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Pas de profs depuis 45 jours à l’IME du Chambon/Lignon

Date : 23/10/2020 | Mise à jour : 26/10/2020 18:29
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Depuis le 8 septembre, 17 enfants porteurs d’un handicap mental n’ont plus que 2 heures de cours par semaine au lieu de 12 habituellement. Un mépris total pour les parents d’élèves.

Ils ont tout tenté. En vain. « Nous avons essayé de joindre Laurent Wauquiez depuis le 18 septembre mais nous n’avons eu aucune réponse, se désole Laurence Domergue, porte-voix des parents et des enfants concernés. On a ensuite interpellé Stéphane Barthélémy qui est le conseiller technique en charge de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves en situation de handicap à l’Inspection Académique de la Haute-Loire. Sa réponse est qu’il n’y a pas de solution car il n’y aurait aucun enseignant remplaçant disponible à cause du Covid. »

Elle poste alors la question : « Cela signifie quoi ? Que nos enfants sont moins importants que les autres ? Tous les gouvernements successifs veulent briller en mettant en avant leurs actions en faveurs de ce genre de publics et là, on a l’impression que tout le monde s’en fout ! »

Un congé maternité suivi d’un arrêt maladie

L’IME (Institut Médico-Educatif) Synergie 43 de la Croix-Rouge Française accueille au total 62 enfants de 6 à 20 ans sur les sites de Monistrol-sur-Loire, Yssingeaux et le Chambon-sur-Lignon. Une semaine après la rentrée 2020, 17 enfants âgés de 14 à 18 ans et scolarisés sur le site du Chambon sont quasi dépourvus d’enseignements scolaires faute de professeurs en place.

« L’enseignante titulaire est en congé maternité depuis la rentrée, explique Laurence Domergue. Elle a été remplacée par une seconde enseignante qui s’est mise à son tour en arrêt maladie à partir du mardi 8 septembre. Depuis cette date-là, seul un professeur vient assurer deux heures de cours par semaine au lieu des douze normalement au programme pour nos enfants ! »
Ce professionnel est affecté à la hauteur d'une journée par semaine, le jeudi précisément, contre 4 jours habituellement.

Marie-Hélène Aubry, Inspectrice Académique de la Hte-Loire :

"Ce sont des enfants avec des parcours scolaires très adaptés. Ils ne sont pas seuls et restent très encadrés malgré l’absence d’enseignants. Il faut savoir qu’actuellement, nous sommes en tension permanente quel que soit le public scolaire pour les recrutements de professionnels de l’enseignement".

Défaillance de l’Éducation Nationale

Synergie 43 propose un accompagnement global qui se compose d’apprentissages scolaires, de prises en charges éducative, thérapeutique et sociale. La Croix-Rouge Française et l’Éducation Nationale ont conclu ainsi une convention aux termes de laquelle des enseignants spécialisés sont mis à disposition de l'établissement par l'Education Nationale. Un contrat apparemment loin d’être respecté par l’Inspection Académique, exposant des semaines durant ces 17 enfants à des carences scolaires très préjudiciables pour eux.

« L'ensemble des familles en question (...) revendique le droit à l'éducation pour tous les enfants, quel que soit le handicap »

« Depuis le 8 septembre, les professionnels de l’établissement continuent tant bien que mal à pallier l'absence de l'enseignant, souligne Laurence Domergue. Ils proposent par exemple divers ateliers thérapeutiques et éducatifs. L'ensemble des familles en question, familles qui se battent déjà au quotidien pour le bien-être de leur enfant au sein du foyer, revendique le droit à l'éducation pour tous les enfants, quel que soit le handicap, comme un droit fondamental, Covid ou pas ! »
L’absence de solutions et encore plus de réponses se traduit ainsi par un sentiment de mépris et d’indifférence éprouvé de plein fouet par les parents d’élèves.

Les enfants laissés au bord de la route

Remontées et blessées, les familles accusent les graves défaillances du système de l’Éducation Nationale et le déséquilibre d’intérêt porté selon le public impacté. « Comment se fait–il à l'heure actuelle que des enfants déjà en grandes difficultés soient encore laissés au bord de la route ?, posent-ils à travers la voix de Laurence Doumergue. N'est-il pas du devoir de l’État de mettre à disposition des enseignants et de soutenir ces enfants et ces familles dans l'accès à l'éducation ? »

« Nous sommes vraiment navrés de ce que subissent et ce que peuvent ressentir les familles »

De notre côté, nous avons réussi à joindre Marie-Hélène Aubry, l’Inspectrice Académique de la Haute-Loire. « C’est une situation en effet très préoccupante que nous prenons très au sérieux, assure-t-elle. Malheureusement, ce n’est pas que nous n’avons pas assez de professionnels, c’est que le Covid en a soit rendu malade soit mis en situation de cas contact. »

Elle précise : « Ce genre de poste est uniquement départemental et nous ne pouvons pas faire appel à des enseignants spécialisés d’autres départements. Nous sommes vraiment navrés de ce que subissent et ce que peuvent ressentir les familles mais il n’y a pas de solutions pour l’instant. Stéphane Barthélémy reste très vigilant sur ce dossier et nous espérons, sans pouvoir l’assurer, qu’un enseignant sera présent à la rentrée du 2 novembre ».

Nicolas Defay

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img_journalisteBA le 29 octobre 2020 - 18h12
Conséquence de fermetures de postes depuis plusieurs années et d'enseignants (notamment d'enseignants spécialisés) qui quittent l'éducation nationale et changent de profession...

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img_journalisteR le 28 octobre 2020 - 06h41
A l'inspection, il y a des profs lèche c... qui n'ont plus envie de gérer des classes. Plus proche du pouvoir, c'est mieux pour l'avancement, la paye et les palmes. Un peu comme à l'ESPE, ce grand bâtiment où on n'apprend pas grand chose et qui délivre un master 2 sans valeur. Et je ne parle pas des inspecteurs, les meilleurs ex profs... Effectivement, ça fait du monde qui n'est pas sur le terrain. Notons que c'est pareil pour les salariés du privé qui veulent être mutés au siège.

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img_journalisteDC le 27 octobre 2020 - 20h33
Retraité de l'EN, je ne suis pas surpris de cette situation. L'EN comme la Santé ont vu depuis 30 ans la bureaucratie prendre le pouvoir sur les gens de terrain: enseignants et soignants. L'ia et les directeurs d'hôpitaux pleurent aujourd'hui. De qui se moquent ils ? Ils ont justifié et "géré" toutes les suppressions de poste, au nom du libéralisme,uniquement préoccupés par leur carrière personnelle ! Plus d'instits, de profs, d'infirmiers de médecins et moins de cadres inutiles et nocifs

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