Faits divers
Le braqueur de Beauzac sous les verrous
Date : 24/01/2012
- Mise à jour : 24/01/2012 20:15
Le jeune homme qui avait braqué un tabac-presse de Beauzac en janvier 2011 a été condamné à six mois fermes. Si les raisons de son acte restent floues, les séquelles de la victime sont elles bien visibles.
Le jeune homme était jugé en comparution immédiate au tribunal du Puy, mardi 24 janvier à 17h, pour le braquage d'un tabac-presse de Beauzac. Les faits remontent au 25 janvier 2011. La victime était présente et s'est constituée partie civile.
Verdict
Le jeune homme a été reconnu coupable et incarcéré de suite. Verdict : 6 mois fermes avec une mise à l'épreuve de deux ans, une indemnisation de 1150 euros à verser à la victime, l'interdiction de retourner à Beauzac et l'obligation de suivre une formation professionnelle.
200 euros
Le 25 janvier, à 19h, le jeune homme entre dans un tabac-presse avenue Foch de Beauzac. Le visage camouflé, il demande des cigarettes puis sort un couteau, menace et insulte la gérante, se saisit de près de 200 euros dans la caisse puis prend la fuite.
L'enquête va durer un an : établissement d'un portrait-robot, enquête de voisinage, prélèvements. La gérante déclare que la personne lui est familière. Peu à peu les enquêteurs remontent la piste. En décembre 2011, grâce à une agence d'intérim, l'adresse du suspect est localisée sur Clermont-Ferrand.
Intérimaire chez Michelin
Le jeune homme, qui n'a jamais été condamné, a reconnu les faits. Il parle d'un "acte irréfléchi" et justifie la présence du couteau par le fait qu'il avait un sac d'affaires sur lui. Originaire de Firminy et âgé de 23 ans, il travaille en intérim chez Michelin. Sans domicile fixe, il loge en foyers sur Clermont-Ferrand. Sa compagne, sans emploi, est enceinte de trois mois. Il avoue n'"être jamais retourné à Beauzac après les faits, par peur de croiser la victime". Son avocate note un acte d'une "spontanéité désarmante" et son absence de rebellion face aux forces de l'ordre.
La gérante est incapable de travailler pendant dix jours. Elle parle d'un acte "choquant" et de son "angoisse quand arrive le soir". Elle travaille encore au même endroit "toujours avec appréhension". Son avocat parle du "détachement déconcertant de l'accusé" face au "traumatisme" de la victime.
La Procureur a rendu hommage à "l'opiniâtreté et la ténacité des enquêteurs". Le vol avec arme est "une infraction criminelle qui relève normalement de la Cour d'assises". Ici, l'affaire s'apparente plus à "un vol avec violence" et nécessite une réponse rapide. Elle note que "la prise de risque [était] stupide au vu de la somme volée".
Emilie Monnereau