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L'ancienne usine de métallurgie devait être dépolluée il y a 9 ans

Date : 07/11/2019 | Mise à jour : 16/11/2019 12:29
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La pollution aux PCB à la station d'épuration de Sainte-Sigolène provient d’un site désaffecté voisin où des transformateurs contenaient encore du PCB alors qu’ils auraient dû être éliminés fin 2010.

L’origine de la pollution aux polychlorobiphényles (PCB) détectée dans les 400m³ de boues de la station d'épuration de la Rouchouse à Sainte-Sigolène, début septembre, a été identifiée. La préfecture de la Haute-Loire confirme qu’elle provient d’un site industriel abandonné, dit de la "SCI du Fer". En effet, l’ancienne usine de métallurgie, située au lieu-dit Cornassac (Sainte-Sigolène), présente un local dégradé dans lesquels se trouvait des transformateurs fonctionnant avec des huiles contenant des PCB.

Comment cette pollution a-t-elle pu parcourir les quelque 4 km qui séparent la friche industrielle et la station d’épuration ? « Par les conduites d’égouts », nous renseigne le maire de Sainte-Sigolène, Dominique Freyssenet, également président du Syndicat des Eaux Loire Lignon (SELL) qui exploite la station. L’enquête de la brigade territoriale de Sainte-Sigolène, sous l’égide de la compagnie de gendarmerie d'Yssingeaux, devra déterminer comment les PCB se sont retrouvés dans les eaux usées..

Une visite de l’inspection des installations classées a eu lieu le 2 octobre. Elle a constaté que la friche industrielle ne disposait ni de portail d’entrée ni de clôture. Elle a établi qu’un transformateur encore installé sur le site possédait un volume supérieur à 5 dm³ avec une teneur en PCB inconnue ou supérieure à 500 ppm. Or cet équipement aurait dû être éliminé et décontaminé avant le 31 décembre 2010, sachant que l’usine est inutilisée depuis le début des années 2000.
De plus, le site abrite des cuves de fioul non inertées et des fosses pouvant occasionner un risque de chute.

Plus d’usine d’ici trois mois

Sans attendre la réunion du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST), la préfecture a pris un arrêté de mesures d'urgence e 22 octobre 2019. Celui-ci a mis en demeure l'exploitant du site, la "SCI du Fer" basée à Chassieu dans le Rhône, de le mettre en sécurité, d’inerter les cuves de fioul, et d'évacuer le transformateur avant ce vendredi 1er novembre.
Les transformateurs ont été enlevés avant ce délai. L’accès à l’usine est interdit. Quant aux conduites d’eaux usées, « le réseau d’eaux pluviales va être dévoyé bientôt, on étudie la manière de le faire en amont de l’usine, bref on bouchonne tout », confie Dominique Freyssenet.
La SCI du Fer, elle, doit raser les bâtiments et décontaminer le sol sur sa propriété. « D’ici trois mois, il ne devrait plus rien rester et le site devrait être rendu dans l’état où il l’était en 1955, avant la construction de l’usine », escompte le maire.

Quelles suites judiciaires ?

Sur le plan pénal, la mairie et le syndicat des eaux ont déposé plaintes contre X. pour pas contre la SCI du Fer ? « Car au départ on ne savait pas d’où venait la pollution et puis l’exploitant n’est pas forcément le pollueur, c’est à l’enquête de le déterminer », souligne Dominique Freyssenet. Le parquet du Puy-en-Velay ne souhaite pas encore communiquer sur cette enquête.

Quid du ruisseau et des poissons ?

Quant à la pollution du cours d’eau (qui s’appelle, selon ses portions, le Rault, le Grangevalat et le Cros), affluent de la Loire, elle s'est concentrée dans les boues de la station d’épuration, qui sont stockées dans un silo sur le site. Une contamination ponctuelle des sédiments au point de rejet de la station a été identifiée. L'arrêté préfectoral initial du 20 septembre impose au Syndicat des Eaux Loire Lignon des analyses hebdomadaires tout le long du ruisseau en aval. « La pollution des sédiments est très très limitée, tempère Dominique Freyssenet, les analyses montrent une diminution des quantités au fil du temps, ce qui est une très bonne chose ». Quant aux poissons, des analyses doivent être faites autour du mois de décembre. Celles-ci seront faites « par principe de précaution parce qu’a priori il n’y a pas de risque particulier, rassure le maire, car les PCB affectent surtout les poissons à chair grasse, le ruisseau est peuplé principalement de truites, qui n’est pas un poisson à chair grasse. »

Si la végétation n’absorbe pas les PCB, ceux-ci sont bioaccumulables dans la chaîne alimentaire. Ce sont des produits organiques chlorés utilisés dans l’industrie depuis les années 1930 comme isolants électriques et fluides caloporteurs dans les transformateurs et les condensateurs mais aussi comme adjuvants (fabrication de pesticides, d’encres, de peintures, d’huiles). Les PCB sont interdits d’utilisation en France depuis 1979 dans les applications ouvertes (fabrication d’encres, de peintures…). La vente et l’achat de PCB ou d’appareils en contenant, ainsi que la mise sur le marché de tels appareils neufs, sont interdites depuis 1987. Pour rappel, l’eau du réseau potable n’a jamais été concernée. On peut donc boire sans crainte.

Annabel Walker



- Photo d'illustration archives -

 
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