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Sncf : ''Oui, la politique de la peur est de plus en plus utilisée''

Date : 29/09/2020 | Mise à jour : 01/10/2020 11:30
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Mercredi 30 septembre, Xavier Bousset, responsable cégétiste des Cheminots 43, a été convoqué à la gendarmerie pour outrage. Derrière cette notification sans grande gravité se cache, selon lui et les organisations syndicales, un procédé pernicieux de la direction SNCF pour dissuader les adhérents à montrer les crocs.

Le 23 janvier 2020, Xavier Bousset, secrétaire général du syndicat CGT des Cheminots de Haute-Loire, est présent lors d’un rassemblement en gare de Clermont-Ferrand contre le projet de réforme des retraites et la casse du service public ferroviaire. Durant cette mobilisation, un cortège de 150 à 200 cheminots se réunissent alors sur le parvis de la gare pour des prises de paroles. « La direction me reprocherait le fait que j’aurais traité de collabo' des agents ferroviaires en service, précise Xavier Bousset. Elle sait très bien que nous ne sommes pas là pour casser ou insulter les gens mais seulement pour défendre nos droits. Malheureusement, la direction tente par tous les moyens de criminaliser les responsables syndicaux afin d’effrayer et de donner l’exemple ».

« Ils veulent faire tomber des têtes »

Ce mercredi 30 septembre, Xavier Bousset a donc été convoqué en gendarmerie de Sainte-Florine pour y être entendu. « S’il y avait eu de la casse, des blessés ou d’autres faits graves, je comprendrais les motivations de l’entreprise en ce sens, confie Xavier Bousset. Mais c’est loin d’être le cas. Tout ça s’inscrit dans une démarche du patronat. Ils veulent faire tomber des têtes. » Pour illustrer son propos, il mentionne le cas d’Hervé Gonthier, secrétaire régional CGT cheminots, convoqué le 28 août à Moulins pour outrage et incitation à la haine. Ou encore Christophe Bouchex, secrétaire de l’union CGT locale de Clermont, pointé également du doigt par la direction. « Nous sommes tous des responsables syndicaux et nous sommes tous mis sous pression pour des faits futiles, ajoute-il. Alors oui, la politique de la peur est de plus en plus utilisée ».

« Cette méthode est très efficace car elle traîne sur les bancs des accusés un seul élément »

Xavier Bousset souligne aussi un détail d’importance selon lui. « Si vous attaquez comme la direction le fait les premiers militants, cela va forcément freiner les adhérents ou ceux qui veulent le devenir. Car elle porte plainte non pas contre l’organisation syndicale mais sur le nom et le prénom d’une personne en particulier. Cette méthode est très efficace car elle traîne sur les bancs des accusés un seul élément. Elle criminalise un cas. Cette situation peut être très dure à vivre personnellement. »



Qu'est-ce qu'une révocation ?

La révocation d'un fonctionnaire relève du droit public alors que le licenciement d'un salarié relève du droit privé. La révocation est la sanction professionnelle des fonctionnaires qui réprime les fautes professionnelles les plus graves de ces derniers. Une fois révoqué, le fonctionnaire perd la qualité de fonctionnaire à vie. En d’autres termes, il est renvoyé de la fonction publique sans pouvoir espérer y retrouver un emploi par la suite.

La menace de la révocation

D’après le syndicaliste, la liberté de parole des organisations de défense des travailleurs est de plus en plus mise au pilori. « Ça fait 20 ans que je suis à la SNCF, nous apprend Xavier Bousset. Avant, le délégué syndical était respecté par la direction et détenait une véritable liberté de parole. Aujourd’hui, cette époque est révolue. Ce que l’on craint le plus est que l’entreprise se serve de cette peur et de tous les prétextes pour multiplier les conseils de discipline en vue d’une révocation. »

En exemple, il cite l’affaire de Sébastien Claire, secrétaire de la CGT Cheminots à Moulins. Au mois de novembre 2019, la direction lui a reproché d’avoir affiché les coordonnées de deux dirigeants SNCF en astreinte pour que ces derniers puissent expliquer aux usagers pourquoi la gare était fermée à ce moment-là. « Après ce geste franchement léger Sébastien Claire a reçu une convocation en vue de sa révocation. Vous voyez où on en est ! »

« Si vous touchez un militant, vous touchez à toute l’organisation »

En soutien à Xavier Bousset et pour dénoncer cette tendance de « chasse aux sorcières » des dirigeants syndicaux, la CGT 43, le syndicat Force Ouvrière mais aussi le Parti Communiste et le Front de Gauche se sont réunis devant la gendarmerie de Sainte-Florine.
« Si vous touchez à un militant, vous touchez à toute l’organisation, prévient Pierre Marsein, secrétaire départemental de la CGT 43. Xavier Bousset n’a fait que défendre la profession et ses camarades. Il a été sanctionné pour ça. Les libertés syndicales ne sont pas négociables, elles sont déterminantes pour empêcher tout recul social et conquérir des droits nouveaux. La direction de la SNCF fait, depuis quelque temps, une attaque en ligne contre les syndiqués et les structures syndicales notamment la CGT. Elle tente de dissuader ses employés de rejoindre la protection d’une organisation et ainsi grossir le mouvement. Nous ne laisserons jamais tomber l’un des nôtres et nous le défendrons coûte que coûte ».

Nicolas Defay




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img_journalistepp le 1 octobre 2020 - 16h09
C'est la police de la pensée ,à la manière de 1984 d'Orwell . Même démarche de l'état en matière de relation entre l'écologie et la FNSEA qui a mis en place Demeter , système de dénonciation des opinions critiques .

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