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Sport-Santé-Culture-Civisme (2S2C) : pour une reprise progressive dans les écoles

Date : 11/06/2020 | Mise à jour : 12/06/2020 07:44
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Entre prolongement des apprentissages et "désengagement de l'État", le dispositif fait débat. Il a été adopté par un quart des communes disposant d'une école en Haute-Loire. Exemple à Espaly.

Pour gérer les élèves en surnombre en période de pandémie, le Ministère de l'Éducation Nationale a mis en place le dispositf 2S2C, qu'il incombe aux mairies de mettre en place, ou non. 
La crise sanitaire et les contraintes de distanciation entraînent des conditions d’accueil très particulières dans les écoles. Le nombre d’élèves pris en charge simultanément par un même professeur ne peut dépasser les 15 enfants (10 en maternelle).

> Voir notre reportage vidéo lors de la rentrée des classes le 12 mai dernier

Des enfants qui reprennent le chemin de l'école... et des parents qui doivent retourner travailler

Dans ces conditions, tous les enfants ne peuvent malheureusement pas reprendre un rythme scolaire normal, et les conséquences se répercutent également sur les parents, dont la très grande majorité a maintenant repris le travail. Ils sont donc contraints de s'organiser tant bien que mal et doivent souvent se limiter à une activité partielle, ce qui n'est pas sans conséquence non plus sur l'économie du pays. "C'est aussi pour répondre à un besoin des familles car le travail a repris et pour certaines, il n'est pas aisé de trouver un mode de garde", reconnaît Christiane Mosnier, deuxième adjointe à la mairie d'Espaly-Saint-Marcel en charge des écoles.

À l'école publique d'Espaly, qui compte normalement 110 élèves, environ la moitié a repris le chemin de l'école. Une proportion dans la lignée de la moyenne nationale.

Pour permettre aux parents de retrouver une activité normale et pour offrir aux enfants des activités éducatives sur le temps scolaire, ce dispositif permet aux élèves qui ne sont pas accueillis en classe, de participer à des animations autour du sport, de la santé, de la culture ou du civisme. "C'est aussi très important pour la sociabilité et ça se passe très bien car les enfants ont sans doute moins de craintes que nous, les adultes. C'est important pour eux de se retrouver en groupe et d'avoir le maître ou la maîtresse en face", ajoute l'élue espaviote.

"Ce n'est pas un centre de loisirs"

La commune d'Espaly met en place le dispositif 2S2C depuis ce jeudi 11 juin 2020 à la MJC (maison des jeunes et de la culture). Une convention a été signée entre la commune et l'inspection d'académie car il s'agit bien d'un dispositf conventionné par l'Éducation Nationale. "Ce n'est pas un centre de loisirs", prévient Christiane Mosnier, "c'est du temps scolaire et qui repose sur une convention passée avec l'inspection d'académie, donc le Ministère de l'Education Nationale". Notons d'ailleurs que le centre de loisirs fonctionne sur le reste du temps. 
"Nos cinq animateurs sont mobilisés", explique Agnès Cosme, la directrice de la MJC, "et ils font de l'aide au travail scolaire le matin, et des activités plus ludiques l'après-midi". Notons qu'il s'agit d'animateurs qualifiés et diplômés qui oeuvrent habituellement dans un centre de loisirs et qui ont donc les agréments de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion sociale et protection des populations).

Karaté, origami, jeux collectifs et documentaires pédagogiques

Ce sont essentiellment des activités sportives qui sont proposées, comme par exemple des initiations au karaté, mais sans contact, mesures sanitaires obligent. Des jeux collectifs et des activités manuelles, comme la création d'origamis) sont également au menu. Enfin des documentaires du type "C'est pas sorcier", peuvent être visionnés avec ensuite un débat entre élèves et animateurs.

Un dispositif critiqué par les syndicats...

Fin mai déjà, les syndicats, réunis devant l'Inspection d'Académie, avaient tiré la sonnette d'alarme sur un dispositif qu'ils jugent "créateur d'inégalités territoriales" et qui représente "un coût pour la collectivité et les familles". Selon l'intersyndicale, "le ministre instrumentalise la situation pour avancer dans son projet. Les enseignements qui sont pour lui fondamentaux comme les maths ou le Français incombent aux professeurs des écoles et le sport et la culture doivent être délégués aux collectivités territoriales".
Selon les syndicats, des matières comme l'EPS pourraient être externalisées, "avec un coût pour les collectivités, donc pour les familles".

... et par l'AMF (association des maires de France)

Le Comité directeur de l’AMF rappelle, dans un communiqué de presse du 9 juin (relayé par l'AMF43), son attachement à un retour de tous les élèves à l’école auprès des enseignants. Il considère que "le dispositif 2S2C doit demeurer exceptionnel dans le contexte de la sortie progressive du confinement, sur la base du volontariat des communes et ne pas perdurer après la rentrée scolaire 2020".
La mise en œuvre de ce dispositif se heurte en effet à "l’insuffisance et à la disparité des moyens humains, techniques et financiers dont disposent les collectivités, à l’image de la réforme des rythmes scolaires de 2013, et requiert une aide financière plus conséquente". De plus, il n’appartient pas aux communes et aux intercommunalités de se substituer durablement à l’Education nationale pour la prise en charge d’une partie du temps scolaire, qui ne relève pas de leur compétence.

Un choix politique qui aura un coût pour la collectivité ?

Une telle mesure a en effet forcément un surcoût pour la collectivité. Impossible à évaluer pour l'instant, il serait toutefois modéré pour un budget municipal compte tenu de l'aide de l'État (110 € par jour et par intervenant) et de la faible période (la convention ne va que jusqu'au 3 juillet).
Question à Christiane Mosnier : Il s'agit d'un choix politique qui aura un coût pour la collectivité ? Au risque de voir le dispositif pérénnisé, avec une possibilité de désengagement de l'État ?

(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur tablette ou smartphone)

"Le dispositif ne devrait rien coûter à bon nombre de communes du département"

Jointe par téléphone, l'inspectrice d'académie Marie-Hélène Aubry tient d'abord à préciser que le dispositif est "un succès en Haute-Loire, avec une proportion énorme de communes qui participent dans le cadre d'un partenariat exemplaire". Ensuite, concernant la position de l'AMF, elle assure que la position de l'AMF de Haute-Loire n'est pas du tout la même que celle de l'AMF nationale, car "en Haute-loire, on a des coûts bien moindres que dans les grandes villes et avec l'aide de 110 € par jour et par intervenant, le dispositif ne devrait rien coûter à bon nombre de communes du département".
D'après elle, sur la quarantaine de communes qui a signé la convention, très peu auront un surcoût, sauf celles qui ont fait le choix d'avoir plusieurs animateurs par groupe d'enfants. Enfin, concernant "le désengagement de l'État" évoqué par les syndicats, elle se contente de citer la somme de 285 M€ apportée par l'État pour l'ensemble des aides cet été, notamment les vacances apprenantes.

Maxime Pitavy




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img_journalisteB le 12 juin 2020 - 17h15
encore une fois la municipalité au Puy brille par son absence. ..pas de garderie. Comment peut on retourner au travail dans ces conditions???

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