Militants incarcérés en Israël : le témoignage d'une altiligérienne
Date : 12/07/2011
- Mise à jour : 12/07/2011 19:24
Des militants venus d'Europe pour une manifestation en Cisjordanie ont été incarcérés à Tel-Aviv, en attendant leur reconduite à la frontière. C'est le cas de Charlotte, une altiligérienne de 29 ans que la rédaction de Zoomdici a rencontrée.
Près de 600 militants, dont 300 Français, avaient l'intention de rejoindre les territoires palestiniens dans le cadre de la mission internationale "Bienvenue en Palestine", voulant protester contre le blocus de la Bande de Gaza, à l’invitation de 15 associations palestiniennes. Si plus des deux tiers ont été interceptés à leur aéroport de départ, Charlotte, en partance de Genève, fait partie des militants à être passé à travers les mailles du filet. Mais à Tel-Aviv, les militants vont vite déchanter.
"On n'a même pas dépassé le tarmac" "A Tel-Aviv, à peine sortis de l'avion, on a vu un cordon de sécurité d'une cinquantaine de militaires et policiers israëlines qui séparaient les militants des autres passagers", explique l'altiligérienne. Habituellement, les contrôles de ce type s'effectuent à la douane "mais là, on n'a même pas dépassé le tarmac", ajoute-t-elle. Les autorités ont conduit le groupe de six français dans un terminal "qui semblait inutilisé" pour une série d'interrogatoires. "Comme on était démasqués, on n'a pas cherché à faire croire que l'on venait faire du tourisme". Conséquence : le visa israëlien a été rayé et Charlotte a désormais l'interdiction de rentrer sur le territoire hébreu pendant 10 ans. "Ils proposaient de nous rapatrier immédiatement sur Londres ou alors de nous maintenir en prison jusqu'à notre vol de retour. Quand on s'est aperçu que d'autres groupes de militants avaient été arrêtés, on a décidé d'opter pour la prison", témoigne-t-elle.
Tout n'est pas rose dans les prisons israëliennes De vendredi après-midi jusqu'à lundi, Charlotte est ainsi incarcérée. "On a quand même été bien traités, ils nous ont apporté de l'eau et de la nourriture", assure-t-elle avant d'observer : "c'est peut-être aussi la médiatisation de l'affaire qui nous a permis d'avoir un traitement correct". Mais tout n'est pas rose non plus dans les prisons israëliennes. "Ils ont menacé de séparer les maghrébins des autres européens, comme s'il s'agissait de citoyens de seconde zone. Pour eux, ils ne nous sont pas égaux. Heureusement, ça ne s'est pas fait, on craignait le pire", témoigne l'altiligérienne. "A un moment donné, ils se seraient aussi jeter sur une fille, soit disant parce qu'ils se sentaient menacés. Ils l'ont chopé à quatre, l'ont mise par terre et lui ont donné des coups. A la fin, elle pleurait et on a vu ensuite qu'elle avait plusieurs bleus et des hématomes. Un militant a voulu s'interposer et il a lui aussi pris des coups. Il y a une grande part de provocation car les autorités filment et utilisent ensuite des images sorties de leur contexte pour alimenter leur propagande et nous faire passer pour des terrorristes", ajoute-t-elle. Finalement, Lundi matin, le groupe des six français en provenance de Genève était rapatrié, aux frais d'Israël.
Une manifestation pour protester contre le nouveau mur de la honte A l'invitation de quinze associations palestiniennes, quelque 600 militants comptaient participer à l'opération "Bienvenue en Palestine", organisée ce 9 juillet pour commémorer les sept ans jours pour jour de la décision de la Cour internationale de Justice condamnant la construction par Israël d'une barrière de séparation, ou plutôt d'une épaisse muraille, qui empiète sur la Cisjordanie. L'existence et le tracé de cette construction, longue de plus de 700 kms et incluant plusieurs grands blocs de colonies israëliennes en Cisjordanie, sont contestés sur des aspects politiques, humanitaires et légaux. Rappelons que l'objectif déclaré de cette mesure est de "protéger la population israëlienne en empêchant physiquement toute intrusion de terroristes palestiniens sur le territoire israëlien". Les opposants à la barrière la surnomment "mur de la honte", en réference au mur de Berlin.
Quelques militants encore emprisonnés
L’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) condamne fermement "les entraves scandaleuses à la liberté du transport aérien mises en œuvre sur divers vols à destination de Tel-Aviv". Elle estime qu’il s’agit "d’une opération dont tout laisse penser qu’elle est directement orchestrée par le gouvernement israélien, les autorités françaises ayant accepté sans broncher de se faire les auxiliaires zélés de leurs homologues de Tel-Aviv".
Soit en dissuadant les compagnies aériennes de les acheminer à Tel-Aviv, sous peine de devoir les rapatrier à leurs frais, soit en les interceptant à leur arrivée, les autorités israéliennes sont parvenues à bloquer la plupart des activistes, aussi sûrement qu'elles maintiennent le blocus maritime autour de Gaza, au cas où une flottille affichant une vocation humanitaire voudrait débarquer. "L'accès au territoire israélien a été interdit à 124 militants pro-Palestiniens venus d'Europe. Ils sont détenus dans des prisons israéliennes" a indiqué à l'AFP Sabine Hadad, la porte-parole des services d'immigration, "faute de place au centre de rétention de l'aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv qui ne peut accueillir que 60 personnes". 85 d'entre eux avaient été incarcérés au centre de détention de Guivon, à Ramlé, près de Tel-Aviv, et 39 à la prison Ela de Beersheva, au sud du pays, dans le désert du Néguev. Ces militants "seront expulsés dès qu'il y aura des places et des vols disponibles à cet effet", avait indiqué samedi Mme Hadad. En effet, il reste encore quelques militants sur place mais tout devrait rentrer dans l'ordre pour les militants européens dans les jours à venir.
Charlotte explique que ce conflit du Proche-Orient concerne aussi les européens et estime que les mouvements pacifistes peuvent changer les choses dans la guerre de l'opinion publique. Ecouter.
Maxime Pitavy
Note : Charlotte appartient à l'association française Capjpo, une association qui milite depuis des années pour la cause palestinienne et qui compte dans ses rangs la sénatrice parisienne d'Europe-Ecologie-Les Verts Alima Boumediene-Thierry. En Haute-Loire, il existe aussi une association qui défend la cause palestinienne : le Collectif Palestine 43.
OG - le 18 juillet 2011 - 01h27 Signaler un abus
A chacun sa propagande...Ce voyage était de la pure provocation destinée à alimenter la votre. C'est de bonne guerre. Je n'ai pas la prétention de savoir où sont les "bons" et les "méchants" dans ce conflit (et je doute que le classement soit aussi simple). Je ne suis que le spectateur du déchirement de deux peuples qui auraient tous deux 100% d'intérêts à se serrer la main.
C - le 17 juillet 2011 - 16h08 Signaler un abus
QUEL COURAGE !
Bravo à vous qui osez défier les puissances criminelles pour revendiquer vos droits et ceux des opprimés. Vous êtes des héros. Un jour, on célébrera votre gloire comme on célèbre aujourd'hui la gloire des justes de France. Et on la célébrera dans une Palestine libre.
Vous représentez l'honneur des français alors que nos gouvernants baissent leur pantalon...
BR - le 17 juillet 2011 - 01h59 Signaler un abus
Ce mouvement pacifiste est pour moi un mouvement politique uniquement ! Lorsque la Palestine voudra vraiment la paix , elle se fera , et je le souhaite , le plus tôt possible ! "On est obligé de se farcir des contrôles israéliens", non, vous n'êtes nullement obligés ! Vouloir la paix c'est surtout ne pas aller "semer la pagaille "dans des pays étrangers, il y a des diplomates qui font leur travail , sinon , créez des brigades , engagez-vous !
OG - le 18 juillet 2011 - 01h27 Signaler un abus
A chacun sa propagande...Ce voyage était de la pure provocation destinée à alimenter la votre. C'est de bonne guerre. Je n'ai pas la prétention de savoir où sont les "bons" et les "méchants" dans ce conflit (et je doute que le classement soit aussi simple). Je ne suis que le spectateur du déchirement de deux peuples qui auraient tous deux 100% d'intérêts à se serrer la main.
C - le 17 juillet 2011 - 16h08 Signaler un abus
QUEL COURAGE ! Bravo à vous qui osez défier les puissances criminelles pour revendiquer vos droits et ceux des opprimés. Vous êtes des héros. Un jour, on célébrera votre gloire comme on célèbre aujourd'hui la gloire des justes de France. Et on la célébrera dans une Palestine libre. Vous représentez l'honneur des français alors que nos gouvernants baissent leur pantalon...
BR - le 17 juillet 2011 - 01h59 Signaler un abus
Ce mouvement pacifiste est pour moi un mouvement politique uniquement ! Lorsque la Palestine voudra vraiment la paix , elle se fera , et je le souhaite , le plus tôt possible ! "On est obligé de se farcir des contrôles israéliens", non, vous n'êtes nullement obligés ! Vouloir la paix c'est surtout ne pas aller "semer la pagaille "dans des pays étrangers, il y a des diplomates qui font leur travail , sinon , créez des brigades , engagez-vous !