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Roche Arnaud : les prof' demandent une médiation

Date : 22/05/2019 | Mise à jour : 22/05/2019 06:35
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Jusqu’ici, ils ne s’exprimaient qu’en interne. Ce mardi 21 mai 2019 au soir, des professeurs du lycée Charles et Adrien Dupuy du Puy-en-Velay ont pris la parole publiquement.

Ces représentants du personnel de trois syndicats (Cgt, Snes, Sud) demandent une médiation entre la direction et les élèves du Réseau Lycéen 43. Cette trentaine d’élèves risque huit jours d’expulsion pour avoir occupé l’administration, sans la bloquer. Ils réclament toujours le retrait de la plainte pour intrusion contre un étudiant de 21 ans venu les soutenir le 29 avril dernier. Leur pétition a été signée par 300 élèves et 29 enseignants, soit un tiers des prof’. Des prof qui regrettent l’exposition médiatique d’un groupe de jeunes qu’ils disent « porteurs de réflexions qui font honneur à une jeunesse engagée et dotée d’esprit critique ».

Voici leur communiqué :

"Communiqué de presse de l’intersyndicale CGT-SNES-SUD du lycée Charles et Adrien Dupuy - 21 mai 2019

    Représentants du personnel du lycée Charles et Adrien Dupuy, nous souhaitons dénoncer le durcissement du conflit que connaît actuellement notre établissement, mais aussi réaffirmer notre volonté de réinstaurer un dialogue qui puisse permettre de trouver une issue digne et constructive à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

    Voici un rappel chronologique des faits :

- le 29 avril, à l’appel du Réseau Lycéen 43, les élèves du lycée étaient appelés à une journée de mobilisation. Cette mobilisation s’est déroulée dans un climat de calme, aucune violence ni dégradation n’ont été à déplorer. Un ancien élève du lycée, frère aîné d’une lycéenne actuellement scolarisée chez nous, a été interpellé au motif d’une « intrusion », sans sommation. Il fait actuellement l’objet d’une plainte déposée par le Proviseur et est convoqué au tribunal en septembre prochain. Cet ancien élève a passé six heures en garde à vue, ce qui a indigné les élèves et les personnels. Nous précisons que c’est la troisième fois depuis février que la police intervient dans ce lycée public.

- aussitôt, l’équipe enseignante a souhaité rencontrer la direction du lycée afin d’instaurer un dialogue ; le retrait d’une plainte jugée disproportionnée et déposée trop rapidement – sans avertissement préalable – a été demandé afin de désamorcer le conflit naissant. À ce jour, 29 enseignants ont signé cette pétition, soit un tiers de l’équipe.

- les élèves, choqués, ont également réagi, et obtenu 300 signatures pour cette même pétition – une pétition qui a été refusée par la direction, ce qui a encore contribué à alimenter l’idée de l’impossibilité d’un dialogue. Les élèves ont aussi occupé symboliquement le bâtiment administratif, sans en bloquer complètement l’accès.

- depuis, la tension est encore montée d’un cran, avec la formulation de menaces d’exclusions temporaires à l’égard des élèves du Réseau lycéen 43, des menaces que certaines familles ont découvertes dans la presse locale. Les élèves subissent en effet une exposition médiatique qui nous inquiète : dans les interventions de l’administration académique, l’évocation répétée du contexte de Vigipirate, des attentats terroristes et des terribles dégradations du lycée voisin Jean Monnet, contribue à opérer une contamination médiatique dangereuse. Nous affirmons ici que ces invocations créent un amalgame et ont pour effet de brouiller, voire de salir, l’image du Réseau Lycéen 43 et de ses élèves. Or, qu’est-ce que le Réseau lycéen 43 ? un collectif formé par des jeunes porteurs des luttes de leur époque – dérèglement climatique, accueil des migrants… - c’est-à-dire porteurs de réflexions qui font honneur à une jeunesse engagée et dotée d’esprit critique. Nous, professeurs, souhaitons témoigner du fait qu’il s’agit de jeunes respectueux de l’institution scolaire, qui lisent et s’informent, bien loin du climat de violence souvent évoqué dans la presse.

- enfin, vendredi dernier, nous avons sollicité une audience auprès de Monsieur l’Inspecteur d’Académie afin de trouver – nous citons les termes du courrier – une solution « digne et constructive » au problème. A ce jour, aucune réponse ne nous a été transmise, ce que nous interprétons comme un refus du dialogue et que, bien sûr, nous regrettons.

    Nous, enseignants du lycée Charles et Adrien Dupuy, souhaitons donc :
- dénoncer la logique de bras-de-fer et le traitement autoritaire de cette affaire par l’administration. Nous sommes des éducateurs et, au nom des principes qui nous animent dans notre mission, souhaitons une autre résolution des conflits en milieu scolaire.

- trouver une porte de sortie non humiliante pour toutes les parties : il faut pour cela ouvrir la porte du dialogue. C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’une médiation qui pourrait permettre de réinstaurer un dialogue réel et responsable, seule voie possible face à un possible durcissement."






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img_journalistec le 23 mai 2019 - 12h40
Etre "doté de l'esprit critique" voudrait donc dire contester les lois de la République quand elles ne vous conviennent pas (intrusion d'une personne extérieure à l'établissement, par exemple) !

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img_journalister le 22 mai 2019 - 08h05
Ils ne cassent pas, ne brûlent pas ... ce sont "des jeunes porteurs des luttes de leur époque – dérèglement climatique, accueil des migrants… - c'est-à-dire porteurs de réflexions qui font honneur à une jeunesse engagée et dotée d'esprit critique. DOTEE D'UN ESPRIT CRITIQUE ! c'est bien ce qui dérange

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img_journalisteM le 22 mai 2019 - 07h00
Ouvrir le dialogue avec des gens qui sont persuadés de détenir la vérité et qui bafouent les règles élémentaires du vivre ensemble ? Que les profs se contentent d'éduquer et pratiquent comme les élèves leur activité militante en dehors de l'établissement et en dehors de leur activité professionnelle serait une bonne chose. Il existe sans doute un règlement intérieur donc aucune surprise sur les sanctions

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