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Poutès : les associations prêtes à forcer le barrage

Date : 17/06/2011 | Mise à jour : 17/06/2011 19:56
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Alors que le dossier du barrage de Poutès semblait dans une impasse (l'arbitrage de l'Etat se fait attendre depuis quatre ans), les associations écologistes tirent à nouveau la sonnette d'alarme et se disent prêtes à passer à l'action si aucune décison officielle n'est rapidement prise.

Alors que les associations écologistes étaient plutôt optimistes il y a un an après que l'Etat, EDF et les associations aient signé une convention dite "pour l'électricité durable", les voilà aujourd'hui remontés comme des pendules et prêtes à passer à l'action. "Nous sommes indignés", lâche l'un des représentant des associations écologistes (en référence aux mouvements de contestation actuels en Espagne ou encore en Grèce), "on se sent floués, trahis".

 

Un barrage "hors la loi"

En effet, suite à cette convention, toutes les parties semblaient avoir trouvé un point d'accord sur une solution alternative qui prévoyait la disparition du barrage de Poutès et la construction d'un seuil qui permettait de maintenir 80 % de la production électrique tout en permettant le passage des saumons.

Ce barrage constitue un obstacle pour le saumon atlantique (salmo salar), une espèce dont le stock aurait chuté de plus de 75 % au cours des 20 dernières années. Il a disparu des grands fleuves comme le Rhin ou la Dordogne. Désormais, la Loire et l'Allier sont les derniers fleuves et rivières d'Europe continentale à lui offrir une continuité écologique préservée entre l'estuaire et les sources.



Mais EDF rend finalement son étude avec cinq mois de retard (ce qui permet de gagner du temps et de maintenir l'exploitation du site) et le projet a été modifié puisqu'il ne s'agit plus d'un seuil de 2 mètres comme prévu initialement, mais plutôt de 3 à 5 mètres.

De plus, "le cahier des charges n'a pas été respecté", souligne Martin Arnould, chargé de programme Rivière Vivante, "le barrage ne dispose légalement plus des autorisations pour fonctionner et les lois européennes vont dans notre sens", ajoute-t-il. Si l'Etat continue à ignorer les obligations européennes, il devra certainement payer une amende, "avec l'argent des contribuables", rappelle Ludovic Frère, de la fondation FNH.

 


Un rayon de soleil

Dans ce ciel ombragé, les associations écologistes perçoivent tout de même un rayon de soleil. Le nombre de saumon est en forte augmentation cette année puisque le recensement du côté de Vichy fait état ses derniers jours du passage de 681 saumons, contre 227 l'an dernier. Il s'agit là du 3ème meilleur résultat depuis 1996.
Et pourtant, les associations affirment qu'un saumon sur quatre ne parvient jamais à passer l'obstacle de Poutès. "Une colonne d'attente est en train de se former au pied du barrage", explique Roberto Epplé, Président de SOS Loire Vivante. "M.Proriol nous avait promis que le jour où nous verrions beaucoup de saumons au pied du barrage, nous pourrions en reparler. Nous y voilà arrivés", glisse-t-il avec malice.

 

 

"La machine à cash n'est pas plus importante que l'environnement"

Unanimement, les associations contestataires ironisent sur "un barrage, érigé par du lobbying, afin que Poutès demeure". Mais pour elles, la rentabilité de ce barrage reste tout à fait relative par rapport aux autres sources de production d'électricité dont dispose EDF (solaire, éolien, etc...) et quand bien même, "l'enjeu dépasse en fait largement le saumon, c'est tout un écosystème qui est en danger. La machine à cash n'est pas plus importante que l'environnement", ponctuent-elles.
Roberto Epplé estime que des solutions alternatives pourraient être envisagées afin de générer davantage d'emplois et de production électrique dans le respect de l'environnement. Pour lui, le vrai barrage, ce sont les parlementaires altiligériens. Ecouter.




Ultimatum

Les associations attendent désormais une annonce de la ministre de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui ne s'est jusqu'à présent jamais exprimé sur ce sujet. Jeudi prochain, le 23 juin, ça fera un an que la convention a été signée. Il serait alors de bonne augure que la ministre prenne position car les ONG considèrent cette date comme un ultimatum et se disent prêtes à passer à l'action avec plusieurs opérations, notamment se rendre au barrage pour qu'il cesse de fonctionner, si aucune avancée n'est constatée d'ici là.



Maxime Pitavy



>> Retrouvez un dossier complet sur le barrage de Poutès Jeudi 23 juin 2011 sur Zoomdici.fr.

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img_journalisteB le 21 juin 2011 - 17h13
"Poutès représente une goutte d'eau pour la production d'électricité ???"... Avec une production moyenne de 82 millions de kWh, le complexe hydroélectrique de Monistrol d'Allier produit chaque année l'équivalent de la consommation domestique de 50.000 habitants soit le 1/4 de la Haute-Loire ! C'est quand même une grosse goutte d'eau qui permet également d'économiser l'équivalent de 18 millions de tonne de pétrole chaque année !

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img_journalisteHM le 21 juin 2011 - 13h53
Si l'on souhaite élargir un tout petit peu le débat, la remontée du saumon dans nos milieux ruraux, représente un potentiel économique et touristique considérable, (une étude a été réalisée et chiffrée sur le Haut-Allier); Poutès représente une goutte d'eau pour la production d'électricité. Il est dommage qu'il n'y ait pas d'élu visionnaire, et qui ose se mouiller sur ce sujet. Le saumon et la truite ne sont sans doute l'affaire que de quelques fous. Les abeilles aussi d'ailleurs, etc, etc ...

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img_journalistefg le 21 juin 2011 - 09h11
Donc bravo il faut détruire un barrage qui gene personne puisque même de la route on ne voit que la retenu d'eau, pour les saumons il y a un ascenseur ce barrage permet quand même l'alimentation électrique d'environ 15000 personnes (si mes calculs sont bon...) il permet notamment d'alimenter en électricité les villages au alentour en cas de coupure de courant. De plus c une énergie continue.... au fait combien de saumons arrivent au pied du barrage ?

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