Economie

Tence : des emplois menacés à FIMA

Un fleuron de l'industrie de Tence, employant 75 salariés dans le PVC et 35 dans la menuiserie bois, est en redressement judiciaire. Déjà en 2006, un précédent redressement judiciaire avait mené à la reprise par un groupe de Cambrai, avec 46 emplois supprimés à la clef.
Les menuiseries FIMA à Tence connaissent à nouveau une situation préoccupante, après le plan de 40 licenciements déjà opéré en 2006 avant leur rachat par la holding Madinvest, dont le siège est à Cambrai.
Ce lundi 9 juillet, le syndicat Force Ouvrière, dont sont membres tous les élus de la délégation unique du personnel (qui remplit à la fois les rôles de Comité d'Entreprise et de Délégués du Personnel) informait que la société, comme neuf autres du groupe (lui même en procédure de sauvegarde) avait été mise en Redressement Judiciaire le 27 juin par le Tribunal de Commerce de Douai (Nord).



Aucun licenciement toléré par FO
L'entreprise spécialisée en menuiseries (fenêtre, portes-fenêtres, portes balcon...) compte 111 salariés à Tence, répartis entre le site bois et le site PVC. A Lissieu (Rhône) se trouvent les structures administratives et commerciales ainsi qu'un atelier de menuiserie aluminium. "Nous ne payerons pas les pots cassés de décisions prises par le groupe" explique Laurent Gibert, délégué syndical FO.
"En 2011, le site Bois était à l'équilibre, le site PVC excédentaire. En ce moment le site bois fait 40 h par semaine et il y a 10 intérimaires au PVC. FIMA, c'est une marque nationale connue. Nous ne voudrions pas d'un repreneur qui vienne racheter une renommée sans se soucier des salariés. Il y a des atouts à Tence : deux sites de production rapprochés, un savoir faire sur la qualité. Alors nous ne comprendrions pas qu'il y ait un seul licenciement", ajoute-t-il.



Les pouvoirs publics alertés
Le secrétaire du Comité d'Entreprise Eric Maisonny rappelle : "nous vivons tous dans le canton, perdre notre emploi, pour trouver quoi ensuite ? FIMA c'est le plus gros employeur. Ici, nous avons notre maison, notre famille". C'est la raison pour laquelle les pouvoirs publics ont été alertés à tous les niveaux : le Maire de Tence Jean Digonnet, la Conseillère Générale Jacqueline Decultis, le député Laurent Wauquiez et bien sûr, le Comité d'Expansion Economique ainsi que la direction du travail.
Même son de cloche du côté de l'Union Départementale FO: "il serait temps que l'on nous écoute au gouvernement lorsque l'on parle de relance économique. Chaque fois qu'il y a eu des mesures en faveur du pouvoir d'achat directes ou indirectes (crédits d'impôts, investissement public dans la construction...) cela a relancé les affaires chez FIMA, tributaire du marché du bâtiment. Au lieu de cela, une nouvelle fois la priorité est à la rigueur budgétaire. Mais quoi qu'il en soit, nous suivons l'affaire avec attention pour qu'il n'y ait pas de casse sociale".



Vigilance orange
Le 5 septembre le Tribunal de Commerce de Douai doit décider de l'avenir de FIMA et des neuf autres sociétés du groupe, mais la date pourrait être reportée pour laisser "mûrir" tous les projets. "A ce jour, il y a des visites mais nous ignorons tout des plans, s'il y en a, comme des personnes qui les portent. Il est évident que chacun sera regardé à la loupe dès que nous en aurons connaissance. Encore une fois, notre priorité, c'est la préservation des emplois chez FIMA. Nous sommes en état de vigilance orange", conclut Laurent Gibert.
Déjà en 2006, un précédent redressement judiciaire avait mené à la reprise par un groupe de Cambrai, avec 46 emplois supprimés à la clef. Cette-fois, l'espoir est permis puisque le carnet de commandes est plein. On connaîtra le 5 septembre prochain les différentes offres de reprise.

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