La CGT 43 et FO 43 se sont alliés pour lutter contre la fermeture d'une nouvelle filière au lycée professionnel Auguste Aymard à Espaly Saint-Marcel. Le mercredi 27 juin dernier, ils recevaient une sombre nouvelle : le rectorat a décidé de geler les inscriptions en seconde TBEE (Technicien du Bâtiment : Etudes et Economies). En général, geler l'inscription d'une filière est toujours mauvais signe pour l'avenir de cette dernière.
La TBEE : une formation qualifianteLe choc des enseignants est d'autant plus fort que cette formation est unique en Haute-Loire et surtout qualifiante. Le secteur des travaux publics est un des rares secteurs qui embauchent encore à l'heure actuelle. Cette voie offre une possibilité de travail assez diversifiée : conducteur de travaux, chef de chantier, assistant d'architecte dans des cabinets d'études et surtout
"permet aussi aux femmes de pouvoir enfin s'insérer dans une formation et un secteur qui reste très masculin" d'après une des professeurs de cette filière. Son gel est totalement incompréhensible et inacceptable pour les familles et pour le personnel de l'établissement.
Favoriser le privé au détriment du public ?D'après la quinzaine d'enseignants présents, la décision n'est pas claire. Le rectorat gèle les inscriptions car la classe de terminale de l'année prochaine n'avait que quatre inscrits sur douze possibles, ce qui fait très peu, mais les professeurs rétorquent que la filière a toujours été pleine et est toujours arrivée à son terme. Des questions se posent, d'autant que les quatre inscrits ont déjà été redirigés vers des établissements privés.
D'après Marie-Danielle Delcourt, professeur, cela résulte d'
"une envie de défavoriser le public par rapport au privé. Le public coûte cher à l'Etat surtout en filière professionnelle, il faut tout entretenir. Ca ressemble fortement à un délaissement du public." Sur le tract distribué par les syndicats d'enseignants on peut lire :
"nous nous demandons si l'administration aurait accepté toutes les nouvelles inscriptions proposées : ou ne lui aurait-on pas imposé de rediriger les dossiers vers un autre lycée ? ". La question soulevée est de savoir pourquoi le lycée a été prévenu si tard de la menace de fermeture d'une filière et surtout de savoir pourquoi cette filière n'est pas mise en avant par le lycée : aucune publicité n'a été proposée pour annoncer qu'il restait des places.
Un impact sur le lycée et sur les familles
Avec la décision de fermer ces filières, ce n'est pas qu'un impact social qui est constaté mais aussi financier pour les familles, que ce soit le transport, l'hébergement et la restauration, rien n'est pris en compte dans ce changement de lycée qui amène parfois l'élève dans un autre département.
Déjà sept filières supprimées Le lycée a vu au cours de ces dernières années la disparition de la moitié de ses filières. Cette année les enseignants ont pu voir la suppression de la section de première année de CAP IT (Installateur Thermique) et de la classe de troisième DP6 (découverte professionnelle six heures). Quant à la filière maçonnerie, elle a également été fermée il y a quelques années alors qu'elle a été maintenue au CFA (Centre de formation des apprentis) de Bains. A tout cela, une enseignante du lycée Charles et Adrien Dupuy ajoute :
"Cela arrive que des classes ne se remplissent pas, j'ai eu l'exemple il y a quelques années à Roche Arnaud, pourtant ils ne l'ont pas fermée, alors je ne comprends pas pourquoi là, pour la première année où la classe n'est pas complète, on gèle les inscriptions. Ils ne condamnent pas qu'une filière mais tout un établissement."Menace sur trois postesSi la fermeture devait avoir lieu, ce sont déjà cette année, trois postes qui seraient menacés : un demi poste d'enseignant titulaire, un poste contractuel et un assistant d'éducation. Ce qui scandalise le plus ces enseignants c'est qu'un professeur stagiaire va être nommé dans l'établissement pour effectuer des heures à la place du personnel déjà en place, obligeant ce dernier à compléter les heures dans d'autres établissements. FO et CGT demandent que
"cette stagiaire soit affectée dans un lycée où elle pourra être accompagnée d'un tuteur, du même lycée, avec lequel elle pourra travailler sereinement".
Des exigences clairesAprès avoir été informé, le personnel enseignant a décidé de demander un rendez-vous à la rectrice, Marie-Danièle Campion. Cette demande est pour l'instant restée sans réponse. En revanche, les doléances de ces manifestants sont claires :
"nous exigeons que la seconde TBEE soit maintenue au lycée ainsi que tous les postes".
Seulement quatre élèves...Contacté par la rédaction de Zoomdici, le rectorat a justifié son choix de geler les inscriptions en seconde TBEE (Technicien du Bâtiment : Etudes et Economies) : "
seulement quatre élèves souhaitaient s'inscrire... Cette section était maintenue sous perfusion depuis plusieurs années : il y avait 9 élèves il y a trois ans, huit élèves il y a deux ans et sept l'an dernier. Normalement, la capacité d'accueil pour ouvrir une section en filière technique, c'est quinze élèves. Une classe de quatre élèves, c'est donc impossible, aussi bien pour l'équilibre financier que pour le volet pédagogique".
Enfin, la section n'a pas été supprimée mais gelée, une façon de laisser la porte ouverte pour la rentrée 2013 au cas où une entreprise spécialisée dans le domaine s'implante sur le secteur, créant une vague d'inscriptions. Le Rectorat reconnaît toutefois que cette probabilité est faible et que la section devrait fermer l'an prochain.
Laetitia AchilliL'an dernier, la classe de 3ème de DP6 découverte et le bac pro construction bois du lycée Aymard avaient été menacés. Ce dernier a finalement été maintenu.
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