Politique

Législatives : la droite sort du bois

Après le revers enregistré lors de l'élection présidentielle dimanche dernier, la droite sort du bois en présentant ses tickets sur les deux circonscriptions pour les prochaines élections législatives.

Sur la première circonscription, c'est sans surprise Laurent Wauquiez qui se présente à sa propre succession pour un troisième mandat successif après ses victoires en 2004 et 2007, supplé par Isabelle Valentin. Sur la seconde circonscription, après la valse des hésitations et des candidatures annoncées puis retirées (lire l'article), c'est finalement Jean-Pierre Vigier qui se jette à l'eau, supplé par Michel Decolin.



"Protéger" au sens large
Sur la première circonscription (Le Puy/Yssingeaux), Laurent Wauquiez veut "protéger" la Haute-Loire (c'est son slogan), un terme davantage utilisé par le FN mais assumé par le maire du Puy qui explique : "ce n'est pas que sur le champ de la sécurité, c'est au sens large. On a une qualité de vie en Haute-Loire qu'il faut protéger et ça passe par les emplois, nos aînés, nos services publics... Les français ont voté pour l'élection présidentielle mais aujourd'hui, c'est une nouvelle élection qui commence avec une question simple : qui peut le mieux représenter la Haute-Loire, défendre ses projets et ses familles ? Il faut un député efficace pour faire entendre sa voix".
Si la campagne de l'UMP pour l'entre deux tours avait viré très à droite, Laurent Wauquiez a conscience que cette circonscription avait fortement voté pour le FN lors du premier tour. Sans vouloir empiéter sur les thèmes d'un de ses principaux adversaires pour cette élection, il répond à la presse qui s'interroge sur l'important nombre de cambriolages sur ce secteur : "il faut redonner à nos gendarmes du temps de terrain, ils sont aujourd'hui accablés par la paperasse. Les principaux réseaux de délinquance sont constitués depuis la Loire ou de Lyon, il faut donc davantage travailler ensemble pour les démanteler. Nous devons prévoir des forces d'intervention rapide et mieux maîtrser les principaux axes routiers".



Un bilan mis en avant
Le député sortant est revenu sur les grandes lignes de son mandat et en premier lieu, l'enfouissement de la ligne électrique RTE haute-tension et la modification de son tracé. L'annonce de sa candidature s'est faite à Saint-Victor-Malescours, un lieu forcément symbolique dans ce dossier. Il a également rappelé : "sur la Haute-Loire, j'ai fait avancer l'enseignement supérieur pour nos étudiants avec l'ouverture de BTS, IUT et Licence Pro à Monistrol". Autres points de satisfaction : l'obtention de financements pour les maisons de retraite de Saint-Didier, Vorey, Tence et Yssingeaux, ou encore la possibilité de se baigner au barrage de Lavalette. Le maire du Puy a aussi souligné : "sur chacun de mes mandats, j'ai amené une entreprise et je souhaite amener un volet d'emplois supplémentaires. Nous avons un taux de chômage inférieur aux moyennes nationale et régionale, mais il ne faut pas baisser la garde".
Laurent Wauquiez revient sur les grandes lignes de son mandat et estime que ce dernier prouve son engagement pour la Haute-Loire. Ecouter.





Quelle influence s'il n'est plus au gouvernement ?

Pour cette campagne, le député sortant s'est engagé à se rendre dans les 82 communes de la circonscription et à proscrire l'affichage sauvage, "car ça finit toujours par polluer l'environnement". Il s'est également engagé à ne proférer aucune attaque personnelle sur ses adversaires : "on veut expliquer nos ambitions et projets pour la Haute-Loire. Les invectives ne contribuent qu'à dénigrer la classe politique". Notons enfin que Jean-Pierre Marcon, le suppléant précédent de Laurent Wauquiez, a souhaité se retirer : "après 40 ans de vie publique, je veux prendre du temps pour moi et pour ma famille". C'est donc Isabelle Valentin qui prendra ce rôle (voir encadré).

Isabelle Valentin est native de Sainte-Sigolène et mariée à un Yssingelais. Mère de trois enfants, elle est conseillère régionale d'Auvergne et occupe deux emplois :associée d'exploitation en maraîchage avec son mari et formatrice en insertion professionnelle et sociale.

Enfin, alors que le maire du Puy a insisté : "je n'ai pas été attiré par les plafonds dorés de Paris, ma famille est toujours restée en Haute-Loire et j'y ai été le plus souvent possible", il estime que son poste de ministre lui a permis d'emmagasiner de l'expérience "et je sais à quelles portes frapper pour obtenir des appuis, des aides, des financements". Reste à savoir si ses portes ne demeureront pas désormais fermées. 



Une étiquette UMP peu assumée
La dynamique de l'élection présidentielle et l'anti-sarkozysme, qui n'a cessé de gagner du terrain ces dernières années, n'incitent guère à brandir fièrement le drapeau UMP. C'est en tout cas l'impression que l'on peut avoir puisqu'aucun des deux candidats de la droite en Haute-Loire n'afficheront le logo UMP sur leurs affiches. Les deux candidats assurent que ces élections législatives porteront davantage sur les personnes que sur les partis, pourtant, leurs principaux adversaires affichent clairement leurs étiquettes.
Laurent Wauquiez, Président du parti en Haute-Loire justifie ce choix : "lors des élections locales, on ne vote pas pour des étiquettes politiques mais pour la confiance qu'on a pour les personnes. Sur mes affiches, je n'ai pas mis le logo de l'UMP. Il y a cinq ans, j'avais eu intérêt à le mettre. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. En tout cas, ma ligne de conduite ne change pas, je tiens à garder mon indépendance". Notons toutefois qu'à défaut du logo, la mention Union pour un Mouvement Populaire figurera sur l'affiche, ainsi que celle de la Majorité Départementale.
Dans la deuxième circonscription, Jean-Pierre Vigier n'est pas encarté. Il explique : "les élections de dimanche dernier ont montré le rejet d'un style mais on doit obtenir un rééquilibrage démocratique pour l'intérêt de la Haute-Loire. Je suis à droite, mais plutôt de la mouvence centriste de l'UMP et je serai aux côtés de Laurent Wauquiez pour défendre la Haute-Loire mais mon parti politique, c'est celui de la Haute-Loire et de la proximité, afin d'aider les habitants du territoire". Ce dernier a obtenu l'investiture de l'UMP mais là encore, le logo ne devrait pas apparaître sur l'affiche. Cinq ans après, on semble finalement bien loin de la "droite décomplexée".



Une candidature retirée, faute de suppléant
Dans la deuxième circonscription justement, Jean-Pierre Vigier, dit "Peter", est moins connu que son homologue de la première. Ingénieur, il est père de deux enfants et a 42 ans. Il est directeur général des services de la ville de Saint-Flour (7000 habitants), dans le Cantal. Il est aussi maire de Lavoûte-Chilhac depuis 2008, succédant à son père, dénommé Jean-Pierre Vigier également et conseiller général MoDem.


Si le feuilleton a été mouvementé à droite sur cette circonscription, Jean Proriol, le député UMP sortant, a tenu à mettre les choses au clair : "on avait occulté la question du suppléant pour la candidature précédente et ce fut un problème aigu car il voulait un conseiller général du bassin du Puy. On a donc fait appel à Jean-Pierre Vigier pour parer à ce retrait et c'est bien nous qui avons proposé cette solution à Paris".

Michel Decolin a 60 ans, il est marié, a deux enfants et trois petits-enfants. Retraité du CFA (Centre de formation des apprentis) de Bains, il est maire de la commune depuis 1989 et conseiller général de Solignac-sur-Loire depuis 1992, chargé des affaires sociales. Il est aussi vice-président de la communauté d'agglomération du Puy à l'économie. Il a déjà été le suppléant du sénateur Adrien Gouteyron (UMP) de 2001 à 2011.

La droite a mis en exergue à propos de ce nouveau candidat sa jeunesse. Son suppléant Michel Decolin (voir encadré) témoigne : "il peut assurer l'avenir de cette circonscription" quand Jean Proriol renchérit : "Jean-Jacques Faucher n'aurait assuré qu'un mandat. C'est important de renouveler et de rajeunir". Si Jean-Pierre Vigier a lui aussi annoncé qu'il serait présent dans toutes les communes de la circonscription pour cette campagne, le nouveau candidat de droite se veut "un élu de terrain, de proximité, à l'écoute des habitants du territoire dans une confiance réciproque". Il aura le soutien de Gérard Roche, le Président du Conseil Général, de Laurent Wauquiez, des parlementaires et élus locaux de droite mais aussi de Jean-Jacques Faucher, "qui mènera campagne avec nous", ou encore de Jean Boyer et du Nouveau Centre. Pour le Modem, en revanche, ce n'est pas encore fixé.



Les grandes lignes de son programme
Enfin, le maire de Lavoûte-Chilhac a enfin énuméré les grandes lignes de son programme : "préserver la proximité des services à la population, assurer l'équilibre social, soutenir l'économie altiligérienne, maintenir une agriculture raisonnée, développer les infrastructures routières et ferroviaires, poursuivre l'attractivité du territoire et l'essor économique du Brivadois, défendre nos collectivités pour conserver notre qualité de vie dans les territoires ruraux et enfin ne pas faire de promesses que l'on ne pourra pas tenir". Notons enfin qu'à l'instar de Jean-Jacques Faucher, il ne veut pas entendre parler de centre d'enfouissement de déchets à Cayres et Saint-Bauzire.

Jean-Pierre Vigier annonce les grandes lignes de sa campagne et veut placer la proximité au centre des débats. Ecouter.




Maxime Pitavy 

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  • pp - le 8 juin 2012 - 16h55 Signaler un abus
    M.W., historien de formation ,ne pouvait-il dire un mot sur la défense du patrimoine historique et naturel de la Hte-L.? Il s'agit pourtant d'un secteur à la fois économique avec le tourisme et aussi culturel. La protection des sites, très nombreux et originaux ici , n'est pas un luxe mais un élément fort de la vie locale.

  • jg - le 8 juin 2012 - 08h11 Signaler un abus
    Il est regrettable que Mr Vigier n'ait pas pris position contre l'affichage sauvage dans 2e circonscription comlame L Wauquiez pour la 1e.Du côté de Cayres, il y aurait fort à faire avec les pancartes hideuses du PPVV qui jettent le discrédit sur tout le secteur. Quant au problème du traitement des ordures, que les politiques arrêtent leur démagogie: le traitement départemental est une obligation légale depuis 1992 et le conseil général a choisi en 2001 le principe de l'enfouissement

  • Ll - le 17 mai 2012 - 14h46 Signaler un abus
    Que l'on soit pour ou contre Monsieur VIGIER mais si on est de droite, on ne ne peut être que consterné par la manière dont la nomination de Monsieur VIGIER a eu lieu ( au dernier moment, dans le brouhaha,....). Les partants doivent savoir préparer le suite; on ne peut pas dire que Monsieur PRORIOL ait réussi. Ce n'est pas la grande classe, c'est le moins que l'on puisse dire.Quelle honte !! Au passage Laurent aurait dû s'en mêler, il ne l'a pas fait ou mal fait . C'est très décevant.

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