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Projet de décharge à Cayres: "élus, entendez-nous!"

Date : 10/03/2012 | Mise à jour : 26/06/2012 13:52
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Salle comble pour le collectif Préservons le plateau du Velay volcanique. En pleine campagne électorale, il entend enfoncer le clou dans son combat contre Sita-Suez. Avec toujours au cœur des débats, la question de l’eau.

"La mobilisation ne faiblit pas." C’est le message apporté par la réunion publique qui se tenait vendredi 9 mars, à 20h30 à Cayres, et par la foule d’habitants, motivés par un combat qui dure déjà depuis deux ans. Le véritable enjeu : la démonstration des dégâts potentiels d’un projet de décharge sur la commune.

David contre Goliath

"Beaucoup pensaient que le combat était fini, après l’attribution de la gestion et du stockage des déchets à Vacher-Praxy. Mais la société Sita-Mos n’arrête en rien son projet" rappelle le collectif. Pour preuve, la bataille juridique en cours : deux audiences en cour d’appel, notamment celle de la famille Vialla (l'un des propriétaires du terrain convoités à Cayres-Séneujols qui s'est rétracté depuis son accord en 2009). 

Rappel du projet

Sita-Suez souhaite implanter une décharge sur "le plus gros plateau volcanique d’Europe et une des terres les plus riches du département", où pousse notamment la lentille verte AOC.
Cela comprend deux zones d’une surface de 21,8 hectares, pour un total de 210 tonnes par jour, ou 800 000 tonnes en 20 ans d’exploitation. Le stockage se ferait sur 20 à 30 mètres de hauteur, pour une surface de 1 500 m² de déchets à ciel ouvert.


Suivant l’issue, de grandes avancées peuvent voir le jour et l’enquête publique démarrer dans les prochains mois. "Si la famille Vialla gagne, tout est fini car la question du foncier est essentielle." note Thibault Soleilhac, l’avocat du collectif depuis sa création en 2009. "Le contentieux central se passe en ce moment, avec la demande d’annulation de l’autorisation préfectorale d’exploiter." autrement dit, l’annulation du permis de construire.
Il rappelle que "ce n’est pas parce que le projet Vacher est en route que Sita va annuler le sien. Il est difficile dans ce genre de lutte de maintenir la mobilisation. Gagner ou perdre ne tient pas à grand-chose. Le but stratégique de la manœuvre des procédures est d’enrayer le processus. Les pelleteuses seraient sinon déjà en route."

70 000 consommateurs

Le but du collectif est de "faire reconnaître le caractère inopportun d’une décharge à Cayres sur le plateau du Devès." Et surtout, conjointement, de "préserver la qualité de l’eau du Puy-en-Velay". Outre les nuisances impliquées par le projet, olfactives, sonores, routières, dégradation de la flore, du paysage, dévaluation des biens et des personnes, maladies et autres prédateurs, le cœur du problème est un enjeu "environnemental, sanitaire et économique : la menace qui pèse sur les eaux du Besson-Roulon", les lieux-dits de Chacornac, L’Herm, Cayres et Auteyrac étant situés sur un "château d’eau".
Cette eau potable naturelle, non traitée, de qualité et peu onéreuse, dessert le bassin du Puy (dont Aiguilhe, Coubon, Chadrac, Saint-Germain-Laprade) et le bassin de l’Emblavez (dont Malrevers, Beaulieu, Saint-Vincent). C’est une quarantaine de communes et lieux-dits qui est concernée. Environ 70 000 habitants consomment cette eau, c’est-à-dire 29% de la population du département. Le site prévu pour la décharge, situé sur un terrain très perméable où les eaux s’infiltrent, est aussi potentiellement inondable.

Actions à venir


- contacter les communes desservies par l’eau du Devès,
- rencontrer les candidats aux élections législatives,
- suivre le projet de Parc naturel régional du Haut-Allier-Margeride,
- vide-grenier à Cayres le 1er juillet pour rassembler des fonds,
- finale départementale de labour le 26 août sur le site de Cayres.


"La légalité est pour nous"

Le combat du collectif Préservons le plateau du Velay volcanique (PPVV) n’est pas isolé. Il a reçu de nombreux soutiens, notamment des pouvoirs publics. Le Conseil général a, dans une lettre de février 2012 signée de son président Gérard Roche, attesté que "en application du plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés, le projet de centre de stockage de Cayres-Seneujols ne présente aucun intérêt public".
La Communauté d’agglomération du Puy a préféré le projet de gestion des déchets ménagers de Vacher-Praxy, qui exige la valorisation des déchets à hauteur de 90% et donc met l’accent sur le tri sélectif, et s’est donc opposé de facto à Sita-Suez. Enfin, la Communauté de communes Cayres-Pradelles a reconduit son accord qui la lie à la Lozère et l’intègre dans le schéma départemental de cette dernière.
Malgré tout, les élus "font la sourde oreille". Le collectif profite de la période électorale, des présidentielles et des législatives : "Nous ferons tout pour que les engagements soient respectés. L’inutilité de ce projet et sa dangerosité potentielle sont pour nous un thème majeur de campagne électorale." Jean Proriol, député UMP de Haute-Loire, s’en fait l’écho : "Nous avons à lutter contre ce projet, qui a l’unanimité contre lui. Mais il faut agir dans la légalité, et elle est pour nous.


Emilie Monnereau

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img_journalisteLV le 13 mars 2012 - 08h44
La solution retenue avec l'entreprise Vacher permettra de valoriser 90% de nos déchets; une méthode novatrice en France, qui fera de l'Agglomération un modèle national. Pour notre territoire, ce sont 10 000 tonnes par an qui seront valorisées. Il restera dans ce cas, seulement 10% à enfouir et ce reliquat sera traité sur un site existant. LNV

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img_journalisteS le 12 mars 2012 - 13h38
C'est un dossier en gestation depuis plus de 15 ans avec de vives polémiques autour de différents projets de centres d'enfouissement à Chastel Ligou, à Magnore ou dans l'Emblavez, qui ont été abandonnés face à une protestation très forte. L'équipe autour de L. Wauquiez et M. Joubert a pris ses responsabilités et trouvé une solution concrète.

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img_journalistejg le 12 mars 2012 - 11h03
Puisque la pollution des eaux semble être la préoccupation du PPVV, pourquoi n'a-t-on pas évoqué au cours de la réunion les risques liés 1) à l'épandage massif de lisier de 1000 porcs par le propre frère du président su r 70 ha de l'Herm? 2) aux décharges non réhabilitées situées sur les zones humides de Cayres et près du captage des eaux qui ont accueilli pendant des décennies sans la moindre précaution toutes sortes de déchets? Et si l'eau du Roulon passait par là??

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