Economie

Le bio a le vent en poupe

Haute-Loire et Auvergne sont à la pointe du bio. Bilan et objectifs de la filière avec "Haute-Loire biologique" et portrait d’un producteur bio.
L’association Haute-Loire biologique tenait son assemblée générale mardi 21 février à 10h, à l’ISVT de Vals-près-le-Puy. L’occasion de faire le point sur l’agriculture biologique en Haute-Loire, ses exploitants, ses labels et ses perspectives d’avenir.

Que représente l’agriculture biologique en Haute-Loire ?
L’association regroupe environ les deux tiers des producteurs bio qui ont le label ainsi que d’autres en reconversion. Il y a quelques installations, mais elles sont minoritaires. La progression ralentit un peu, après une hausse importante entre 2008 et 2010, due à une demande en lait bio et de nombreux producteurs laitiers qui se sont reconvertis.

Le bio altiligérien en chiffres
- 280 agriculteurs bio;
- 27 agriculteurs convertis à l’agriculture bio en 2011;
- 5% de la surface agricole utile (SAU) sont bio, contre 3,8% au national;
- 9 Amap et 2 projets de création (Retournac et la Chaise-Dieu).


Le bio concerne tous les domaines de l’agriculture, de la viande au maraichage, et des fruits aux plantes médicinales. La répartition des agriculteurs est homogène sur le département. La taille moyenne des surfaces tend à progresser. La demande en produits bio est en perpétuelle croissance.

Quelles sont les différences entre label, mention et marque ?
Il n’existe qu’un label bio européen, sur lequel s’est calqué le label français AB. Il est certifié par un organisme indépendant, accrédité par l’Etat, comme Ecocert, qui assure des contrôles.
La mention Nature et Progrès ne dépend pas d’un organisme certificateur, c’est l’agriculteur qui fait de l’autocontrôle, sous couvert d’une vérification annuelle.
Les marques ou labels Bio-cohérence, lancé il y a un an, et Demeter ont un cahier des charges plus strict que celui européen : respect des cycles naturels, amélioration des sols, refus des OGM, 100% des aliments utilisés bio…
Le passage au bio n’est pas aisé pour un agriculteur conventionnel. "C’est facile à dire, mais pas facile à faire" note François Vérots, Président de l’association. "Certains facteurs favorisent le changement comme les sols qui s’abîment sous l’agriculture intensive".

Quels sont les orientations au niveau départemental pour la filière bio ?
Auvergne bio, qui fédère les quatre associations départementales, interviendra pour présenter le Plan régional de développement de l’agriculture biologique, soutenu par le Conseil régional. Ce plan doit définir les actions à mettre en œuvre pour développer les conversions, notamment par la création d’un Pôle régional pour accompagner les structures.
Le problème aujourd’hui est le tiraillement entre les associations et la Chambre d’agriculture. Cette dispersion et ce manque de cohérence doivent être solutionnés par une gouvernance partagée en deux.

Les Amap
Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne ou les groupements de consommateurs valorisent la filière courte : le producteur vend directement au consommateur, en local. Les producteurs possèdent souvent le logo bio, même si la labellisation n’est pas exigée.
Les consommateurs recherchent des aliments sains, produits dans le respect de l’homme, de la biodiversité et du rythme de la nature. Les produits sont ainsi tous de saison. Les paniers de légumes, œufs, pain, viande, sont livrés à date fixe et payés à l’avance.


L’association organise des formations techniques ouvertes à tous les agriculteurs. En 2012, un réseau de fermes bio de démonstration est en projet, avec 4 ou 5 exploitations ouvrant leurs portes et répondant aux questions.
La campagne de la Fédération nationale de l’agriculture bio (Fnab) "Osons la bio" sera relayée. Elle a pour but d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur l’avenir du bio, notamment les moyens pour parvenir aux 20% de bio en 2020 décrétés par le Grenelle de l’environnement.

  • Rencontre avec David Chalendard, maraîcher à Vialette (Saint-Paulien) 
Membre de l'Amap’onote, l’Amap du Puy-en-Velay, depuis sa création en 2009, il livre tous les mardis soirs à Ours, entre 18h30 et 19h30, ses paniers de légumes, au choix petit, moyen ou grand. Il vit du maraichage, par la vente sur le marché du Puy, avec l’Amap et auprès de quelques restaurants du Puy et des environs.
Il a toujours travaillé bio mais vient de demander la mention Nature et progrès, qui correspond mieux à ce qu’il recherche, avec "un cahier des charges à respecter, spécifique à chaque culture, sans traitement ni engrais chimique. Avec également l’utilisation prioritaire des variétés de légumes anciennes, les hybrides étant interdits". Un contrôle a lieu tous les ans, par une Comac (commission mixte d’agrément et de contrôle) constituée d’un consommateur, d’un professionnel et d’un producteur. Le label européen, assez large, permet par exemple une tolérance sur certaine traitements, qu’il ne trouve pas "normale. S’il y a traitement, ce n’est plus du bio".

L’association Haute-Loire biologique défend l’idée d’une agriculture visant à l’autonomie des producteurs, un système qui ne plait pas à tous, là où l’agriculture intensive alimente tout un système économique. Reste alors au consommateur à valider ou non cette tendance. En privilégiant les circuits courts et la qualité des produits, il peut faire pencher la balance en faveur du bio et du local.



Emilie Monnereau

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  • JG - le 26 février 2012 - 13h08 Signaler un abus
    si seul le bio devait nourrir, .... nos sols seraient respectés, notre santé serait moins en danger, les emplois agricoles seraient préservés

  • cc - le 25 février 2012 - 10h54 Signaler un abus
    On n'entend pas la FNSEA, sur ce sujet ; normal, elle soutient plutôt les OGM et Monsanto !

  • NG - le 23 février 2012 - 08h13 Signaler un abus
    Le bio ne peut se développer quand notre société de consommation à l'instar de l'Etat ne joue pas le jeu d'une vraie transparence. Comment voulez-vous que les consommateurs s'y retrouvent entre label, mention et marque BIO, label, mention et marque FERMIER et bientôt entre PRODUIT PARTIELLEMENT, EXCLUSIVEMENT OU AUCUNEMENT EN FRANCE. Vaut-il mieux consommer bio produit à l'étranger, industriel produit en France etc ... ? Dans tout ce pataqués, les consommateurs se fient à 1 chose : le PRIX

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