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Les feux sont au vert pour l'installation d'un scanner à l'hôpital de Brioude

Date : 10/10/2017 | Mise à jour : 10/10/2017 10:58
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« L'étude confirme le bien-fondé d'un scanner » à l'hôpital de Brioude. Le directeur général de l'Agence régionale de santé l'a écrit noir sur blanc dans un courrier adressé au député Jean-Pierre Vigier. Brioude n'a jamais été aussi près d'obtenir le scanner qu'elle réclame depuis 10 ans.

Voilà 10 ans qu'à Brioude on réclame un scanner à corps et à cris. « On », ce sont les élus de tous bords, la population, le conseil de surveillance et le personnel de l'hôpital, fédérés autour du Comité de vigilance, fer de lance du mouvement. Aujourd'hui, les militants voient enfin la lumière au bout du tunnel, suite à la réception d'un courrier émanant du docteur Jean-Yves Grall, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS). Un courrier qui, pour les principaux acteurs du combat*, réunis, ce samedi 30 septembre 2017, à l’hôpital local pour une conférence de presse, constitue « un acte fondateur ».

« C'est clair, net et précis, et c'est pas n'importe qui qui nous le dit »

Jean-Yves Grall y reconnait en effet « le bien-fondé d'un scanner sur cet hôpital, en particulier pour rationnaliser la prise en charge en urgence des patients et leur éviter des déplacements vers d'autres centres hospitaliers ». En outre, l’actuel Schéma régional de l'offre de soins ne prévoyant pas l'implantation d'un scanner à Brioude, le directeur de l’ARS confirme son « souhait à le faire évoluer dans le cadre du nouveau Programme régional de santé qui est en cours d'élaboration » et devrait être finalisé en avril 2018. Ceci fait, le centre hospitalier pourra, avant l’été prochain, déposer une demande de scanner qui sera étudiée par la Commission spécialisée pour l'organisation des soins. Laquelle devrait en principe suivre l’avis du directeur général et donc statuer en faveur de l’établissement brivadois.
Bref, « les feux sont enfin au vert », a résumé le député Jean-Pierre Vigier, confiant. « C'est clair, net et précis, et c'est pas n'importe qui qui nous le dit, c’est le directeur de l’ARS ».

« C’est une avancée essentielle »

Optimistes, les élus comme les membres du Comité de vigilance et les représentants de l’hôpital n’en restent pas moins prudents. « On fera la fête quand le scanner sera effectivement installé », a tempéré Jean-Jacques Faucher, maire de Brioude et président du conseil de surveillance de l'établissement. « C’est vrai que quand on reçoit un courrier comme celui-là, c'est comme si la décision avait été prise, mais pour le moment il ne s’agit pas encore d’un aboutissement, même si les choses sont devenues très concrètes. C’est néanmoins une avancée essentielle ».

Le coût.

« En comptant les frais de transport, nous consommons actuellement entre 400 et 500 000 € par an pour faire passer nos scanners à Issoire ou Saint-Flour, à qui nous payons les actes », indique Claire Maynadier. « Cette enveloppe sera réinjectée dans le fonctionnement du scanner. Quant à l'investissement, sachant qu’un scanner coûte environ 500 000 €, nous allons tout faire pour obtenir des financements et des subventions ». Notamment auprès de la Région, où Jean-Pierre Vigier, également conseiller régional, prévoit de « monter pour chercher des crédits ».

« Il n’y a que les combats qu’on ne mène pas qu’on est sûr de perdre »

Mais à quoi est-elle due, au juste, cette « avancée essentielle » ? Qu'est-ce qui a finalement fait pencher la balance du côté de l'hôpital brivadois, après 10 ans d'un combat engagé au lendemain de l'inauguration du bâtiment chirurgie ? Les manifestations et marches orchestrées par le Comité de vigilance ? La pétition signée par près de 8 000 habitants du bassin de santé ? La multitude de lettres adressées à l'ARS par les élus comme par le Comité ? Les nombreuses entrevues au Ministère de la Santé ? Un peu tout ça, probablement, et l’opiniâtreté a porté ses fruits. « Il n’y a que les combats qu’on ne mène pas qu’on est sûr de perdre », a affirmé Serge Longeon, du Comité de vigilance, tandis que Jean-Jacques Faucher évoquait « une forme de fonctionnement de la vie publique, peut-être même de la démocratie, qu'il faut souligner ». « C’est exemplaire », a-t-il insisté, mettant en avant la coopération entre les nombreux artisans de la victoire.

« Aujourd’hui l’établissement est en ordre de marche »

Néanmoins, si les actions des uns et des autres ont joué un rôle, cette victoire, de l'avis général, est tout de même essentiellement due au redressement de l’hôpital et à l’augmentation de son activité, amorcés par Claire Maynadier, la directrice aux commandes depuis deux ans, et son équipe médicale et administrative. « Si on en est là, c'est parce qu'aujourd'hui, l'établissement est en ordre de marche », a souligné Jean-Jacques Faucher. « Avec le recul, je suis convaincu que si on nous a amusés pendant 10 ans avec des arguments plus ou moins mauvais et des débats plus ou moins dilatoires, c'est parce que les gens étaient sûrs que la chirurgie allait fermer. Mais on a fait nos preuves depuis deux ans. On est entré dans un cercle vertueux et ça ne s'est pas fait tout seul. Il y a eu un gros boulot en interne ».
D’ailleurs, le docteur Grall lui-même évoque ce travail, écrivant que la situation financière de l'établissement connait une « nette amélioration depuis deux ans ». « L'obtention du scanner, c'est la reconnaissance de la motivation, de l'implication et de la qualité du personnel médical et non médical de l’hôpital », s'est réjouie Claire Maynadier, qui a d'ailleurs anticipé l'arrivée de l'équipement. Epaulée par le docteur Aline Bonnet, présidente de la Commission médicale d’établissement, la directrice a en effet pris des contacts depuis plusieurs mois déjà avec le CHU de Clermont-Ferrand, l’hôpital d’Issoire et le CHER Émile Roux du Puy-en-Velay pour être en conformité avec les recommandations de l'ARS, qui préconise de rechercher « des coopérations au sein du Groupement hospitalier de territoire et/ou avec les hôpitaux de proximité ».

Croissance.

« La chirurgie accuse une croissance de 11% depuis le début de l’année », souligne Claire Maynadier. « Cela montre le potentiel de Brioude et la qualité de ses chirurgiens. Nous allons tout faire pour poursuivre cette croissance car nous avons des parts de marché à récupérer, notamment sur des fuites vers le privé. Nous sommes confiants pour croitre encore ». Le scanner devrait y contribuer et consolider l'établissement, en sécurisant la pratique médicale, en aidant au diagnostic, mais aussi en attirant médecins hospitaliers et libéraux dans le Brivadois.

« Nous avons les pré-requis »

Ainsi, le moment venu, le personnel de l'hôpital sera prêt à faire face à l’accroissement d’activité qu’engendrera forcément l'arrivée du scanner. « Nous avons les pré-requis immobiliers puisque les installations sont prêtes et que cela n'occasionnera pas de frais supplémentaires », a poursuivi Claire Maynadier. « Nous devons prévoir de doubler la présence de radiologues en journée et d’avoir une organisation de nuit différente. Lors du dépôt du dossier, je m'y engage, toutes les garanties seront présentes pour que le scanner fonctionne de façon continue et optimale ».
De quoi consolider et valoriser l'établissement brivadois, bien sûr, mais ce sont bien les patients qui seront les premiers bénéficiaires du scanner. « Quand on a une activité étoffée et en croissance des urgences, de la médecine et de la chirurgie, un scanner est un outil indispensable et de pratique courante », a conclu le docteur Bonnet. « La prise en charge et le confort des patients seront optimisés, et le scanner garantira la qualité et la sécurité des soins, qui sont notre leitmotiv ».

I.A.


* De gauche à droite : Claire Maynadier, directrice de l'hôpital de Brioude ; Peter Vigier, député de la Haute-Loire ; Dominique Béjot, du Comité de vigilance de l'hôpital (CVH) ; Jean-Jacques Faucher, maire de Brioude et président du conseil de surveillance de l'hôpital ; Serge Longeon, du CVH ; le docteur Aline Bonnet, présidente de la Commission médicale d’établissement ; Christiane Jouvhomme, du CVH.

 
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