St-Pal de Mons : Plastica reprend SES sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)

logo_zoom

St-Pal de Mons : Plastica reprend SES

Date : 25/03/2020 | Mise à jour : 26/03/2020 07:44
Partager

Les problèmes ont commencé le 1er janvier 2016 pour l'entreprise Stéfany Emballages Services (SES). Ce mercredi 25 mars 2020, la chambre commerciale de la cour d’appel de Riom s’est prononcée en faveur de l'offre de reprise de M. Baddredine.

M. Baddredine reprendra l'entreprise de Saint-Pal de Mons en son nom propre avec sa société Plastica France, nouvellement créée (après Plastica Côte d'Ivoire). C’est la solution pour laquelle la CGT avait milité. A tel point que la société Leygatech de Saint-Romain Lachalm, initialement choisie par le tribunal de commerce, avait retiré son offre.

Pour la CGT THCB 43 et section syndicale de l'entreprise SES  c'était la seule offre qui permettait la reprise de tous les salariés :
"La CGT est surprise qu’à la veille du jugement, le président de la Région s’exprime pour la première fois sur ce dossier regrettant qu’il n’y ait pas eu d’offre de reprise par les entreprises locales. 
En effet, aucune entreprise du plateau de Ste Sigolène n’a fait de proposition de maintien de l’activité avec l’ensemble du personnel. 
La CGT avec les salariés a exigé la sauvegarde de cette industrie essentielle pour les besoins de la population (sacs pour les hôpitaux) avec un projet écologique et social. 
L’ensemble des structures CGT se félicitent de cette décision où une fois encore la mobilisation des salariés a été déterminante. 
Aujourd’hui l’heure n’est pas aux regrets mais aux projets et à l’avenir sanitaire, industriel, environnemental et social." 

De son côté, le dirigeant actuel de SES, Jean-Philippe Grail, considère cette décision comme « précipitée, irraisonnée, inacceptable et suicidaire ». 
Voici son communiqué :
« Au vu du contexte actuel, je m’attendais à un report de cette décision. Je ne décolère donc pas et c’est l’incompréhension ! Pour mémoire, SES est au service du secteur hospitalier depuis plus de 30 ans avec des produits fabriqués spécifiquement pour eux et que nous avons été ou sommes encore les seuls à fabriquer en France à ce jour : sacs pour la collecte, le transport et le lavage sécurisé du linge contaminé et sacs à fermeture étanche pour les transports biologiques.
Nous avons développé une gamme spécifique de plus de 400 emballages souples en stock permanent pour eux couvrant ainsi tous leurs besoins en hygiène, que ce soit en blanchisseries, restaurations collectives, laboratoires, services d’urgences, etc. Nous sommes l’un des rares fournisseurs à avoir des emballages souples normés CE – dispositifs médicaux. Nous sommes les seuls en France à avoir quatre certifications ISO.
Nous avons été les seuls à bien vouloir les servir alors qu’ils étaient considérés comme mauvais payeurs et à répondre à leurs appels d’offres. A s’entêter même lorsque le code des marchés publics leur permettait de passer des appels d’offres sans que, eux, ne soit engagés en quoi que ce soit. Depuis quelques années, les économies qu’on leur a imposées, leur ont fait réduire les stocks et les consommations sur ces mêmes emballages qui pourtant sont indispensables aux normes RABC et HACCP et à la sécurité des employés. Les appels d’offres ont donc été emportés par des sociétés qui importent à bas coup !
Pour compenser cette baisse de volume et pérenniser nos emplois et mon entreprise, j’avais décidé de nous retourner vers la fabrication d’emballages compostables en adéquation avec la loi sur la transition énergétique : sacs fruits et légumes, films de routage. Nous avions en effet plus de 10 ans d’expérience sur ces produits là. L’enjeu au niveau français étant de rapatrier en France les dizaines de millions de tonnes de sacs produits en Asie et de créer 4 000 emplois.
Malheureusement, malgré les promesses, ce Gouvernement n’a pas mis en place les contrôles indispensables au bon fonctionnement de cette loi et a laissé la porte ouverte à des fraudes et à un marché parallèle. Nous nous sommes donc retrouvé avec du matériel sans commande. Nous avons d’ailleurs un confrère qui lui aussi vient d’être mis en redressement judiciaire pour la même raison.
Nous avons aussi été pénalisé par l’incendie qui a touché Sigoplast qui était en contrat avec SEID, notre société fille.
Nous avons sonné à toutes les portes ! En vain…
Nous avons tenté une médiation avec les banques mais une de nos banques principales et la BPI (Banque Publique d'Investissement) nous ont bloqués. Nous demandions pourtant simplement le report d’un an des remboursements de crédits baux et en contre-partie, la SCI devait aider SES en suspendant ses loyers. Nous n’avions pas eu d’autres choix que de nous mettre en redressement judiciaire. Les prévisions sonnaient la mort de SES à mi-décembre !!! Malgré tous les coups personnels que j’ai reçus et les diffamations et menaces dont j’ai été victime, j’ai tenu bon et on est encore là et la situation financière de SES s’améliore sur les derniers mois. Depuis le début de la pandémie, SES fait face et répond présent sur les sacs prélèvements biologiques et les sacs pour le linge contaminé (et tous les autres produits). Sur les sacs pour le linge contaminé, nous avions commencé a anticiper depuis décembre car en 2009 nous avions vécu (et vaincu) une situation similaire. En effet, pendant le mois d’août, j’avais personnellement annulé mes vacances pour expédier en trois semaines l’équivalent de quatre mois de stock ! Personne ne l’aurait fait si SES n’avait pas été là.
Et actuellement, personne dans les importateurs et les gros distributeurs ne livre car ils n’ont plus de stock par manque d’anticipation !
Comme l’a dit M. Macron nous sommes en guerre ! Cette guerre nous la vivons de minute en minute chez SES. Nous faisons des arbitrages sans cesse pour dépanner tout le monde. Nous cherchons des solutions constamment. La demande actuelle à ce jour représente plus de 6 ans de vente !
Ce n’était pas le moment de statuer sur SES.
On ne change par un Général qui a 25 ans d’expérience en pleine guerre !!!
Je ne mets pas en doute les capacités de M. Baddredine à reprendre les rennes de SES, bien au contraire, mais dans une situation « normale » et en étant présent.
La Côte D’Ivoire est confinée !
La France est confinée !
Nous avons eu du mouvement de personnel : des départs, des gens en arrêts, en garde d’enfants !
Je remplace actuellement quasi quatre personnes !
Nous n’avons donc personne pour assurer une transition sereinement dans plusieurs services !
J’avais lancé il y a quelques jours un appel au secours sur les réseaux sociaux afin de renforcer notre trésorerie immobilisée actuellement dans nos matières premières et semi-finies. Mes posts ont suscité le plus vif intérêt avec des centaines de commentaires et ont été repartagés plus de 400 fois !
Là encore, les annonces des politiques sont dénoués de fondements. Les sociétés en redressement judiciaire ne sont pas aidées. C’est scandaleux ! Nous voulions garantir nos clients « publics » qui sont les gros consommateurs de nos sacs et qui ne peuvent pas payer comptant, la BPI nous a encore une fois éjectés. Là encore personne n’a voulu nous aider.
Nous nous sommes donc retournés vers nos clients « privés » qui vu l’urgence, nous ont avancé leur règlement. Une cagnotte participative devait être lancée hier soir.
La situation de SES était donc « sous contrôle ».
Personnellement je m’étais engagé à faire le maximum pour mes clients et à rester « à mon poste ». Je n’ai jamais laissé un client en panne ! Dans Stéfany Emballages et Services, il y a le mot « Services » Encore une fois, il n’y avait pas urgence de statuer.
La crise actuelle que vit les soignants, les hôpitaux, les maisons de retraites, les pompes funèbres, etc. est catastrophique et est une honte pour la France…
Personne n’a voulu anticiper en décembre. Il a fallu attendre le 1er mort en France avant que ça « ne bouge ».
On dépanne ceux qu’on peut en gants, en tabliers, en charlotte.
J’avais prévu des importations d’EPI pour dépanner… je suis contraint de les annuler la larme à l’œil… Et ce qui est le plus triste, c’est de constater que finalement le H1N1 n’aura pas servi de leçon et qu’il y a de grandes chances que ça continue comme cela… On continuera à importer des produits vitaux d’Asie. On ne sauve pas les entreprises qui sont au services de l’Etat !
A partir de vendredi, je serai à mon tour confiné chez moi. Mais ce qui est sûr, c’est que je ne compte pas en rester là.
Pour moi, j’aurais pu sauver mon entreprise si j’avais été aidé plutôt qu’enfoncé. J’aurais peut-être même réussi le challenge avec mes collaborateurs au vu de la conjoncture. J’envisage donc de déposer plainte. Il est anormal que l’Etat mette des entreprises en péril et il est anormal que la Région aide certaines entreprises en difficultés à coup de millions et pas d’autres. Quant à vendre une société pour 7% de sa valeur quand celle-ci est la seule actuellement sur un marché de plusieurs millions d’euros… »

> Voir notre reportage en septembre 2017 :

"Stop au marché parallèle de sacs plastiques" from Zoomdici Haute-Loire on Vimeo.

Vidéo : Carine Loubeau

 
Partager

Vous aimerez aussi



Commentez

Aucun commentaire pour cette actualité...

Soyez le premier à émettre un commentaire