Société

Privés d'emploi, mais pas de parole

La caravane du comité national CGT des privés d'emploi faisait escale au Puy ce mercredi 23 novembre. Forts de nombreuses revendications, les responsables syndicaux n'ont cependant pas été reçus en mairie du Puy.
Cette caravane CGT "budget de vie" sillonne l'hexagone depuis le 6 juillet dernier. Au total, ce sont 60 villes qui devraient la voir passer d'ici la fin de l'année.



La santé et les loisirs sacrifiés

L'objectif de cette caravane est de mener une vaste enquête sur l'organisation du budget des moins favorisés : les chômeurs et les travailleurs précaires. Le formulaire est composé de 10 questions et permet de faire le point sur la gestion du budget des plus petits revenus.
Si l'enquête ne sera publiée qu'en 2012, les premiers résultats montrent que ce sont les postes "santé", "appareillage" (oculaire ou dentaire) et "culture, loisirs et vacances" qui sont prioritairement sacrifiés par les faibles revenus français. En effet, les dépenses sont focalisées sur le loyer, l'alimentation et l'éducation des enfants selon les premiers résultats de l'enquête.
Jean-François Kiefer, secrétaire général du comité national CGT des privés d'emploi, rappelle que pour les chômeurs, les dépenses sont supérieures aux rentrées d'argent et que les postes prioritairement sacrifiés sont ceux de la santé et des loisirs. Ecouter.





Une caravane victime de son succès

Les délégations de chômeurs, venues de plusieurs départements, représentaient une quarantaine de personnes. Elles sont allés à la rencontre d'autres personnes privées d'emploi, Place du Breuil et à Pôle Emploi, en leur demandant de remplir le formulaire et d'indiquer le revenu dont ils auraient besoin pour vivre dignement.
Victime de son succès, l'organisation a déjà recueilli 3 000 budgets de vie, l'initiative sera prolongée jusqu'à la fin de l'année alors qu'elle devait s'arrêter le 3 décembre. "Ça nous permet déjà d'avoir une vision sur les territoires puisqu'on peut analyser au niveau des départements mais surtout au niveau national, ça nous permet de savoir où sont les gens les plus en difficulté et dans quelle catégorie ils se trouvent", explique Jean-François Kiefer.



Un SMIC à 1700 euros net

Mais ce n'est pas parce que l'on est privé d'emploi que l'on n'a pas de revendications. Jean-François Kiefer les égrène : "la première, c'est déjà d'avoir un travail stable et correctement rémunéré et quand on y parvient pas, on voudrait au moins avoir les moyens de vivre dignement, tout simplement. A cet effet, on demande qu'il y ait un revenu de remplacement qui soit à hauteur de 80 % du dernier salaire ou du SMIC".
La CGT est la seule organisation syndicale à se préoccuper des privés d'emploi. Le chômage et la précarité font partie des principales préoccupations du syndicat qui revendique un SMIC à 1700 euros net immédiatement. "Une augmentation générale des salaires premettrait de relancer la consommation et ainsi une relance de la croissance, ce qui conduirait à des créations d'emploi", synthétise le secrétaire général du comité national CGT des privés d'emploi.



Taxer les entreprises exploitant la précarité

Une des revendications de la CGT repose sur la taxation des entreprises qui exploitent la précarité. "Par exemple, une entreprise qui emploie 80 % de son personnel en CDD et Interim, il faut qu'elle soit taxée plus fortement qu'une entreprise qui aurait davantage de contrats stables. Il y a de nombreux moyens de faire rentrer de l'argent dans les caisses", ajoute Jean-François Kiefer .
Une autre revendication du syndicat repose sur l'industrie : "on a besoin d'un véritable plan industriel aujourd'hui en France pour qu'on évite les délocalisations. Ça permettrait de relancer l'économie et de créer des emplois".



"Le cancer de la société, faut regarder où il se trouve"

En réaction aux propos récents du ministre maire de la ville du Puy, le syndicaliste dégaine : "le cancer de la société, faut regarder où il se trouve : dans tous les cadeaux fiscaux faits par le gouvernement depuis des années aux plus aisés.
Regardez la défiscalisation des heures supplémentaires... Sans cette aberration , 440 000 emplois à temps plein auraient été créés. Laurent Wauquiez ne respecte pas les pauvres gens, rien que le prix de son costard doit être supérieur aux revenus des plus précaires... ", conclut-il avec une pointe d'ironie, probablement déçu que la délégation n'ait pu être reçue en mairie malgré l'absence du premier magistrat de la ville préfecture.



Maxime Pitavy

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  • mP - le 28 novembre 2011 - 21h46 Signaler un abus
    Je suis contre le travail au noir car il faut bien payer des charges pour faire vivre la société mais en FRANCE, je pense que celui-ci est cultivé. D'une part avec le chômage et les emplois préquaires. Et d'autre part pour ceux qui travaillent avec des salaires trop bas. Quant à la fin du moi, les uns ou les autres n'arrivent pas à joindre les deux bouts, il faut qu'ils se nourissent quand même.

  • mP - le 28 novembre 2011 - 21h34 Signaler un abus
    Pour un soit disant maire de droite sociale, chapeau. Plus de démagogie que de social. En tout cas, je vois que le plan de monter les français les uns contre les autres fonctionne à merveille. d'un côté les artisans, d'un autre les agriculteurs, d'un autre les chaumeurs, d'un autre les fonctionnaires... Dommage que les Français n'arrivent pas à faire la part des choses et se rassenblent au lieu d'ecouter les anneries de nos gouvernants.

  • p - le 27 novembre 2011 - 13h33 Signaler un abus
    La France est et doit rester un pays de liberté d'expression. La mairie et ses représentants sont élus. Le fait de ne pas entendre les revendications populaires est un outrage aux principes de la république. M. Wauquiez et ses administrés n'ont peut-être pas besoin d'entendre les rumeurs de la rue pour constater l'échec d'une politique élitiste.

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