Economie

Super U à St-Germain? Non, c'est non

C'est la fin de la bataille. Le projet de Super U à Saint-Germain Laprade a été refusé au niveau national ce jeudi soir.
Après le refus de la commission départementale d'aménagement commercial (Cdac) en septembre 2011 (lire l'article), l'appel national s'est joué ce jeudi 28 juin 2012 en fin de journée. Et la réponse est "non" pour le patron du Super U d'Aiguilhe, Philippe Boutreux, qui voulait créer une autre grande surface de 4 900 m2 à Saint-Germain Laprade pour un coût de 13 à 14 millions d'euros, entraînant la création d'au moins une trentaine d'emplois. Les commerçants opposés au projet suspectaient une galerie marchande dissimulée, mais l'entrepreneur réaffirmait que ce n'était pas le cas.


Deuxième projet refusé
Déjà en 2009, Philippe Boutreux avait essuyé un revers pour un projet très ambitieux de plus de 13 275 m2 avec galerie marchande. Malgré des dimensions et caractéristiques revues à la baisse, ça ne passe donc toujours pas. Désormais son appel est épuisé concernant ce deuxième projet. Rien ne l'empêcherait de déposer un troisième dossier différent, même si cela semble improbable. La rédaction de Zoomdici a tenté de le joindre, pour l'heure, sans succès.


Des commerçants soulagés
Au nom des commerçants de l'agglomération du Puy, Ginette Vincent, la présidence de l'Office de commerce et de l'artisanat, se dit soulagée : "Toute la journée de jeudi, j'ai reçu des appels de commerçants inquiets, puis en soirée, quand le verdict est tombé, c'était des appels rassurés. Dans cette période difficile, un autre centre commercial déstabiliserait les commerces du centre-ville et des zones périfériques." Quand on évoque la trentaine d'emplois qui auraient pu être créés par le projet de Super U, elle rétorque que la demande n'est pas assez grande sur le bassin du Puy et que d'autres emplois auraient été perdus : "il n'y pas le potentiel client pour tout ça, donc forcément, ce qui se gagnerait quelque part, se perdrait ailleurs."


Près 80 emplois menacés à Auchan
Parmi les zones les plus touchées potentiellement, celle de Corsac à Brives-Charensac. Louis Laurent, le directeur de l'hypermarché Auchan, avait fait des calculs de projection. Sur son effectif actuel de 220 salariés, il estime qu'il aurait dû en licencier 70 à 80. "Certains de mes employés et cadres sont venus me voir ce matin en disant 't'as entendu la bonne nouvelle, il n'y aura pas de concurrence déloyale finalement!' Car à 2km à vol d'oiseau, il s'agit bien de la même clientèle, or la croissance démographique est en berne sur le bassin du Puy avec seulement 1 104 habitants de plus entre 2001 et 2009".
Quant aux dimensions du projet, revues à la baisse, Louis Laurent rit jaune : "On a eu beau dire qu'il ne s'agissait pas d'un hypermarché, je suis désolé, 4 900 m2 pour moi c'est bien un hypermarché puisqu'Auchan fait 4 634 m2." Et d'ajouter que si Philippe Boutreux avait doublé sa surface sur Aiguilhe, il l'aurait considéré comme légitime car à armes égales. Mais il n'y a tout simplement pas la place à Aiguilhe, une commune sous haute tension foncière. Philippe Boutreux s'était d'ailleurs engagé à conserver un point service sur Aiguilhe.


Fermeture de petits commerces?
Quant aux plus petits commerces indépendants sur la zone de Corsac, Louis Laurent, qui les représente au sein de l'association des Portes de Corsac, rappelle l'inquiétude de plusieurs d'entre eux, qui envisagaient devoir fermer boutique et licencier leur poignée de salariés. "Déjà qu'ils souffrent des travaux entrepris sur l'avenue Charles et Adrien Dupuy - même si ceux-ci sont une bonne chose à long terme - les petits commerçants n'avaient vraiment pas besoin de ça."


Bataille d'élus
Mais pour le maire de Saint-Germain Laprade, Daniel Exbrayat, l'argument de la perte d'emplois n'est pas valable et de voir là des pressions politiques à visée électoraliste. Ecoutez.


Annabel Walker

Laurent Wauquiez, le maire du Puy, est donc clairement visé. Mais celui-ci tempére. Ecoutez.



Maxime Pitavy


  • Comment sont accordées les autorisations?

Au niveau départemental
La commission départementale d’aménagement commercial (Cdac) autorise les projets par un vote à la majorité absolue des membres présents. Elle se compose de trois personnalités qualifiées en matière de consommation, de développement durable et d’aménagement du territoire désignées par le préfet et de cinq élus locaux :
le maire de la commune d’implantation,
le président de l’établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d’aménagement de l’espace et de développement dont est membre la commune d’implantation ou, à défaut, le conseiller général du canton d’implantation,
le maire de la commune la plus peuplée de l’arrondissement autre que la commune d’implantation,
le président du Conseil général
le président du syndicat mixte ou de l’établissement public de coopération intercommunale chargé du schéma de cohérence territoriale auquel adhère la commune d’implantation ou, à défaut, un adjoint au maire de la commune d’implantation.

La Cdac de Haute-Loire avait refusé la demande d'autorisation du projet le 21 septembre 2011 par cinq voix contre, deux voix pour et aucune abstention. Aucun représentant des consommateurs ne s'était présenté à la réunion. Le nombre de votants était donc passé de huit à sept.
Seul deux personnes avaient soutenu le projet : le maire de Saint-Germain-Laprade, Daniel Exbrayat, et l'un de ses adjoints. Concernant les opposants, on retrouvait le Conseil Général, la Communauté d'Agglomération, le Service Départemental et d'Urbanisme, l'association pour l'environnement et la mairie du Puy-en-Velay, représenté à cette occasion par Roger Falcon.


Au niveau national
La Commission nationale d'aménagement commercial (Cnac) est composée de cinq membres. Elle entend, à leur requête, le maire de la commune d'implantation, l'auteur de la demande d'autorisation ainsi que l'auteur ou l'un des auteurs du recours.
Elle peut entendre toute personne qu'elle juge utile de consulter. Et toute autre personne souhaitant être entendue par la commission peut en faire la demande.
Le commissaire du Gouvernement recueille les avis des ministres intéressés, qu'il présente à la commission. Il donne son avis sur les demandes examinées par la Commission nationale d'aménagement commercial au regard des auditions effectuées.

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  • f - le 1 juillet 2012 - 14h01 Signaler un abus
    Comment 30 emploies générés par U couterait 80 emploies a Auchan ? U serait il plus rentable ? Auchan aurait il plus de cravateux dans ces salariés? Dommage que mr Exbrayat ne soit maire que d'une petite commune . Wauquier n'est il pas la botte de Auchan et géant Casino ..... Ces deux groupes nationaux se foutent de la concurrence déloyale. (Lorsque celle ci va dans leurs sens)

  • l - le 1 juillet 2012 - 13h01 Signaler un abus
    ils me font bien rire les commercants du puy!!!C'est les premiers a faire leur course en grande surface et là ils pleurniche pour faire capoter un projet ambitieux, pff...De toute facon Mr Boutreux est propriétaire des terrains à St Germain alors maintenant allez lui demander de les racheter et là on va rire!!!

  • h - le 1 juillet 2012 - 10h00 Signaler un abus
    on refuse le super u à st germain mais on ne dit rien sur l'implantation d'une grande superette place de la mairie et le carrefour marquet sans se soucier des épiceries déjà en place!!! les commerçants se plaignent de la désertion du centre ville, alors ils mettent en place les achats en ligne!!!

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