Depuis 1995, le château d'Arlempdes résonnait des rires et des pleurs du théâtre tous les mois de juillet avec le festival des Théâtrales du Velay. Dix soirées dans un cadre majestueux pour un public fidèle et conquis. Mais à 20 euros la soirée, buffet et apéritif campagnard compris, depuis sa création, le festival n'arrivait pas à se maintenir à flot. Conséquence : l'édition 2010 avait dû être annulée faute de financements.
Edition réduite l'an dernierMais en 2011, l'espoir renaissait grâce notamment à l'investissement du Conseil régional d'Auvergne (
lire l'article). L'an dernier, le festival s'était donc tenu, mais de façon beaucoup plus modeste. Aucun spectacle n'avait eu lieu dans l'enceinte du château, un dispositif trop cher à mettre en place. Il avait donc fallu monter la scène sur la place du village, aux pieds du château. D'autre part, une partie des pièces s'étaient jouées à Pradelles, autre « plus beau village de France » du Sud du département avec Arlempdes.
Les collectivités veulent réduire la voilurePour continuer l'aventure, les organisateurs, l’Association des Théâtrales du Velay, ont tenté d'obtenir de plus amples crédits de la part des collectivités locales, mais là, ils se sont heurtés à des exigences qu'ils n'acceptent pas. «
Cette décision, expliquent-ils,
est motivée par l’impossibilité, pour le moment, de concilier l’expression de deux volontés : celle de partenaires institutionnels qui enjoignent les organisateurs de restreindre la durée du festival à 3 jours, au lieu de 10 habituellement, (quitte à ne plus jouer dans le château d’Arlempdes ou même à transférer la scène des spectacles dans un autre village) ; et celle de l’équipe organisatrice de réinvestir le sommet du rocher d’Arlempdes et l’enceinte du château. »
Trop cher pour 3 soirsPour eux en effet, «
il n’est pas raisonnable de transformer les ruines du château en théâtre d’été à ciel ouvert pour y accueillir le public pour trois soirées seulement, au lieu de la dizaine traditionnellement proposée aux spectateurs. Car les efforts intenses, nécessaires à l’équipement et à l’installation de ce lieu ô combien envoûtant, méritent que public et artistes puissent s’y retrouver pour un nombre de soirées significatif. »
Le salut dans le privé?Depuis des années, l'association des Théâtrales tentent d'obtenir des soutiens financiers de la part de sponsors privés, comme des fondations, mais c'est un travail de longue haleine. «
L’avenir permettra peut-être de trouver les moyens de poursuivre cette aventure, espèrent-ils,
certes en la renouvelant comme l’impose de le faire tout projet vivant, mais en conservant intact cet état d’esprit qui en a fait son succès : mise en valeur et respect du lieu, qualité et diversité des spectacles, enthousiasme et générosité de l’accueil des artistes et du public, et enfin sincérité et audace de l’engagement de tous les participants. »
Annabel Walker
ft - le 29 mai 2012 - 18h05 Signaler un abus
c'est une triste nouvelle. Le théâtre est une forme de culture aux multiples facettes et possibilités. Les acteurs s'expriment, pour eux c'est un défi : apprendre les textes, les jeux, jouer et satisfaire un public. Pour que le théâtre continuie il faut des spectateurs, des acteurs, et de l'argent. Mais ce n'est pas encore dans l'air du temps en Haute Loire.