairie du Puy, acte n° 175.
L’an mil huit cent cinquante deux, le quinze mai, à deux heures du soir, par devant-nous, Ferdinand Martel membre de la commission municipale, est comparu M. Fayolle Jean Pierre Auguste, négociant, âgé de 28 ans, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin, né hier soir à trois heures de lui déclarant et de dame Marie-Louise Badiou, son épouse auquel il a été donné les prénoms de Marie-Emile.

Au Général Fayolle,
Soyez le bienvenu dans votre vieille ville,
Mon général, vous qui mettez dans son matin
Un peu de l’air sacré, qui, vainqueur et docile,
Entoure les soldats de la garde du Rhin.
Votre main a tracé sur le grand Evangile
De la guerre, un immense et glorieux chemin,
Et vous avez sauvé d’un lendemain servile
Le peuple qui luttait pour sa gloire et son pain.
Les Victoires, prenant leur vol au ciel vellave,
Vous forment une escorte étincelante et grave,
D’où surgissent des noms gravés de sang et d’or ;
Car vous nous ramenez, pour qu’ils dorment au port,
Ainsi qu’une tragique et glorieuse épave,
Les noms religieux et calmes de nos morts.
E.P.


Dans « Le correspondant » Miles écrit : « Le général Fayolle montrait cette belle humeur qui est une de ces meilleures qualités et qui atteste un constant équilibre ; Je sais regarder la vie avait-il déclaré en s’en allant. Et ses yeux clairs brillaient de plaisir. Ils s’étaient trop penchés sur les livres, ils avaient trop mesuré les angles de tir. Le grand travailleur allait jouir du repos *. Ayant marié selon leurs goûts et selon ses vœux paternels son fils et sa fille, il trouvait sa récompense à respirer les fleurs. Et avant de s’acheminer comme un sage, vers le soir de sa vie il préparait, en lisant Saint-Paul, un voyage en Orient dont il avait toujours rêvé. »
* quelques mois plus tard on sait ce qu’il en advint.


Les photos sont issues d'une collection privée :





 
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