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Le trésor de Lapte

Date : 31/12/2012 | Mise à jour : 06/02/2013 15:54
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En 1908, un cultivateur de Haute-Loire trouvait un trésor gaulois d'une valeur inestimable. Richard Bonnet nous raconte cet événement historique et nous informe des importantes conséquences de cette trouvaille, notamment pour la compréhension de l'époque Gauloise et de la société arverne.

Richard Bonnet (l'un des associés fondateur de zoomdici)  est originaire de la Haute-Loire et travaille en Haute-Savoie. Il se passionne pour les histoires locales et nous a proposé de relayer sa prose, prose qu'il publie fréquemment sur son propre blog : histoirelocale.fr

A travers les histoires qu'il conte, Richard Bonnet permet aux altiligériens d'enrichir leur culture et leur connaissance historique du département. Une envie que partage la rédaction de Zoomdici.fr.


Le trésor de Lapte

Au commencement de 1908, divers journaux annoncèrent une découverte qui mit en émoi le monde des amateurs.

Il s'agissait d'un trésor de monnaies gauloises, en or, trouvé au lieu-dit Grange-Neuve, territoire de Soudières, commune de Lapte (arr. d'Yssingeaux, Haute-Loire). C'est le 27 janvier 1908, que le cultivateur Jean Maisonnial découvrit un vase de terre gris rougeâtre, qui fut brisé et laissa voir environ 170 statères (et probablement plus).

Le trésor fut examiné, dès les premiers jours, par M. Ph. Testenoire-Lafayette, qui put faire quelques photographies des principaux types. On parla d'abord d'une vente aux enchères qui devait avoir lieu à Lapte ; puis diverses personnes écrivirent ou vinrent sur les lieux, et, par leurs démarches intempestives, contribuèrent à faire germer, dans l'esprit de l'inventeur, l'idée que son trésor valait une somme énorme. Il rompit ses relations avec les personnes qui lui avaient donné de sages conseils, dans les premiers jours de sa joie. C'est ainsi que le trésor de Lapte fut "bloqué"pendant quelques mois.

Puis, peu à peu, les pièces se disséminèrent de divers côtés. Aujourd'hui, il faut perdre l'espoir de faire une étude complète de cette trouvaille.  Heureusement, les notes prises peu de temps après la découverte permettent d'apprécier l'intérêt des pièces.

Plus d'info : ici

Le monnayage des Arvernes d'après des trouvailles récentes

- 11 février 1938
Comme l'explique Adrien Blanchet dans son ouvrage "Le monnayage des Arvernes d'après des trouvailles récentes", il existe des pièces d'or de très bon titre, connues à peu d'exemplaires au siècle dernier mais bien mieux depuis la trouvaille de Lapte en 1908. En rendant compte de celles découvertes en 1910 M. Blanchet avait prouvé qu'il s'agissait de monnaies arvernes, sinon des plus anciennes de ce peuple, du moins de pièces bien antérieures à la fin de l'indépendance de la Gaule.

La découverte d'un autre trésor vers 1930, comprenant à peu près 200 monnaies semblables à celle de Lapte, à Saint-Uze, à six kilomètres au Nord-Est de Saint-Vallier (Drôme), a permis à M. Blanchet de proposer une explication qui paraît de la plus grande vraisemblance.

Lapte est certainement sur le territoire de l'ancien empire arverne, si puissant au cours des derniers siècles avant notre ère. Saint-Uze, bien que sur la rive gauche du Rhône et probablement dans l'ancien territoire des Allobroges, est à peine à 70 kilomètres de Lapte, à vol d'oiseau.  Or, nous savons que les Allobroges - ne pouvant résister seuls aux Romains qui cherchaient à remonter la vallée du Rhône - demandèrent le secours des Arvernes.

C'est alors que le roi de ceux-ci, Bituit, se dirigea avec ses chars et 200 000 guerriers contre les légions et n'hésita pas à jeter des ponts sur le fleuve, près du confluent de l'Isère. Bituit fut vaincu et capturé par le consul Fabius Maximus, en 121 avant notre ère. M. Blanchet estime que le trésor de Saint-Uze (à moins de 30 kilomètres du lieu de la bataille) était la propriété d'un guerrier arverne, qui se sauva dans la direction du Nord. Jusqu'à maintenant, nous n'avions pas soupçonné la nature des monnaies d'or que Bituit et son prédecesseur distribuaient à leurs druides, leurs bardes et leurs guerriers.

Il est maintenant possible de croire que les statères d'or de Lapte et de Saint-Uze, avec une tète et, au revers, un char sous lequel se voit une grande lyre, représentent ce monnayage, dont l'influence en Gaule a été certainement très importante.

 
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