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Le livre toujours vivant chez les jeunes ligériens

Date : 16/05/2018 | Mise à jour : 16/05/2018 08:07
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L’édition est morte. Toute ? Non. La littérature jeunesse résiste encore et toujours au marasme ambiant. Et ce n’est pas forcément si cher.

Acheter du papier, quelle drôle d’idée ! Les écrans sont partout, dans nos maisons, dans nos sacs à main ou dans la poche de nos pantalons. Vous qui lisez ces lignes, vos doigts se rappellent-ils de la sensation d’une page qui se tourne ? Les enfants, eux, n’ont pas oublié. Mieux, ils en sont friands, jusqu’à leur adolescence. Dans les rayons des librairies, les livres dédiés à la jeunesse attirent toujours le client. À Saint-Étienne, les Croquelinottes sont dédiées à cette littérature. Au lancement de la librairie, en 2007, la Grabotte existait encore et occupait ce créneau. « Ce qu’on souhaitait, en lançant notre librairie, c’était surtout organiser des ateliers d’arts graphiques », explique Amandine Drajner, l’une des responsables. Mais l’étude de marché a confirmé que la concurrence était rude, tant sur les fonds généralistes que sur la vente de livres d’art. Et puis la Grabotte a baissé le rideau. Les Croquelinottes ont eu un boulevard devant eux : celui de la littérature jeunesse. « On savait que ça pouvait fonctionner, dans une ville comme Saint-Étienne », se souvient Amandine Drajner. Son collègue, Thomas Vernet confirme que le livre pour enfant est synonyme de valeurs universelles. « Quand un parent raconte une histoire à son enfant, il y a le plaisir de la transmission. »

80% des prêts à la médiathèque de la Cotonne

Ce plaisir-là, c’est aussi celui de Phérielle Laoud-Kelfat, responsable du secteur jeunesse à la médiathèque de La Cotonne. Les enfants peuvent y emprunter les bouquins, les lire ou se les faire lire par les parents, avant de les rendre. Phérielle Laoud-Kelfat insiste : « Ça développe l’imaginaire et ça peut être un véritable moment de complicité avec les parents. » Elle affirme que les ouvrages (« qui doivent tous être lus par un bibliothécaire avant de l’acheter ») représentent « 80 % des prêts » pour cet établissement de quartier. À la médiathèque de Carnot, où elle travaillait il y a quelques mois, le public est plus mixte et le rayon jeunesse un peu moins demandé. Elle admet que le travail avec les écoles ou les relais d’assistantes maternelles explique en partie cette proportion. « Les enfants sont un public fidèle. On les perd un peu à l’adolescence, puis ils reviennent quand ils ont eux-même des enfants. » 

La culture avant tout

Si Thomas Vernet, aux Croquelinottes, concède que « toutes les classes sociales ne poussent pas forcément la porte d’une librairie », celle d’une médiathèque est beaucoup plus facilement poussée. Et ce sont les enfants qui, directement, entrent en contact avec les ouvrages. « Les bibliothèques ont permis de désacraliser le livre, selon Phérielle Laoud-Kelfat. Ça n’a pas de sens de ne pas mettre les livres dans les mains des enfants sous prétexte qu’ils pourraient les abimer. Il faut que le livre vive plutôt qu’il prenne la poussière sur un rayon ! » L’argument financier entre aussi peut-être en jeu. Ici, les livres sont gratuits pour les enfants. À la librairie, c’est une autre affaire. Ce sont les parents qui passent dans les rayons. Sophie, une habituée de la boutique, vient pour acheter deux cadeaux d’anniversaire, « et j’ai l’intention de craquer de refaire mon stock pour ma famille ». Elle le sait par avance, et ne regardera pas trop à la dépense. « Depuis 20 ans, j’ai un principe : je préfère manger des patates jusqu’à la fin du mois plutôt que de me priver de quelque chose de culturel. » 

Des livres de 5 à 25 euros

Elle vient aux Croquelinottes une fois tous les trois mois environ. Ce jour-là, au moment de passer à la caisse, le prix s’affiche sur l’écran. Pour ses 6 ouvrages, elle en aura pour 64,30 €. Un peu plus de 10 € par livre. Pas beaucoup plus cher que des ouvrages pour les adultes. « C’est vrai que le mot est cher dans ces livres qui ne sont pas très épais. Mais un livre jeunesse, c’est un bel objet, comme un livre d’art. » Thomas Vernet, l’un des libraires, détaille : « On peut avoir des livres de 5 à 25 €. » Un exemple est particulièrement parlant. Le livre Jean de la lune de Tomi Ungerer a accompagné des générations d’enfants. Aujourd’hui encore, il est en vente. Et ce, en deux éditions. La version poche coûte 6,50 € quand l’album grand format vaut deux fois plus cher (13,20 €). Thomas Vernet relève que « la tendance des prix est à la hausse, même si certaines collections comme Lutin poche a baissé le prix de ses ouvrages de 60 centimes ». Dans les rayons, Sophie conclut : « Les livres pour enfants ont un coût, c’est vrai, mais le plaisir de les lire n’a pas de prix. » La littérature jeunesse semble avoir encore de beaux jours devant elle, avec des parents et des professionnels aussi attachés aux livres.

P.S.

 
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