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Stéphane croque la vie à pleine dents

Date : 16/10/2013 | Mise à jour : 18/10/2013 15:32
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Le Ponot Stéphane Oriol, personne à mobilité réduite, ne cesse de réaliser ses rêves. Dernier en date : sauter en parachute dans le ciel de Loudes depuis 4 000 mètres de hauteur.

Stéphane Oriol a 35 ans. Il est né au Puy-en-Velay et a vécu toute sa vie en Haute-Loire. Depuis huit ans, il est atteint d'une maladie héréditaire orpheline et ses espoirs de guérison sont minces : il n'y a pas assez de gens dans le monde atteints par cette maladie pour que la recherche soit développée afin de trouver un traitement, la rentabilité monétaire n'étant pas assez forte en cas de résultat positif...
Cette maladie est dégénérative : "au début, j'arrivais encore à marcher en titubant un petit peu, puis on est passé au stade ou je marchais encore avec une canne puis avec un cadre, ensuite est venu le temps des fauteuils roulants manuel et électrique", nous explique-t-il. Pour autant, pas question de baisser les bras : Stéphane vit ses rêves à 200 %.


"Faire reculer la maladie en croquant dans la vie à pleine dents"

"Je suis un peu un kamikaze", s'amuse-t-il, "j'ai toujours aimé les activités à forte sensation". En effet, depuis quelques années déjà, malgré la maladie, il multiplie les loisirs un peu hors du commun, comme du jet ski et de la pêche au gros en Martinique, de la plongée sous-marine à Cuba le long de la barrière de Corail avec des dauphins, du parapente ou encore un baptême de montgolfière cet automne en Espagne, sans oublier bien sûr le saut en tandem de cet été.
"Nous, les personnes handicapées, on peut faire tout ce que font les personnes valides, il faut juste être bien accompagné et s'armer de volonté", observe-t-il, "c'est un peu un pied de nez au handicap et je veux faire reculer la maladie en croquant dans la vie à pleine dents". Pour la faire reculer, Stéphane a encore bien d'autres projets : il devrait se rendre au Brésil cet hiver et devrait participer à un safari au Kenya l'été prochain.


Le saut en tandem est évalué à 230 €, le même coût que pour un valide même s'il y a un surcoût (pris en charge par le Para Club du Puy) lié à l'utilisation d'un matériel spécifique pour tenir les jambes levées et à la perte de place dans l'avion.

"La chute libre, du bonheur à l'état pur"

"On m'a prévenu au dernier moment car je devais sauter le mardi mais le temps ne s'y prêtait pas, alors on a décalé au jeudi", relate Stéphane. Nous sommes le 19 août, il est 13h et le grand moment est arrivé. Ils sont une dizaine à s'élancer et Stéphane va sauter en tandem. L'avion décolle et monte à 4 000 mètres d'altitude, au-dessus des nuages, pendant que le moniteur égrène les dernières consignes. "La porte latérale de l'avion s'est ouverte et l'air s'est engouffré", se rappelle-t-il, "un par un, j'ai vu disparaître les gens autour de moi, ils étaient comme happés dans l'air à grande vitesse".
Stéphane s'élance en dernier, une chute libre à 200 km/h de presque 1 500 mètres, pendant une petite minute, avant que le parachute ne se déploie pour une demi-douzaine de minutes de vol avec la voile ouverte, à une vitesse plus modérée, de l'ordre de 50 km/h. "Le meilleur moment, c'est la chute libre", nous confie-t-il, "on se vide l'esprit, on se prend pour un oiseau et on a un grand sentiment de liberté, c'est du bonheur à l'état pur".

 


>> Cette vidéo a été réalisée par le Para Club du Puy-En-Velay, une association loi 1901 composée de passionnés. Le club existe depuis plus de 50 ans et réalise environ 4 500 sauts et près de 300 baptêmes par an.


Accompagné dans ses rêves

Pour réaliser tous ses rêves, Stéphane bénéficie d'un accompagnement de ses proches mais aussi de la Samsah (Service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés) de Haute-Loire. La structure s'adresse à 15 adultes dont la déficience motrice non liée à l’âge est prédominante. L’objectif est de permettre à ces personnes en situation de handicap moteur sévère de vivre à domicile en réalisant leurs projets, grâce à une coordination de leurs soins et un accompagnement médico-social personnalisé.
"Notre coeur de métier, c'est plus l'accès aux droits et aux soins", nous explique Jean-Michel Victoire, éducateur spécialisé de la structure qui a accompagné Stéphane dans cette aventure, "il y a souvent un bon nombre d'obstacles dans l'accès aux loisirs et on essaie de les faire sauter". Avant d'embarquer pour le Brésil cet hiver et en attendant le Kenya pour l'été prochain, Stéphane conseille à toutes les personnes atteintes d'un handicap et pouvant réaliser leurs rêves de se lancer dans l'aventure, "pour faire reculer la maladie".


Maxime Pitavy

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img_journalisteFT le 17 novembre 2013 - 00h42
Bravo Stéphane. Ça va donner à beaucoup d'autres l'envie de se battre et de se faire plaisir.

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img_journalistedc le 13 novembre 2013 - 20h01
bravo pour tout ce que vous faite!!!c'est formidable un bonjour d'Allegre

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img_journalisteV le 13 novembre 2013 - 18h14
Bravo Stéphane ! Continuez !

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