Où en est le conflit social à Union Plastic ? sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)

logo_zoom

Où en est le conflit social à Union Plastic ?

Date : 13/01/2020 | Mise à jour : 15/01/2020 08:12
Partager

Si la direction assure "le conflit est derrière nous", les syndicats dénoncent "un abus des ordonnances Macron" ayant conduit au départ de 23 des 180 salariés du site de Saint-Didier en Velay.

Union Plastic est une entreprise de Saint-Didier-en-Velay qui compte 180 salariés et qui oeuvre dans la branche spéciale de la plasturgie fournissant les laboratoires pharmaceutiques et le monde médical, qui travaille beaucoup sur la région Auvergne Rhône-Alpes et qui présente des produits variés, allant de la cuillère à la pipette, en passant par du matériel par exemple pour les dialyses.
Ce sont donc beaucoup d'objets à usage unique (deux milliards de pièces plastiques sont produites chaque année) dans un segment de marché où les affaires vont bon train : Union Plastic réalise en 2018 un chiffre d'affaires de 25 794 100 €. Le total du bilan a augmenté de 21,84 % entre 2017 et 2018. Étant "reconnu mondialement des industries de la santé pour ses solutions plastiques innovantes", le groupe est également présent sur le marché vétérinaire, du diagnostic et de l'innovation.

Revoir le temps de travail ou la rémunération sans justifier de difficultés économiques

Les accords de performance font partie des ordonnances Macron; ils permettent de revoir aussi bien le temps de travail que la rémunération dans les entreprises, sans que la direction n'ait besoin de justifier de difficultés économiques.

Du "chantage à l'emploi" découlant des ordonnances Macron

Entré en vigueur en janvier 2018 dans le cadre de la réforme du Code du travail (ordonnances Macron), l’APC (Accord de Performance Collective) va tout de suite inquiéter les équipes au printemps dernier. Les syndicats dénoncent "un chantage à l'emploi" puisque l'accord va conduire à "une diminution de nos avantages, pour sauver l'équilibre financier de l'entreprise", explique Audrey Minot, repésentante du personnel à la CFDT, syndicat majoritaire, à Saint-Didier-en-Velay.
Dans certains cas, des salariés auraient perdu "six jours de RTT en moins, une demi-heure de pause payée vingt minutes", ou encore des "heures supplémentaires payées 20% au lieu de 25%". En outre, l'accord prévoit plus de flexibilité et de polyvalence sur les postes de travail. Pour "la survie du site", l'accord est finalement signé mais 23 salariés le refusent... et prennent la porte.

"Il faut anticiper, ne pas attendre d'être au pied du mur pour se réorganiser et poursuivre son développement"

"Il ne s'agit pas d'un licenciement", explique Frédéric Gounon, directeur général, "c'est à leur initiative, puisqu'ils ont refusé l'accord, et certains ont même profité des conditions de départ". Selon le dirigeant, il s'agissait d'un "accord d'avenir, pas d'une menace. Il faut anticiper, ne pas attendre d'être au pied du mur pour se réorganiser et poursuivre son développement".
La repésentante du personnel à la CFDT dénonce "un monologue" et affirme qu'il s'agissait "plus de l'intimidation que du dialogue". Un piquet de grève sera alors planté début novembre, avec un débrayage d'une heure sur chaque poste... pendant un jour seulement. La direction assure de son côté avoir "maintenu le dialogue et la concertation".

Les salariés augmentés de 2 % et des médailles du travail

Si la direction assure "le conflit est derrière nous", depuis la grève de début novembre, des inquiétudes demeurent selon les syndicats qui ont vu l'APC entrer en vigueur au 1er janvier 2020. "On voit des salariés en larmes dans les ateliers", pointe du doigt Audrey Minot, "et l'hémorragie continue, avec des compétences qui partent, des presses à l'arrêt, des commandes en berne, des effectifs non remplacés...".
Le directeur général du site de Saint-Didier-en-Velay rétorque : "tous les salariés ont été augmentés de 2 % en janvier et on a récompensé 41 salariés de la médaille du travail, avec la gratification qui l'accompagne".

Greenwashing

Dans un secteur souvent décrié par rapport aux enjeux de développement durable, le groupe a investi 1M€, "sur nos fonds propres" (Ndlr), pour installer des panneaux photovoltaïques ce qui lui permet d'assumer 15 % de ses besoins énergétiques grâce à cette énergie propre.

Nouveau site en Tunisie : "extension ne signifie pas délocalisation"

Reste enfin la crainte de voir les emplois délocalisés après le développement d'un site en Tunisie en 2016 : "on voit partir beaucoup de nos produits à l'étranger", témoigne la représentante du personnel mais Frédéric Gounon se veut rassurant : "extension ne signifie pas délocalisation, c'est un raccourci simpliste. Il s'agit d'une filiale qui nous permet de répondre à des besoins sur le marché international, avec une présence au Maghreb". 
Il rappelle également que le site, qui appartient à un groupe familial depuis 1955, n'avait connu aucun investissement depuis 1993 et qu'en 2018 et 2019, "on a investi plus de 3,5M€ avec de nouvelles lignes de production", avant de conclure : "on a de la valeur ajoutée à Saint-Didier, il n'est pas du tout question de fermer ce site, bien au contraire".

Maxime Pitavy




Vous aimerez aussi



Commentez

img_journalistec le 15 janvier 2020 - 19h55
Il est vrai qu'avec la CGT, l'entreprise aurait fermé depuis longtemps !

Signaler un abus

img_journalisteg le 15 janvier 2020 - 08h40
Fallait-il s'attendre à autre chose dans cette boite en ayant la CFDT comme syndicat majoritaire...?

Signaler un abus