Politique

Le vote blanc, qu'en pense la Haute-Loire ?

3779 personnes, soit 2,54 % des votants altiligériens ont voté blanc. C'est plus que la moyenne nationale. Qu'en pense les partis politiques et la population en Haute-Loire ? Zoomdici a mené l'enquête.

Au premier tour il étaient 698 737 français à voter blanc, soit 1,91 %. Le pourcentage altiligérien dépasse largement la moyenne nationale. La rédaction de zoomdici.fr. s'est intéressée au débat lié à la reconnaissance du vote blanc. Les trois partis politiques sortis en tête en Haute-Loire répondent.
Bruno Julliard pour le Parti Socialiste, Josiane Philippon pour l'UMP et Pierre Cheynet pour le FN 43. Cette question est aussi importante pour vous, citoyens français. Trois jeunes ainsi qu'une ponote, luttant pour la reconnaissance du vote blanc depuis des années, témoignent.



Confusion dans le décompte
En l'assimilant à de l'abstention, le vote blanc n'est pas reconnu. Le chiffre est connu puisque chaque bureau de vote doit comptabiliser les votes blancs, mais il n'est pas reconnu officiellement dans la mesure où il est mélangé avec l'abstention.
Pourtant, le vote blanc est un moyen d'expression pensé qui a une signification différente du vote nul, c'est-à-dire d'un électeur qui s'est trompé ou qui a mis un commentaire sur le bulletin sans savoir que ça allait l'invalider. Or, si le vote blanc exprime une défiance à l'égard des candidats, il reconnaît la légitimité de l'élection.



PS : « il est nécessaire que l'on donne la parole à ces personnes »
François Hollande propose lors de cette présidentielle la reconnaissance du vote blanc, du moins la séparation entre le vote nul et le vote blanc. Bruno Julliard, altiligérien et adjoint au maire de Paris chargé de la jeunesse, fils de l'ancienne maire du Puy Arlette Arnaud-Landau, estime que « la reconnaissance du vote blanc est nécessaire. On doit donner la parole à ces personnes là. Si elle ne se sentent pas représentées, ou mal à l'aise, il faut les écouter. Beaucoup de jeunes aujourd'hui votent blanc. Je veux que cela ne soit plus le cas, et François Hollande l'a prévu dans son programme. Toute personne doit être entendue ».



UMP : « il faut faire son devoir de citoyen »

L'UMP, du moins Nicolas Sarkozy s'il est investit ce dimanche 6 mai, n'a pas dans ses projets immédiats la modification des modes de scrutins. Josiane Philippon, secrétaire départementale de l'UMP, explique pourquoi : « on est dans une optique où même si les gens votent blancs il faut quand même quelqu'un pour gouverner. Voter est un devoir. Le vote blanc n'est pas une priorité face à l'emploi, la précarité etc... La porte n'est pas fermée. Mais, quoi qu'on vote, il faudra toujours quelqu'un pour diriger ».



FN 43 : « On lutte pour cette reconnaissance depuis des années »

Pierre Cheynet, secrétaire départemental du FN de Haute-Loire, s'exprime sur la reconnaissance du vote blanc : « depuis des années maintenant, on se bat avec le FN pour la reconnaissance du vote blanc. Les gens qui votent blanc ne sont pas de vulgaires abstentionnistes. Ils doivent être reconnus, ils ont fait leur devoir. Il faut s'interroger, je pense, sur la signification du vote blanc et de l'abstentionnisme. En tout cas, je regarderai avec attention les pourcentages de ce second tour qui je pense seront en forte hausse en ce qui concerne le vote nul, le vote blanc ou encore l'abstention ».



Les jeunes : « si on s'exprime par le vote blanc, on doit être reconnu »

Lors de son entretien avec la rédaction, le Parti Pirate représenté par Edouard Ducray en Haute-Loire affiche clairement le vote blanc comme un des changements importants s'il passait aux législatives 2012 : Lire article.

Claire, 20 ans et Vincent, 19 ans s'étonnent encore que le vote blanc ne soit pas reconnu. Vincent pense que « la plupart des jeunes ne votent pas ou votent blanc. Ils se sentent lésés. Je le saurais aussi, si je faisais le geste d'aller voter et qu'on ne reconnaissait pas mon mécontentement. Tous votes et opinions sont bons à prendre et le vote blanc est une opinion politique ».
Ludovic, 33 ans, affirme que « voter blanc est déjà un acte citoyen à part entière. C'est un droit de voter blanc mais un devoir de voter. Le scrutin proportionel pour les élections secondaires telles que les législatives, cantonnales ou sénatoriales, et donc la reconnaissance du vote blanc lors de ces dernières, est pour moi une idée ».



« Je lutte depuis des années pour du vent »

Christine, 53 ans, vote blanc lorsqu'elle ne se sent pas représentée par un candidat. Au premier tour elle trouve toujours un candidat à soutenir mais au second tour, jamais, alors elle décide de voter blanc et de lutter auprès d'associations ou de collectifs pour la reconnaissance du vote blanc : « c'est un droit civique, je m'obstine à me dire que voter est un devoir, seulement, si on ne reconnaît pas mon vote, mon mal-être, je baisse les bras. Je comprends que des personnes aient laissé tomber et ne votent plus. Si on ne se sent pas représenté, on fait quoi ? On vote blanc, sauf que l'on n'est pas encore reconnu...Je me battrais toujours contre le bipartisme et le vote utile ».



Un débat qui reste ouvert

Quelle place pour le vote blanc dans le monde ?
En Europe, seul un pays reconnaît officiellement le vote blanc : la Suède. Dans les autres pays du monde, le vote blanc n'est reconnu officiellement que si le vote est obligatoire. C'est le cas du Pérou où l'élection présidentielle peut être annulée si les 2/3 des suffrages exprimés sont blancs ou nuls.

En France, selon l'article 7 de la Constitution, le président de la République est élu "à la majorité des suffrages exprimés". Une proposition de loi pour reconnaître le vote blanc sommeille depuis 2003 au Sénat, après être passée au crible des amendements de l’Assemblée nationale. En octobre 2011, un sénateur socialiste est revenu à la charge en reprenant les dispositions du projet initial dans une nouvelle proposition. Depuis lors, plus rien.
Si les bulletins blancs étaient comptabilisés, un candidat pourrait alors être élu sans obtenir forcément la majorité absolue. La légitimité de l'élu serait alors en question. De même, lors des élections législatives, comptabiliser le vote blanc reviendrait-il à laisser des places vides à l'Assemblée nationale ? Le débat reste ouvert.

Laetitia Achilli

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  • I - le 5 mai 2012 - 10h14 Signaler un abus
    En Espagne, les bulletins blancs sont valides ainsi qu'en Suisse pour les élections à scrutin majoritaire.

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