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Saint-Etienne lutte contre la contrefaçon des circuits micro-électroniques

Date : 16/10/2016
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Démarré en 2013 et porté par Lilian Bossuet du Laboratoire Hubert Curien (CNRS) à Saint-Etienne (Carnot), le projet SALWARE propose aujourd’hui des pistes technologiques concrètes destinées à protéger la propriété intellectuelle des circuits intégrés, largement soumis à la contrefaçon.

Fléau exacerbé par la mondialisation et l’arrivée d’Internet, la contrefaçon n’épargne plus aucun secteur économique. Dans l’industrie micro-électronique, depuis quelques années, les circuits intégrés sont devenus la cible des contrefacteurs. A cause de leur complexité et de leurs coûts de production sans cesse croissants, de nombreuses sociétés du secteur se trouvent dans l’obligation de délocaliser leur production à l’étranger, un phénomène qui accentue encore cette contrefaçon. Entre 2001 et 2011, le nombre de circuits contrefaits saisis par la douane américaine a été multiplié par 700, dont 5,6 millions entre 2007 et 2010. Et on ne compte plus, aux Etats-Unis ou en Europe, les cas de circuits contrefaits décelés dans des applications grand public ou sensibles, telles du matériel militaire ou aéronautique.

C’est pour lutter contre le vol, la copie illégale et la contrefaçon des circuits intégrés – enjeu désormais crucial et stratégique pour la France et l’Europe - qu’est né en 2013 le projet SALWARE. Porté par Lilian Bossuet du Laboratoire Hubert Curien (CNRS/Université Jean Monnet Saint-Etienne/Institut d’optique Graduate School) et financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et la Fondation de la recherche pour l’aéronautique et l’espace (FRAE), ce projet vise l’étude (théorique et expérimentale) et la conception de matériels salutaires, difficilement détectables/contournables, insérés dans les circuits intégrés. Ces systèmes matériels ont pour fonction de fournir une information de propriété intellectuelle (marque de propriété, licence d’utilisation…) et/ou d’activer le circuit à distance après sa fabrication et/ou durant son usage. Le but est de protéger efficacement la propriété intellectuelle des industriels de la micro-électronique, de sécuriser la chaine d’approvisionnement des industriels de l’aéronautique et du domaine militaire, et de garantir la qualité et la sécurité des achats du grand public. Les retombées (industrielles, économiques et sociétales) envisagées sont nombreuses. Cette méthode protège la propriété intellectuelle mais ouvre de nouvelle possibilités commerciales, comme la "période d’évaluation". Il sera par exemple possible d’envoyer un circuit à un prospect pour "30 jours d’essai", pratique courante dans le monde des logiciels.

L’ensemble des travaux intéresse Algodone, issue du Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM – CNRS/Université de Montpellier). Cette start-up montpelliéraine est spécialisée dans la protection des blocs de propriété intellectuelle et la gestion des droits numériques et des licences en conception matérielle. Avec le LIRMM et l’équipe de Lilian Bossuet, elle entame une collaboration afin de trouver une voie de valorisation à ces travaux, à l’issue du financement du projet fin 2016.

Source: CNRS

*Lilian Bossuet est maitre de conférences à Télécom Saint-Etienne

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img_journalisteAnonyme le 17 octobre 2016 - 19h13
Un bel exemple une fois de plus de la qualité du travail et de l'innovation à Saint-Etienne. Des équipes passionnées et du travail collaboratif. Bravo !

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