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Prison ferme pour le retraité escroc

Date : 25/05/2011 | Mise à jour : 25/05/2011 07:27
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Un retraité ponot de 62 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay mardi après-midi pour escroquerie, abus de confiance et menace avec arme. Ses victimes, toutes retraitées, étaient des personnes vulnérables dont il a abusé.

62 ans et 19 mentions au casier judiciaire, on peut dire que le prévenu n’en était pas à son premier coup d’essai. Si l’on cumule ses condamnations, il a déjà passé 12 ans de sa vie derrière les barreaux. Pourtant, depuis 2004, il avait su se faire oublier des tribunaux mais début 2011, le retraité replonge.

 

En à peine trois semaines, 1 500 euros ont déjà disparus

Alors qu’il est pris en charge par l’association le tremplin au Puy-en-Velay, le prévenu rencontre fin mars un homme âgé et vulnérable qui lui confie être poursuivi par un huissier pour une dette. Le prévenu propose alors au malheureux de mettre son argent sur son compte pour éviter les poursuites, ce qu’il accepte. 5 000 euros, ce sont toutes ses économies. Mais en l’espace d’à peine trois semaines, 1 500 euros ont déjà disparus.
L’association aura écho de cet abus de confiance et forcera le prévenu à rembourser la victime, à qui il versera 3 152 euros. A la barre, inflexible, le prévenu prétend avoir voulu rendre service à sa victime et que l’argent dérobé ne faisait que compenser la "prestation", avançant même qu’il lui a payé le médecin. Le tribunal sort alors de ses gonds : « quand on voit la litanie de votre casier judiciaire, on a du mal à croire que vous ayez voulu être son bienfaiteur ».

 

Il lui met un couteau (à pain) sous la gorge

Mais le retraité n’en reste pas là. Au dispensaire des Carmes (hôpital de jour), il rencontre une femme de 73 ans début avril. Ils sympathisent et elle finit par accepter de l’héberger provisoirement. Trois semaines plus tard, elle décide de mettre fin à la cohabitation mais il refuse. Elle tente alors de s’enfuir mais n‘y parvient pas. Il lui vole son téléphone portable pour qu’elle ne puisse pas appeler de secours. Elle mettra finalement deux jours à sortir de chez elle, après qu’il l’ait menacée en lui mettant un couteau (à pain) sous la gorge.
Avant de partir, le prévenu a pris le soin de dérober quelques bijoux et une collection de pièces d’or, « sur le coup de la colère », avance-t-il dans un premier temps à la barre avant d’expliquer qu’il s’agissait en fait d’une sorte de salaire pour les nombreux services et tâches de maintenance qu’il aurait effectuées au domicile de sa victime.

 

Commettre encore de menus larcins

Mais le temps de son séjour chez la septuagénaire, il a eu l’occasion de rencontrer une amie de cette dernière. Là encore, il en profite pour commettre de menus larcins. « Je lui avais montré mon arme et il s’était proposé de la faire expertiser », explique la victime à la barre. Elle ne la reverra jamais. Elle lui avait aussi donné 50 euros pour qu’il répare son fauteuil : il a pris l’argent mais n’a entrepris aucun travaux sur ce dernier. « Ces 50 euros, je les rembourserai », lâche-t-il calmement à la barre.

 

La victime menacée pour qu’elle ne se présente pas au tribunal

Enfin, il rencontre un troisième retraité dans un café avec lequel il se lie rapidement d’amitié. Le malheureux accepte de l’héberger pendant trois jours. Suffisant pour se faire dérober sa carte bancaire et le code qui va avec. Aucun retrait frauduleux ne sera cependant effectué sur ce compte. Le prévenu donne sa version des faits : « j’avais gagné beaucoup d’argent aux jeux alors on a arrosé ça. Nous étions complètement saouls et comme nous sommes à la même banque, je me suis simplement trompé et j’ai cru récupérer ma carte bancaire ».  Cette dernière victime n’est pas à la barre. Entre les faits et le jugement, elle aurait été menacée par le prévenu, « un acte très grave » que ne manquera pas de souligner le Ministère Public, représenté par Marianne Berthéas.
Le prévenu sera finalement interpellé le 27 avril 2011 dans un hôtel en possession de 2 600 euros en espèce (l’argent qu’il avait gagné aux jeux), du revolver qu’il devait faire expertiser, des bijoux et du téléphone de la deuxième victime et de la carte bleue de la dernière. La collection de pièces d’or a entre temps été revendue dans un commerce ponot (pour environ 560 euros), elle a depuis été restituée à sa propriétaire.

 

 

« Un parasite dont il est difficile de se débarrasser »

Lors de ses réquisitions, le Ministère public évoque « un parasite dont il est difficile de se débarrasser et qui nécessite une sanction » : une peine de 15 mois d’emprisonnement est demandée ainsi qu’un mandat de dépôt. Alors que les parties civiles demandent toutes de l’argent pour le préjudice moral occasionné, l’avocate de la défense s’indigne des réquisitions du Ministère Public et de la façon dont a été traité son client, soufflant au passage l’idée d’une expertise psychiatrique, et donc d’un report. 

 

Après délibérations, le tribunal correctionnel du Puy a reconnu l’individu coupable de tous les faits qui lui sont reprochés et a décidé de rentrer en voie de condamnation en prononçant une peine de 18 mois d’emprisonnement. Un mandat de dépôt a été immédiatement délivré « pour éviter d’autres menaces envers les victimes », s’est justifié le Tribunal.

Concernant les dommages et intérêts, la première victime recevra 3 062 euros, la septuagénaire menacée avec un couteau recevra 2 500 euros et la victime s’étant fait dérober son revolver et escroquée pour son fauteuil 50 euros. Les autres victimes ne se sont pas portées partie civile.

 

Maxime Pitavy

 
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