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Tchernobyl : 30 ans après, où en est la contamination des sols dans la Loire ?

Date : 26/04/2016 | Mise à jour : 26/04/2016 17:34
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Ce mardi 26 avril 2016 marque le triste anniversaire de la catastrophe nucléaire. Elle a laissé son empreinte toxique dans les sols ligériens.

Bruno Charreyron est  ingénieur en physique nucléaire et directeur du laboratoire de la CRIIRAD. Cette Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité a vu le jour 1986 à Valence. La Drôme fait partie de la liste des départements les plus touchés par le nuage de Tchernobyl.

C'est un collectif de citoyens, parmi lesquels des scientifiques, qui est à l'origine de cette association indépendante. Elle est reconnue par l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Elle a publié des chiffres concernant la Loire ce lundi. 

Quel a été le niveau d'exposition de la Loire à ces retombées radioactives ?

"Le département se trouve dans une situation intermédiaire : il ne fait pas partie des plus touchés, ni des moins impactés. Dans le Jura, la Corse, les Hautes-Alpes, les Alpes-Martimes ou l'Isère, on a relevé des taux de 10 000 Bq/m2, uniquement dûs à Tchernobyl. Les chiffres ligériens montrent que le département a subi les conséquences de la catastrophe de 1986 mais aussi des nombreux essais nucléaires militaires, notamment dans les années 1950".

Vous aviez réalisé une étude des sols dans deux communes ligériennes, suite à la catastrophe de Tchernobyl. Qu'avait-t-elle montré ?

"En 1988, nous avions effectué des carrotages sur 40 cm du sol à Saint-Genest-Malifaux et au Bessat. Elle avait mis en évidence une contamination au césium 137, un métal radioactif non présent à l'état naturel dans la nature, de 7 800 Bq/m2 au Bessat et de 17 000 Bq/m2 à Saint-Genest-Malifaux. La part attribuée à Tchernobyl était de 900 Bq/m2 au Bessat, 4 200 à Saint-Genest-Malifaux".

Une nouvelle étude du sol a été opérée par votre laboratoire, uniquement à Saint-Genest-Malifaux en 2014 et 2015 ?

"Elle montre une baisse du taux de contamination au césium 137, puisqu'elle était de 2 800 Bq/m2. Il faut malgré tout être prudent dans l'analyse de ces résultats, car l'ensemble de la Loire a été touchée. Les niveaux de contamination peuvent varier selon les pluies qu'il y a eu dans cette période. Faute de moyens, nous n'avons pu réaliser notre étude à l'époque que dans deux communes."

Dans vos travaux récents, vous mettez en évidence la contamination de certains champignons ligériens ?

"Des contrôles réalisés à l'automne dernier sur 38 champignons de Rhône-Alpes ont indiqué que les deux plus contaminés étaient de la Loire. Il s'agissait des bolets bai (3 000 Bq/kg sec) et des chanterelles en tube (2 700 Bq/kg sec) du département. Il ne faudrait pas en tirer comme conclusion que l'ensemble des champignons de ces espèces sont concernés par la contamination dans la Loire. A savoir, le taux maximal accepté à l'importation pour les champignons des zones touchées par Tchernobyl est de 600 Bq/kg. Le césium 137 est détecté dans 95 % des 38 échantillons de champignons cueillis, en fin d’année 2015, en Ardèche, Drôme, Isère, Loire, et Haute Savoie et analysés par la CRIIRAD."

Enfin, quels conseils pouvez-vous donner aux Ligériens pour limiter leur exposition ?

"Il ne faut pas abuser des champignons fortement contaminés. Nous les avions mis en évidence dans une étude de 1997 (à lire page 6 ici). Ils peuvent encore être atteints aujourd'hui dans des niveaux non négligeables, tout comme les baies, le gibier..."

Propos recueillis par S. B. 

 
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