Société

Un aéroplane militaire nommé 'Le Dentelle du Puy' ?

Ce samedi marquera le 100ème anniversaire du meeting aérien de Brives-Charensac du 14 juillet 1912. Un événement exceptionnel en terre vellave.
Il y a 100 ans exactement ce samedi 14 juillet que des fêtes aériennes se sont déroulées à Brives-Charensac. Dans cette commune que rien ne prédestinait pour l'aviation, des fêtes d'aviation se sont déroulées pendant 15 jours avec deux avions. Celles-ci étaient principalement destinées à sensibiliser la population et à récolter des fonds pour qu'un aéroplane militaire porte le nom de "Le Dentelle du Puy". Était-ce parce que le danger de la 1ère guerre mondiale se profilait ? Il fallait offrir à la patrie sa quatrième arme. Pour faire connaître la dentelle au-delà du Velay, nos aïeux étaient prêts à tout et faisaient preuve d'une grande imagination. Pour l'occasion, les commerçants locaux s'étaient investis pour agrémenter le programme et surtout le financer les publicités.


Le Puy avant toute la France
Le journal hebdomadaire de l'époque « Le Velay » raconte cette folle aventure : « L'histoire de nos fêtes d'aviation est simple. Avant que les grands journaux de Paris eussent lancé leurs souscriptions pour offrir des aéroplanes à la Patrie, un de nos compatriotes en avait eu l'idée. C'est M. Pierre Farigoule, officier de la Légion d'honneur. Le premier en France, M. Farigoule lança la souscription, pour que les Français offrent à la France la quatrième arme. Au banquet syndical de la Dentelle fut adoptée d'enthousiasme l'idée de cette souscription. La liste fut couverte de signatures. Le lendemain – mais le lendemain seulement, la France entière imitait le geste de nos compatriotes et faisait souscrire pour de nouveaux aéroplanes.

Nul besoin de téléphone ou d'Internet !
Pour informer la population de l'opportunité ou non de se déplacer au champ d'aviation, des mâts avaient été installés : l'un sur place et l'autre sur la place du Breuil, en centre-ville du Puy. Le drapeau rouge signifiait « on vole ». Le drapeau blanc « on ne vole pas ». Et le drapeau vert « on va voler probablement ».

N'importe! L'idée de l'aéroplane de notre région fit son chemin. Les promoteurs le baptisèrent Le Dentelle du Puy du nom de ce superbe et précieux produit du Velay, la dentelle, qui va porter le renom de notre petite patrie jusqu'au delà des mers.
En quelques jours, la souscription pour l'aéroplane Le Dentelle du Puy produisit 15 000 fr. Mais il fallait faire un effort encore pour réaliser plus grandement l'ambitieux et patriotique projet.
De là l'idée des fêtes d'aviation. Le Comité constitué à cet effet décida d'organiser des superbes fêtes d'aviation. On joindrait l'utile à l'agréable, le devoir au plaisir. »


100 000 spectateurs
Le premier jour des fêtes, le 15 juillet 1912, l'aviateur Gaulard effectua un vol de vingt minutes à 6h32 du matin sur son monoplan. Réaction dans le journal Le Velay : « Les assistants étaient charmés. L'appareil, offre de l'avis de tous, une sécurité absolue. Tout ceci joint à l'habileté de l'aviateur est de bon augure pour la durée des fêtes. » Quelque 100 000 personnes étaient attendues en terre vellave pour ces deux semaines de fêtes patriotiques.



> Feuilletez le journal Le Velay de l'époque

Voir la galerie photos 1912: fêtes aériennes à Brives-Charensac

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Voir les 1 commentaires   Déposer un commentaire

  • ML - le 17 juillet 2012 - 17h44 Signaler un abus
    incroyable, les gens de haute loire paient pour avoir un avion militaire au nom de la dentelle du Puy. c'est comme si en 2011 on demandait aux français d'aller voir un spectacle pour payer un Rafale portant le nom de la lentille.

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