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L’enseignement supérieur prend son mal en patience

Date : 17/05/2020 | Mise à jour : 17/05/2020 20:27
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Après les écoles, les collèges ce lundi et les lycées début juin si le département reste en vert, l’enseignement supérieur, lui, ne pourra pas reprendre d’ici la fin de l’année universitaire. En Haute-Loire, seul l’IUT du Puy-en-Velay est concerné. Une situation pas facile à gérer pour ses étudiants et ses personnels.

Depuis la mi-mars et le début du confinement, les étudiants et enseignants du site de l’université de Clermont Auvergne au Puy poursuivent, tant bien que mal, les études à distance. « L’avantage au Puy c’est que la plupart des enseignants sont des spécialistes du numérique donc ça nous a facilité la mise en place des outils », explique Manuel Grand-Brochier, enseignant-chercheur, adjoint au directeur de l’IUT en charge du site du Puy. « On avait beaucoup d’échanges avec les prof’ au début pour tout mettre en place, raconte David Moulin, étudiant en 2e année de DUT Métiers du Multimédia et de l’Internet, maintenant on a des e-mails une fois toutes les deux semaines à peu près mais il y a toujours quelqu’un pour répondre ». Les cours magistraux et les travaux dirigés ont donc été faits en visio-conférence. Pour les travaux pratiques, des vidéos ont été envoyées à titre d’exemple « mais les étudiants n’ont pas pu manipuler ; je pense notamment au DUT chimie », glisse Manuel Grand-Brochier. Et quand la vidéo n’existe pas sur la toile ? « Justement, des enseignants vont aller à l’IUT pour se filmer en labo, renseigne-t-il, mais l’université impose un maximum de 25 % du personnel présent dans les locaux à un instant, ce qui comprend les personnels administratifs et d’entretien ; au Puy la limite est même fixée à 15 % donc ça fait deux ou trois enseignants maximum ».

L’ IFP 43 de Bains ouvrira ses portes aux apprenants de 2e année/Bac Pro/diplôme en 1 an et formation continue à partir du 25 mai. Concernant les apprentis de 1e année, les enseignements sur site reprendront dans un second temps dans le courant du mois de juin.

Et la fracture numérique ?

Du côté des étudiants, sont-ils tous équipés pour travailler à distance ? « Nous avons fait un recensement et pour ceux qui en avaient besoin, l’université a débloqué 1,5M€ d’aides pour acheter un petit ordinateur ou une clé 4G », expose Manuel Grand-Brochier. Cette aide comprend aussi les frais de rapatriement au domicile des parents (certains viennent des DOM-TOM). La plupart des étudiants ont dû résilier plus tôt leur bail d’appartement au Puy. L’aide financière prévoit aussi le remboursement de dépenses engagées pour des stages à l’étranger annulés en raison de la pandémie. « J’ai un ami qui devait faire son stage à San Diego, aux Etats-Unis, rapporte David Moulin, son stage est conservé en télétravail, c’est déjà ça, mais il est dégoûté de ne pas partir et il avait engagé des frais. »

Son stage, lui, David Moulin l’effectue à l’EPAGE Loire Lignon (établissement Public d'Aménagement et de Gestion de l'Eau) basé à Tence. Sauf qu’il n’a pas mis le pied à Tence depuis son entretien de recrutement. Le stage se déroule en télétravail avec de nombreuses réunions en visio-conférence. Pas toujours facile pour l’étudiant qui réside à Rosières où la connexion ADSL est plutôt lente et les réseaux 4G bondés. « Les visio sont saccadées mais je coupe ma caméra et je garde que le son, ça passe », confie-t-il, impatient de se rendre, pour la première fois, au bureau à Tence ce lundi 18 mai.
Certains de ses camarades n’ont pas la même chance. Ils ont vu leur stage décalé de début juin à fin août ou raccourcis. Mais l’IUT insiste pour une durée minimum de sept semaines (contre 10 à 11 semaines à l’origine). Les plus malchanceux ont vu leur stage annulé. Et comme il faut un stage rémunéré, pas facile d’en trouver un au pied levé, qui plus est, dans le contexte actuel. « Pour ceux qui n’ont plus de stage, l’IUT leur donne des projets sur plusieurs mois, relate l’étudiant, mais c’est moins marrant parce que tout est fictif et il n’y a personne pour te répondre comme un tuteur en entreprise ».

Les BTS et étudiants de classes préparatoires reprendront dans les mêmes conditions que les élèves de la quatrième à la terminale, car ils sont "à l’intérieur des lycées donc qui sont dépendants de ce qui se passe physiquement avec l’ouverture ou pas, a déclaré Jean-Michel Blanquer. Ils restent dans un système d’enseignement à distance jusqu’à début juin".

Difficile de trouver une entreprise en alternance

Et la poursuite des études pour ces étudiants ne s’annonce pas plus facile après l’été. Car la plupart ont prévu d’entamer une Licence professionnelle ou un Bachelor en alternance. « On est tous en recherche d’une entreprise mais les standards ne répondent pas, raconte David Moulin, par e-mail ils sont souvent plus joignables mais encore faut-il trouver la bonne adresse mail, pour l’instant on a très peu de retours ». S’il ne trouve pas, le Rosiérois pourra toujours suivre son bachelor en formation initiale (c’est-à-dire à l’école exclusivement) mais en Licence pro, il faut absolument une entreprise.
Dans l’immédiat, l’étudiant termine son DUT. Heureusement, quand le confinement a commencé, il ne lui restait que deux semaines de cours. Les oraux finaux ont été réalisés en visio-conférence. Les éventuels examens ont été simplifiés « avec des QCM ou des petits tests de courte durée pour ne pas pénaliser les étudiants », illustre Manuel Grand-Brochier qui souligne qu’à l’IUT les notes sont basées sur le contrôle continu tout au long de l’année.

Les candidats au professorat dans l'incertitude

En revanche, pour les candidats à l’INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l'Éducation), la question reste en suspens. Chaque année, début juillet, ils sont des centaines (des milliers dans l’académie de Lyon) à converger dans un même lieu à Clermont-Ferrand pour passer ce concours national d’entrée. Ce n’est qu’après, en fonction de leurs vœux, qu’ils sont dispatchés sur les site du Puy, d’Aurillac ou de Clermont pour leurs études de futurs enseignants.

Quant à la rentrée de septembre, l’université de Clermont souhaite la maintenir, à condition que la situation sanitaire le permette.

Annabel Walker





 
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