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Le Puy : 40 futurs lycéens recalés

Date : 04/07/2019 | Mise à jour : 08/07/2019 11:00
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"Un non-sens absolu !" pour les enseignants du lycée C&A Dupuy, qui déplorent la suppression d'une classe de seconde... conduisant au refus de ces 40 élèves. Ils devront changer d'établissement... et donc d'options.

Il y a quelques mois, les collégiens, en classe de 3ème, ont dû choisir leur lycée pour la rentrée de septembre 2019. L’entrée au lycée est un passage important, on quitte son collège, son village pour rejoindre la préfecture, envisager d’être pensionnaire, prendre plus d’autonomie, découvrir de nouvelles matières…
Ils sont allés aux portes ouvertes des lycées ponots, ils ont découvert des établissements différents, des enseignements facultatifs différents, des cadres différents, des internats différents, des poursuites en classe de 1ère différentes, des bacs différents…
Moment important, du haut de leur 14-15 ans, ils ont dû faire des choix, émettre des vœux, classer les lycées susceptibles de les accueillir…

Leur premier choix ne sera pas respecté et ils devront rejoindre un autre lycée... et choisir de nouvelles options

Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée publique du Puy-en-Velay déclarent : "parce qu’ils ont apprécié le cadre rénové du lycée Charles et Adrien Dupuy, parce qu’ils veulent suivre des enseignements facultatifs présents uniquement dans ce lycée (les sections sportives, l’option EPS, l’option théâtre, les options scientifiques, LV3 Allemand ou les sections européennes Espagnol ou Italien), parce qu’ils ont été séduits par les projets culturels, pédagogiques offerts par cet établissement, parce qu’ils se sont projetés et se sont déjà vus préparer un Bac STIDD, suivre les enseignements de Sciences de l’Ingénieur, s’épanouir à travers l’option théâtre, exceller dans la section foot … Pour toutes ces légitimes raisons, ces collégiens ont mis le lycée Charles et Adrien Dupuy en vœu 1. Confiants, sûrs de leur choix".
Oui mais voilà. Aujourd’hui, 40 d’entre eux apprennent qu’ils ne seront pas admis au lycée Charles et Adrien Dupuy et qu'ils devront rejoindre les bancs du lycée Simone Weil ou d'un établissement privé, "renonçant aux enseignements facultatifs, aux projets, aux poursuites d’études qui les avaient séduits… Cruel, pourquoi moi, pourquoi nous ?", s'interrogent les enseignants à l'origine du communiqué de presse.

Répartir 40 élèves de plus dans cinq classes est impossible sans le maintien d'une sixième seconde

L'ensemble des enseignants du lycée est interpellé par cette situation. L'établissement "dispose des conditions matérielles et humaines pour accueillir ces jeunes. Le refus de recevoir ces 40 lycéens se traduit par la fermeture d’une classe de seconde, non-sens absolu !", protestent-ils, surtout quand on demande aux enseignants, toute l'année, de multiplier les initiatives pour rendre le lycée plus attractif et attirer davantage d'adolescents... qui rejoindront finalement d'autres établissements, faute de moyens humains mis à disposition par le rectorat de Clermont-Ferrand.
Précisons que le lycée proposera à la rentrée cinq classes de seconde, déjà plafonnées à 35 élèves. Répartir 40 élèves de plus dans ces cinq classes est impossible sans le maintien d'une sixième seconde. "Ce choix de fermer une classe de seconde se répercutera les prochaines années", protestent-ils, "sur les classes de premières, de terminales et de BTS à un moment de réforme crucial pour l'avenir du lycée".

Rassemblement mardi devant l’inspection d’académie

L'ensemble des enseignants du lycée Charles et Adrien Dupuy demande "le respect du choix de ces futurs lycéens" et sollicite le maintien de la sixième classe de seconde.
Ils appellent à un rassemblement mardi à 9h30 devant l’inspection d’académie.

Des secteurs et des dérogations de droit, et de confort

Joint par téléphone en fin d'après-midi, l'inspecteur d'académie Jean-Williams Semeraro a tenu à tempérer : "les capacités d'accueil de chaque établissement sont déterminées en début d'année et les élèves qui dépendent du secteur du Puy ont le choix entre C&A Dupuy, Simone Weil (ndlr : ou les lycées privés)".
Le problème, c'est que certains venaient d'autres secteurs (Brioude notamment) et dans ce cas, il y a des dérogations de droit (handicap, fratrie déjà présente ou boursier par exemple) et "tous les autres sont jugés comme des dérogations de confort", explique l'inspecteur d'académie, "et j'ai le droit de refuser en fonction de mes capacités d'accueil".

"On a satisfait tous les premiers voeux à C&A Dupuy"

C'est ce qu'affirme Jean-Williams Semeraro, sauf qu'il ne parle que des adolescents du secteur. Et encore, ce n'est pas certain car lorsque les effectifs sont complets, la machine (selon un algorythme dont nous ne pouvons dévoiler les critères) les renvoie sur le lycée Simone Weil.
"Il faut reconnaître que C&A Dupuy jouit d'une attractivité que l'on n'avait pas anticipée et qui n'est pas celle de ces dernières années", admet l'inspecteur d'académie, avant d'ajouter : "ces dernières années, on avait l'effet inverse, avec des lycéens renvoyés vers C&A Dupuy". En attendant la réunion de mardi, il conclut : "je suis prêt à rééquilibrer... l'an prochain". Il doit partir en retraite dans les semaines à venir mais il souligne "la continuité du service public".

Maxime Pitavy





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img_journalisteGL le 6 juillet 2019 - 09h56
Les lycées "cathos" n'ont pas besoin d'être "renfloués", ils se portent très bien merci pour eux... Je suis enseignante moi-même dans le "catho" et je suis scandalisée comme vous que les jeunes ne puissent pas être intégrés là où ils le souhaitent ! Soutien à CAD, pour la liberté de choix de nos enfants !!

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img_journalisteGR le 6 juillet 2019 - 00h46
Hé oui... tout ça pour renflouer le privé... que vont faire ces 40 jeunes? trouver un autre établissement tout en faisant abstraction de leur premier choix.

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img_journalisteM le 5 juillet 2019 - 19h45
Il faudrait se taire et accepter les réductions budgétaires de l'éducation nationale au profit de l'armée. La priorité de nos dirigeants est que les riches restent riches (en payant si besoin des cours particuliers à leurs enfants). Les pauvres ne pourront plus espérer prendre l'ascenseur social (comment aider les élèves en difficulté dans une classe de 30) et seront de plus en plus nombreux... Ils se révolteront (comme les gilets jaunes) mais l'armée sera là! Voilà l'avenir de notre pays!

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