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Pradelles : les parents d'élèves prêts à bloquer la RN 88

Date : 14/03/2016 | Mise à jour : 16/03/2016 15:35
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Depuis l'annonce d'une fermeture de classe, la colère monte mais l'Inspecteur d'Académie vient d'arrêter une rencontre le 23 mars, alors que les écoles de St-Paul-de-Tartas et de Pradelles doivent fusionner, malgré une guerre de clochers en toile de fonds.

Lors du Comité Technique Spécial Départemental (CTSD) du 12 février, l'Inspection d'académie n'avait pas encore tranché la situation concernant la carte scolaire sur les écoles de Pradelles et de Saint-Paul de Tartas.
Saint-Paul est une école qui décline (9 élèves prévus en 2016, 6 en 2017). "C'est l'archétype de la petite école rurale, avec une classe unique", décrit L'inspecteur d'académie Williams Semeraro.
Tandis que Pradelles est au-dessus des seuils de fermeture avec 22 élèves prévus. Mais les maires ont accepté l'application de la convention pour un aménagement durable des territoires scolaires avec l'association des maires de Haute-Loire et l'académie du 14 octobre dernier.
Les élus des deux communes concernées ont été reçus à l'Inspection d'académie le 1er mars. Il a été décidé un Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI) avec ces deux écoles. Comprenez une fusion des deux écoles, avec une maternelle d'un côté et une primaire de l'autre.

"L'école de Pradelles sacrifiée sur l'autel du maillage de la carte scolaire"

Depuis le Conseil départemental de l'éducation nationale (CDEN) de ce mardi 8 mars, il est désormais prévu de supprimer un équivalent temps plein à Pradelles pour un passage à une classe unique. Ce vendredi, les parents d'élèves de l'école de Pradelles se sont réunis. Très remontés, ils menacent de passer à l'action, comme bloquer les RN88 et 102, car ils estiment : "l'école de Pradelles a été sacrifiée sur l'autel du maillage de la carte scolaire". 

Le rat des villes contre le rat des champs ?

Le maire de Pradelles estime que l'Inspection d'Académie "tire des plans sur la comète" et ne demande l'avis que "des grands élus et des sénateurs, mais pas des petits maires. Pour eux, on n'est que de la m...". Notons tout de même que les deux maires concernés ont été conviés le 1er mars à l'inspection d'académie pour aborder ce RPI.

Les deux élus s'accordent à qualifier la situation de "guerre de clochers"

Sous la forme d'une guerre de clochers, les parents d'élève de Pradelles considèrent que ce RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) bénéficie sous sa forme déconcentrée à l'école de Saint-Paul-de-Tartas, au détriment de leur école « le balcon de l'Allier ». Le maire de la commune, Stéphane Bourgoin, est formel : "je ne signerai pas le RPI en l'état, j'ai consulté les parents mais la seule solution que nous envisageons, c'est un RPI concentré, avec toutes les classes à Pradelles".
Son homologue de Saint-Paul-de-Tartas, Michel Adam, est plus consensuel : "les deux écoles sont menacées, c'est le moyen de les conserver. Les parents de St-Paul-de-Tartas sont d'accord pour amener leurs enfants à Pradelles, mais ça ne marche pas dans l'autre sens". Les deux élus voudraient évidemment conserver le maximum d'élèves sur leur commune et s'accordent à qualifier la situation de "guerre de clochers" et reconnaissent "un contexte démographique particulier nécessitant une réflexion et une réorganisation".


Info toute fraîche : on décidera le 23 mars

Selon les parents d'élèves de Pradelles, une classe de maternelle serait maintenue sur le site de Pradelles et une classe de primaire verrait le jour à Saint-Paul-de-Tartas, "ce qui officiellement ferait deux écoles au palmarès de l’académie, mais sur les faits un poste d’enseignant a bien été supprimé", dénoncent-ils. En réalité, rien n'est encore arrêté et tout devrait être décidé le 23 mars prochain.
L'inspecteur d'académie Williams Semeraro a organisé une réunion d'information, avec les parents d'élève, les deux maires concernés, le secrétaire général de la préfecture et le Président de la communuaté de communes. Info toute fraîche car l'invitation a été envoyée ce mardi matin à 10h.

Un professeur pour 10 élèves

Le taux d'encadrement pourrait faire rêver mais n'était plus tenable. "Ce n'est jamais un plaisir de fermer des postes mais je ne pouvais par garder trois professeurs pour 30 élèves sur ce bassin de vie, car c'est forcément au détriment des autres écoles", constate Williams Semeraro.

Les enfants en otages dans un sombre chantage

On peut comprendre que des parents ayant un enfant en maternelle et l'autre en primaire soient mécontents de cette situation, qui peut accroître leur fréquenation de la cantine par exemple. La problématique des transports est en revanche un peu superficielle, la communauté de communes s'étant engagée à en prendre la charge. On peut toutefois reconnaître que le carrefour de la pierre plantée (RN102 et RN88) est particulièrement accidentogène.
Reste enfin un argument mis en avant par les parents d'élève : "autant scolariser nos enfants à Langogne". Selon le maire, déjà 16 élèves de sa commune (dont ses propres enfants, "pour des raisons personnelles") y sont scolarisés et si l'école est à St-Paul-de-Tartas, "c'est 80 % qui iront à Langogne". Pour l'inspecteur d'académie, "c'est du chantage".

"Notre école n'est pas en ruine non plus..."

Notons enfin que les parents d'élèves de Pradelles s'insurgent de voir l'école de la commune voisine maintenue car les habitants, via leur participation fiscale, devront ainsi entretenir les deux structures. Et bien sûr, ils considèrent : "l'école de Pradelles a investi récemment dans du matériel informatique, notamment un tableau et des tablettes numériques, que ne possède pas actuellement l'école de Saint-Paul-de-Tartas, sans oublier que l'accueil et les locaux sont de moins bonne qualité, avec ni préau, ni réfectoire de cantine".
Un argument qui n'est guère du goût de Michel Adam, maire de Saint-Paul-de-Tartas : "notre école n'est pas en ruine non plus, elle a été rénovée il y a deux ans, tout va bien, et nous possédons nous aussi un tableau numérique". Autant de polémiques qui ne font qu'entretenir cette fameuse guerre de clochers, et qui ne vont pas faciliter les négociations en vue d'un accord, alors que Williams Semeraro conclue : "le vivier est tari et ces deux écoles étaient en train de mourrir. C'est une décision qui relève de l'aménagement du territoire, elle est difficile mais c'est le seul moyen d'y maintenir une offre scolaire pérenne".


Maxime Pitavy


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img_journalisteNG le 17 mars 2016 - 21h29
La fermeture d'une classe dans une école de campagne est toujours une mauvaise nouvelle pour la commune. Là, pourtant, les arguments pour défendre la situation ne sont pas tenables. L'école n'est pas une "famille", elle doit socialiser les enfants : maintenir des classes à 10 élèves c'est condamner la progression et l'intégration des enfants et en plus en dilapidant de l'argent public. J'ai été en classe multi-niveaux et franchement j'aurais été moins "neuneu" en ville.

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img_journalisteVN le 15 mars 2016 - 17h51
Tous les élus présents au CDEN ont voté pour cette carte scolaire, sauf une qui s'est abstenue. Les représentants des syndicats et des parents d'élèves ont voté contre ou se sont abstenus, se trouvant confronté à un manque évident de moyens. Il faut demander plus de ses élus. Ils doivent faire ce pour quoi ils ont été élu et montrer l'exemple en scolarisant leurs propres enfants dans les écoles publiques de proximité.

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img_journalisteA le 15 mars 2016 - 13h13
Le maire de Pradelles scolarise-t-il ses propres enfants dans l'école publique de sa commune ???

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