Société

Pour ou contre l'adoption d'enfant par des couples homosexuels ?

L'association Alliance Vita a organisé un rassemblement mardi midi Place Cadelade au Puy pour manifester son opposition au mariage et à l'adoption des couples homosexuels. L'occasion de faire le point sur un dossier brûlant.
"On ne veut surtout pas poser un jugement sur des façons de vivre de la part d'adultes mais nous voulons vraiment recentrer ce débat autour de l'enfant", explique en préambule Virginie Malartre, déléguée départementale de Vita en Haute-Loire.
Pour elle, "l'enfant déjà fragilisé par des accidents de la vie et le processus d'adoption ne doit pas être en plus privé d'un papa et d'une maman".

"Mettre l'enfant au coeur du débat"
L'association Alliance Vita a été créée en 1993 au moment des premières lois de bioéthique "dans le but de protéger les plus vulnérables et la dignité humaine". L'association repose sur deux piliers : un service d'écoute et d'aide pour les personnes confrontées aux accidents de la vie et un deuxième volet sur la sensibilisation du grand public sur des thématiques variées. Elle compte 105 équipes départementales et plus de 37 000 soutiens en France.
Ce mardi 23 octobre, pas moins de 75 rassemblements avaient lieu sur le territoire "pour mettre l'enfant au coeur du débat". En Haute-Loire, c'est au Puy-en-Velay, Place Cadelade, qu'environ 60 personnes s'étaient réunies dans le but de réaliser une scénographie singulière. Ainsi, les hommes s'étaient assis d'un côté et les femmes de l'autre pour symboliser "la réalité et la complémentarité homme-femme dans le couple de parents, que rien ne peut remplacer". Les 75 mobilisations d’Alliance VITA sont une première étape dans la perspective d’actions régionales ou nationales de plus grande ampleur, auxquelles l’association s’apprête à s’associer.

Des familles diverses en France
L'association s'oppose donc à l'adoption des couples homosexuels, estimant que l'équilibre de l'enfant est ainsi bouleversé : "il a besoin de cette complémentarité essentielle, biologique, et structurante pour son éducation", insiste Virginie Malartre. Le slogan de la manifestation : "un papa. Une maman. On ne ment pas aux enfants" souligne que la loi instituerait un mensonge d’Etat, "en faisant croire à un enfant qu’il pourrait avoir deux papas, ou deux mamans".
Si elle concède que les familles sont aujourd'hui diverses en France, avec notamment de nombreuses familles monoparentales, Virginie Malartre estime que la société est là pour les aider et que ça n'ouvre en rien la porte à l'adoption pour les couples homosexuels. Ecouter.


Déjà plusieurs cas en Haute-Loire
 Si le phénomène est difficile à chiffrer, on sait qu'il y a plusieurs cas en Haute-Loire d'enfants élevés par des couples homosexuels, ausi bien masculins que féminins. Les seules difficultés rencontrées dans ces cas concernent l'ancienne vie des parents, avec des femmes n'acceptant pas, par exemple, que leurs maris les aient quittées pour un autre homme. Aucun problème concernant les enfants n'a encore été signalé en Haute-Loire.

L'adoption est particulièrement compliquée en France, même pour un couple hétérosexuel. La majorité des adoptions françaises se font en fait à l'étranger où les mécanismes sont souvent plus souples. Dans la majorité des cas, une adoption est extrêmement onéreuse et les temps d'attente importants.

Car si la loi ne le permet pas encore, la situation existe bien pour autant. Il s'agit par exemple d'adultes ayant déjà des enfants et qui refont leur vie avec un partenaire du mêm sexe. Dans ce cas, des enfants sont élevés par des couples homosexuels, au moins en garde alternée. Les femmes peuvent également trouver "un géniteur" et décider d'élever l'enfant seule, ou avec une conjointe. Cette loi aurait au moins le mérite d'équilibrer les chances entre les hommes et les femmes, ces dernières ayant de surcroît majoritairement la garde des enfants.

Chemin de croix
La rédaction de Zoomdici a tenté de trouver un contrepoids aux opposants de la loi dans le tissu associatif local. Un véritable chemin de croix. Déjà, la Haute-Loire est l'un des seuls départements de France à ne pas posséder d'association LGBT (ndlr : Lesbiennes, Gay, Bi et Trans), les relais se font dans la Loire ou dans le Puy-de-Dôme.
L'AEMO (ndlr : Action Educative en Milieu Ouvert) a été contactée, "mais la structure ne fait pas de politique", et ne souhaite pas se positionner "en l'absence d'étude approfondie sur le sujet". La rédaction a aussi joint la fédération de Haute-Loire des familles rurales. Sa présidente, Mme Sabot, reconnaît être "personnellement favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, mais ce point de vue n'engage pas ma fédération". Enfin l'UDAF (ndlr : Union Départementale des Associations Familiales) de Haute-Loire n'a pas encore tranché : une réunion est prévue vendredi soir, portant sur divers sujets, dont son positionnement sur cette problématique. Son directeur gérant Olivier Degauquier souligne tout de même "il faut prioriser les droits de l'enfant sur les droits à l'enfant", avant de rappeler : "les sollicitations que l'on reçoit ici ne sont pas du tout de ce registre, elles portent sur le pouvoir d'achat, le logement, la santé... Le problème des familles altiligériennes, aujourd'hui, c'est surtout la précarité".

Une "Gay Friendly" au Puy
A force de persévérance, nous avons fini par trouver une commerçante ponote arborant sur sa vitrine un autocollant "Gay Friendly". Il s'agit de Béatrice, gérante de la boutique Les Mariés de Mariley. Elle est la seule du bassin du Puy a afficher cette mention et en explique la symbolique : "cet autocollant signifie tout simplement que les homosexuels sont les bienvenus dans la boutique. Je suis hétérosexuelle et je lance simplement un appel à la tolérance".
Favorable à l'adoption d'enfant par les couples homosexuels, elle argumente : "de toute façon, ça existe déjà, même en Haute-Loire. Il s'agit juste de leur donner des droits. Mon militantisme, c'est de ne pas interdire". Mais l'équilibre de l'enfant n'est-il pas mis en danger ? "Je ne crois pas, ce qui est important, c'est que le couple fonctionne bien, qu'il se respecte, qu'il soit stable. L'enfant a d'abord besoin d'amour et d'attention, l'orientation sexuelle de ses parents passe au second plan". Notons enfin qu'elle ne juge pas nécessaire que le peuple soit consulté sur cette problématique, rappelant qu'il s'agit d'un "engagement de campagne du Président de la République François Hollande, qui a été élu démocratiquement".

Combien d‘enfants concernés en France?
D’après les chiffres produits par l’INED (Institut National des Etudes Démographiques), on peut faire une estimation du nombre d’enfants concernés. Le nombre de couples de même sexe représenterait environ 1% de l’ensemble des couples. En supposant qu’un couple de même sexe sur 10 vit avec des enfants et que ces couples ont en moyenne deux enfants (probablement moins dans la réalité), on tombe sur une fourchette de 24 000 à 40 000.
En retenant le chiffre le plus élevé et en sachant que le nombre d’enfants dans la population française avoisine les 16 millions, on arrive à 0,0025 % de la population infantile élevé par un couple homosexuel, soit un enfant pour 40 000.

L'enfant reproduit-il toujours le schéma de ses parents ?
L’étude de Bailey (1995) porte sur 85 enfants adultes (âge moyen 25,3 ans) de parents homo ou bisexuels. Elle annonce un taux de 9 % de bi ou homosexuels chez ces enfants alors que la proportion se situe plutôt entre 1 et 3 % de la population générale.

Des études assez contradictoires
De nombreuses études ont été réalisées sur cette problématique, et les résultats sont pour le moins variés. Chacun pourra y trouver son compte. La plupart révèlent que l'enfant élevé par un couple homosexuel n'en subira aucune conséquence néfaste. D'autres mettent en exergue l'important taux de divorce chez les homosexuels (études principalement menées en Scandinavie où le mariage est légal depuis une dizaine d'années) : le risque de divorce serait supérieur à 50% pour les gays et à 167% pour les lesbiennes.
Si l’on suit l’évolution chronologique des études sur l’homoparentalité, on remarque qu’on passe d’une position plutôt hostile au milieu des années 90 à une position franchement favorable dans la première décennie des années 2000 avec des études largement influencées par les groupes de pression LGBT qui en sont souvent les mandataires. Au début des années 2010, on semble revenir à des positions plus nuancées mais toutefois très réservées.


Maxime Pitavy

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Voir les 32 commentaires   Déposer un commentaire

  • R - le 1 novembre 2012 - 11h57 Signaler un abus
    C'est normal qu'il n'y ait que des "aînés" dans la foule ?? Ah pardon, c'est vrai que ce sont eux qui fondent notre société, désolé. Le Puy Welcome

  • r - le 29 octobre 2012 - 17h38 Signaler un abus
    Je suis pour ! On ne tombe pas amoureux d'un sexe mais d'une personne , c'est d'échange de coeur dont on parle, de partage, chacun peut aimer qui il veut.Et pour tout ceux qui parle d'équilibre de l'enfant perturbé, ne pensez vous pas qu'il vaut mieux un modèle familial aimant, qu'une famille d'un couple hétéro qui se bat par exemple? tout après est une question de lui expliquer quand il grandit, de ne jamais lui cacher et de montrer comment c'est à coté,

  • MA - le 28 octobre 2012 - 20h47 Signaler un abus
    Demandons l'avis aux enfants d'homos http://www.youtube.com/watch?v=wZx10DxtXvQ Les préjugés porteurs de haine empêchent bien souvent aux humains de se comprendre. Seule une ouverture d'esprit permet de changer de paradigme et de voir les choses sous un angle nouveau et souvent libérateur. L'ignorance porteuse de rumeurs est la cause de tant de guerres dans notre Histoire qu'il serait temps d'arrêter de savoir qui a raison. Seul l'Amour a raison. Enrichissons nous de nos différences

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