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Rentrée scolaire : ''Le plus important est de leur faire reprendre goût à l’école''

Date : 01/09/2020 | Mise à jour : 02/09/2020 10:54
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Mardi 1er septembre 2020, des milliers d’élèves se sont retrouvés sur les bancs de l’école en Haute-Loire. Au collège Anne Frank, à Brives-Charensac, les 6ème ont ainsi découvert leur établissement pour la première fois dans un contexte sanitaire inédit.

Ah, la rentrée ! Revoir les copains, se prendre dans les bras, s’embrasser, échanger des éclats de rires et les postillons qui vont avec. Courir dans les couloirs en forçant un peu des épaules, faire goûter ce qu’on a pris à la cantine, prêter ses bouquins ou juste ses stylos. Une rentrée classique, quoi. Mais cette édition 2020 sera assurément inscrite dans les livres d’histoire du prochain tirage. Car, elle revêt une couleur autrement différente que les années précédentes. Une couleur aseptisée, directive, que les professeurs tentent de diaprer de toute leur volonté.

Découvrir l’établissement et les règles sanitaires

Comme au collège Anne Frank à Brives-Charensac, ils sont ainsi 12,4 millions en France, 223 352 en Auvergne et 39 075 élèves en Haute-Loire à s’asseoir à leur bureau ce mardi 1er septembre ou dans les jours qui viennent pour une nouvelle année scolaire . « Aujourd’hui, nous accueillons les 6ème qui sont au nombre de 60, détaille Évelyne Bourdon, la cheffe d’établissement. Demain, ce sera le tour des autres niveaux, c’est-à-dire les 186 étudiants de la 5ème à la 3ème. Nous avons souhaité fonctionner de cette façon parce que les 6ème n’ont pas eu la possibilité de connaître leur nouvel établissement auparavant étant donné que les portes ouvertes avaient été annulées à cause du confinement. D’autre part, cette rentrée est très particulière du fait des mesures sanitaires en place. »

« Nous pourrons scotcher le haut du masque et libérer le bas pour respirer plus aisément »

Les nouveaux élèves du collège Anne Frank, comme les autres niveaux, devront respecter des consignes strictes et obligatoires pour tous. Se laver les mains à chaque entrée et sortie de l’établissement, suivre le sens de circulation matérialisé par des flèches jaunes et noires collées au sol, ne changer ni de table, ni de salle de cours afin d’éviter le brassage des élèves sauf pour se rendre dans les salles de physique-chimie et les cours d’EPS (Éducation Physique et sportive).

Et surtout, porter un masque dès leur entrée sur le site. « Les seuls moments où ils pourront l’ôter sera à la cantine une fois assis devant leur assiette, et durant les cours de sport, souligne Évelyne Bourdon. Ils devront le porter également dans la cour de récréation sauf s’ils se trouvent à plus de trois mètres d’une autre personne. Pour les enfants qui se sentiraient oppressés par une trop longue présence du masque, nous pourrons scotcher le haut du masque et libérer le bas pour respirer plus aisément ».

« Nous ne laisserons jamais un enfant dehors s’il n’a pas de masque avec lui »

Chaque jour, un élément du collège comme le CPE (Conseiller Principal d’Éducation) s’assurera du lavage des mains et du port du masque. « Au minimum, les élèves se désinfecteront les mains six fois dans la journée, précise Évelyne Bourdon. Il y aura une surveillance assez intensive pour que toutes les mesures sanitaires soient suivies. Si un élève arrive au collège sans masque, on pourra lui en fournir mais on indiquera aux parents qu’il faut absolument que leur enfant soit équipé. Si ce même élève réitère cet oubli, nous contacterons les parents pour connaître leurs situations. Pour certains, s’équiper en masque signifie un budget important. En tous cas, nous ne laisserons jamais un enfant dehors s’il n’a pas de masque avec lui. »

La proviseur du collège estime entre 2 et 3 000 euros par an les frais supplémentaires que pourraient générer l’achat de tous les produits nécessaires tels que gel hydroalcoolique, masques, lingettes et autres pour minimiser la présence et la transmission du coronavirus.

Les professeurs de langue inquiets pour dispenser leurs cours

Selon Évelyne Bourdon, les enseignants, eux-mêmes cantonnés aux mêmes restrictions sanitaires que les élèves, sont très enthousiastes. « Ils sont ravis de revenir !, assure-t-elle. Travailler à distance derrière un écran pendant le confinement s’est avéré très compliqué. Les seules matières où les professeurs sont inquiets, voire stressés, sont les cours de langues. » L’Allemand, l’Anglais et l’Espagnol sont enseignés au collège Anne Frank. Et comme dans tous cours de langue, la phonétique et la visualisation de la bouche pour émettre les sons sont primordiales à l’apprentissage. « On attend de voir si le rectorat peut nous fournir en masques spéciaux transparents qui laissent voir la bouche car les visières en plexiglas ne sont pas autorisées, confie Évelyne Bourdon. Sinon, nous les achèterons nous-mêmes. »

Les timides forcés d'hausser la voix


Du côté des élèves, la proviseure craint que certains soit gênés pour communiquer. « Les enfants timides ne parlent pas fort, naturellement, explique-t-elle. Mais peut-être que le port du masque va, au contraire, les forcer à s’exprimer plus intensément. En même temps que mon rôle de chef d’établissement, j’anime les cours de théâtre. Les élèves devront apprendre à échanger avec un masque sur leur visage en s’exprimant de façon plus claire et plus forte qu’en temps normal. »

Un nettoyage de printemps quotidien

Pour la désinfection des objets, le collège a mis en place tout un programme sanitaire quotidien. « Même si les élèves doivent se laver les mains avant de toucher par exemple un ballon de foot, ce même ballon sera désinfecté par le professeur d’EPS à chaque nouveau cours, nous apprend Évelyne Bourdon. Les 70 postes informatiques présents au collège sont tous recouverts de cellophane que les enseignants et les agents d’entretien nettoient chaque jour. »

À la cantine, les couverts sont préalablement disposés sur les plateaux pour que les jeunes étudiants n’aient pas à piocher dans le tas. 80 % des effectifs sont demi-pensionnaires dans le collège brivois, autrement dit environ 196 élèves. L’établissement est équipé de quatre escaliers. « Les élèves qui montent ne pourront pas croiser ceux qui descendent grâce au sens de circulation mis en place », ajoute la cheffe d’établissement.

« On va aussi se concentrer fortement sur le harcèlement scolaire »

Mais au-delà du spectre sanitaire qui caractérise cette si étrange rentrée scolaire 2020, Évelyne Bourdon tient à préciser que l’objectif principal reste la remise à niveau des élèves.
« Nous allons surveiller le respect des mesures sanitaires pour guider l’enfant plus que fliquer, insiste Évelyne Bourdon. Mais le plus important est de leur faire reprendre goût à l’école après une temps de pause long et particulier. On va utiliser les temps d’études pour une remise à niveau destinée à ceux qui en ont le plus besoin. Le dispositif de l’Aide aux devoirs sera effectif dès la semaine prochaine où des classes de 6 élèves seront dirigées par un professeur, ceci afin de prendre du temps sur les lacunes de chacun et les rectifier. On va aussi se concentrer fortement sur le harcèlement scolaire. Le retard de certains élèves dû au confinement pourrait être l’objet de railleries et nous voulons absolument éviter ça et toutes les conséquences que ces attitudes peuvent engendrer ».

Nicolas Defay

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img_journalisteN le 1 septembre 2020 - 20h13
Effectivement le plus important est de leur faire reprendre goût à l école, au fait on parle bien des profs ....il y de nombreux prof decrocheur disparus depuis le17 mars !! J'espère sincèrement que ceux là le rectorat les a retrouvé et mis au coin!!! F DINTILHAC

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