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Suicide d'une directrice d'école : minute de silence

Date : 03/10/2019
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Ce jeudi 3 octobre 2019, dans toute la France, des enseignants ont rendu hommage à Christine Renon, enseignante et directrice d'école maternelle à Pantin, qui s’est donné la mort récemment.

En Haute-Loire parmi les initiatives, une vingtaine de professeurs du lycée public ponot Charles et Adrien Dupuy se sont rassemblés pour saluer cette femme "engagée depuis 30 ans au service de l'école publique".
Ils dénoncent la dégradation des conditions de travail et l'inaction des hiérarchies face à la souffrance des personnels.
Voici leur communiqué :

"Le 21 septembre dernier, une collègue, directrice d’école maternelle à Pantin (93), s’est suicidée sur son lieu de travail. Se déclarant épuisée, elle venait d’adresser un courrier à ses supérieurs hiérarchiques, dénonçant l’insupportable dégradation des conditions de travail et d’accueil des élèves dans un quartier réputé difficile. Dans ce courrier, elle déplore la surcharge de travail, le manque de moyens, mais aussi la perte de sens de sa profession et le sentiment de ne plus être entendue par sa hiérarchie. Au-delà du geste singulier d’une personne, ce courrier-témoignage et cet acte prennent un sens symbolique et collectif : notre collègue a considéré la portée de son geste et a voulu l’élever jusqu’à nos consciences.

M. Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale, s’est contenté d’un tweet laconique dans lequel il ne mentionne pas le nom de cette enseignante : ce choix de communication traduit le mépris d’une hiérarchie qui tend à considérer les personnels comme les boulons anonymes d’un système.

Pour cette fonctionnaire de l'État, pas d’hommage, pas de minute de silence, alors que la communauté éducative est ébranlée par cette nouvelle : attristés par ce drame humain, nous sommes aussi interpellés car ces constats entrent en résonance avec nos quotidiens d’enseignants. Qui d’entre nous ne s’est jamais senti épuisé par la surcharge de travail, les effectifs trop lourds dans les classes, le manque de reconnaissance ? Or, les réformes actuelles, au lieu de remédier à ces situations d’épuisement, ne font qu’aggraver la souffrance des personnels.
Aujourd’hui nous nous rassemblons pour rendre hommage à notre collègue, une femme engagée depuis trente ans au service de l’école publique. Nous voulons dire aussi que le travail peut tuer si son organisation ne place pas l’humain au cœur du système.

Au nom de Christine Renon, nous faisons donc une minute de silence."






 
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