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Revivez les commémorations du 11 novembre en images

Date : 11/11/2019 | Mise à jour : 11/11/2019 18:35
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La place du Martouret s'est décorée aux couleurs de la France pour commémorer l'armistice de 11 novembre 1918. Retour sur la cérémonie. (Galerie photos en bas de l'article)

Avant toute chose, il est bon de faire une mise au point sur l'un des plus grands conflits qu'a connu l'humanité et les dégâts qu'il a engendré. La Grande guerre, c'est plus de 18 millions de morts, dont 9 millions de civils. L'armée française a essuyé au total 1 400 000 décès, soit 27% des 18-27 ans. Tout un pan de la population envoyée au casse-pipe pour préserver la liberté de tout un peuple. On s'emploie depuis 101 ans maintenant à rendre hommage à tous ces morts tombés pour la France à la date du 11 novembre 1918, une date qui signera la fin du calvaire et la victoire des Alliés. Sept mois plus tard, la guerre sera définitivement entérinée lors d'un traité de paix à Versailles.

Démonstrations et remise de médailles

À 11h, une foule s'est réunie autour de la place du Martouret pour se remémorer les héros de la Première Guerre mondiale. Les chanteurs de la maîtrise de la cathédrale dirigés par Emmanuelle Magat se sont mis en place, accompagnés de musiciens de l'Atelier des Arts pour interpréter la Marseillaise et autres chants. Les pompiers étaient aussi au rendez-vous, même si une partie de ces derniers a se retirer de la cérémonie pour les besoins d'une intervention, parce que le devoir ne s'arrête jamais. Les militaires de la caserne d'Issoire ont aussi fait le déplacement pour être présents à la cérémonie et les porte-drapeaux brandissaient fièrement l'étendard tricolore. Le préfet Nicolas de Maistre en a d'ailleurs profité pour remettre le diplôme de porte-drapeau à Gaston Besson, membre de l'association nationale des PTT anciens combattants et victimes de guerre et le commandant du groupement départemental de gendarmerie Jean-Pierre Rabasté a remis au chef d'escadron Jean-Laurent Heyraud l'ordre national du mérite.

« C'est toujours un grand moment d'émotion »

Quelques jeunes de la section Croix-rouge de Lafayette se sont employés à lire des textes de guerre, comme Serina, 14 ans qui a raconté l'assaut des troupes allemandes sur les tranchées françaises : « c'était horrible parce que les militaires n'avaient jamais le temps de dormir, il y avait tout le temps des attaques. Heureusement qu'on ne connaît pas de guerres comme ça aujourd'hui » explique-t-elle après son passage. Des textes qui ne manquent pas de toucher la foule, comme Robert 67 ans du Puy-en-Velay : « Je viens toutes les années à cette cérémonie de la place du Martouret, c'est toujours un grand moment d'émotion » explique-t-il.

Voici l'extrait du texte lu à la cérémonie par Serina. Il raconte l'assaut des troupes allemandes sur les tranchées françaises (tirées du recueil de texte « Ceux de 14 » de Maurice Genevoix) :

Des frôlements doux sur la figure : ce sont des gouttes de pluie, larges, tièdes. Ai-je dormi ? Quelle heure peut-il être ? Le vent se lève, la nuit est noire toujours. Je distingue vaguement,un peu à droite et devant ma tranchée, un gros tas sombre : des bottes de paille amoncelées, dans lesquelles sont enfouis le commandant, le capitaine et leurs agents de liaison. Je vais essayer de me rendormir, lorsque quelques balles sifflent au-dessus de moi. Il m’a semblé qu’elles étaient tirées de tout près. Pourtant, il y a du monde devant nous ; je sais que ma compagnie est réserve des avant-postes. Alors ?Je n’ai pas le temps de chercher à comprendre. Brusquement,une fusillade intense éclate, gagnant de proche en proche tout le long de la ligne, avec une vitesse inouïe. Les détonations claquent aigrement. Aucun doute : ce sont les Boches qui tirent ; nous sommes attaqués.« Debout tout le monde ! Debout ! Allons, debout ! ». Je secoue le caporal qui dort près de moi. D’un bout à l’autre de la section, c’est un long bruit de paille froissée ; puis des baïonnettes tintent, des culasses cliquettent. Je me rappelle que j’ai vu le commandant et le capitaine descendre dans la tranchée, à ma droite, et qu’aussitôt des silhouettes noires se sont profilées à la crête toute proche, à peine visible sur le ciel sans clarté. Elles n’étaient pas à trente mètres quand j’ai aperçu les pointes des casques. Alors j’ai commandé,en criant de toutes mes forces, un feu à répétition. Juste à ce moment, des clameurs forcenées jaillissaient de cette masse noire et dense qui s’en venait vers nous :«Hurrah ! Hurrah ! Vorwärts !» Combien de milliers de soldats hurlent à la fois ? La terre molle frémit du martèlement des bottes. Nous allons être atteints, piétinés, broyés. Nous sommes soixante à peine ; notre ligne s’étire sur un seul rang de profondeur : nous ne pourrons pas résister à la pression de toutes ces rangées d’hommes qui foncent sur nous comme un troupeau de buffles.« Feu à répétition ! Feu ! »

 
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