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Journées du patrimoine en Bern(e)

Date : 20/09/2020 | Mise à jour : 21/09/2020 15:26
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Alors que les journées du patrimoine ont été annulées dans la plupart des départements de la région AuRA, la Haute-Loire qui n'est pas encore en zone Covid rouge, a pu maintenir les siennes. Pour quel succès ? Nous nous sommes rendus sur quelques-uns des sites de la communauté d’agglomération du Puy pour voir ce qu’il en est.

Depuis de très nombreuses années, les fêtes du roi de l’oiseau coïncident avec les journées européennes du patrimoine. Dans l’esprit des Ponots, les deux événements sont liés et la sortie en costume s’accompagne de la visite des lieux patrimoniaux de la vieille ville.
Cette année, le contexte est particulier à plus d’un titre. Les fêtes ont élu quartiers dans une zone artificielle au centre de la ville basse. Il est plus facile d’y accéder mais en contrepartie les lieux de la haute ville sont désertés comme nous le fait remarquer ce restaurateur de la rue des tables qui se désespère devant des chaises vides. Et puis il y a cette pandémie du Covid qui apporte de nouvelles contraintes, celle d’être masquée en plus de devoir rester en petits groupes.
Un témoignage de Sylvie confirme que pour elle « cette année pas de journée du patrimoine, c’est trop risqué, il pourrait en plus y avoir de l’attente et puis on porte un masque toute la journée au travail alors le week-end, pitié non ! ».

Des sites ouverts et … payants, les avis divergent

Il suffit de parcourir la brochure pour constater que certains sites sont payants. C’est le cas à Saint-Vidal et à la forteresse rivale de Polignac ou encore au musée Gallo-Romain de Saint-Paulien et à la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe, au Camino ou à la maison forte de Volhac. Dans certains cas la visite est même libre, c’est-à-dire non guidée. Il ne s’agit pas d’une nouveauté. Le principe du payant est établi depuis de nombreuses années même s’il se heurte à l’idée d’origine de ces journées qui en 1984 s’appelaient les journées portes ouvertes des monuments historiques.

Des visites gratuites mais libres dans des lieux naturels où on peut se rendre tous les autres jours de l’année gratuitement

Le programme établi par la communauté d’agglomération mettait en avant de nombreuses visites gratuites comme celles du village de Saint-Quentin, de la voie verte de Brives, du site de la Durande, du Mont Bar à Allègre, des Chibottes à Vals, du ravin de Corboeuf ou encore de la coulée de Bourrianne pour l’Emblavez.

En interrogeant des personnes dans la rue, il se dégage deux profils : celui des touristes qui auraient de toute façon visité et donc payé quoi qu’il en soit. Et celui des locaux qui ne comprennent pas le principe du "ouvert mais payant".
« Nous », raconte Sylvie, « il y a quelques années, nous sommes allés à Polignac avec les enfants et quand nous avons vu que l’entrée était à 5 euros, on est reparti ».
« Si on avait dû payer ? Non sans doute qu’on ne serait pas entré », entend-on encore à plusieurs reprises.
C’est l'avis d'un jeune couple de la Séauve sur Semène. « On serait venu au Puy de toute façon mais on ne serait sans doute pas rentré au musée s’il avait fallu payer ».
Pareil pour cet autre couple, lui est de Montluçon. Elle, emmitouflée jusqu’au coup vient de Sotchi en Russie (où il a fait jusqu’à 37°C ces derniers jours). « C’est sûr, on profite des journées du patrimoine pour faire certaines visites parce qu’elles sont gratuites ».

« On aurait payé quand même » reconnait Pêchelette

Dom et Pêchelette (la Pêchelette est un moineau en patois du Maine et Loire), Guy et Cécile, deux couples camping-caristes de l’Ouest stationnés sous le rocher Saint-Michel, reconnaissent que « s’il faut payer, et bien ce n’est pas si grave. Il faut bien l’entretenir ce patrimoine. On aurait payé de toute façon. D’ailleurs, on a été surpris hier après-midi (NDLR samedi) quand nous sommes montés à la vierge de constater que la visite était gratuite ».
Jeannine Bourdin, du conservatoire de dentelle, n’est pas étonnée de cette anecdote. « Il y a plein de gens qui, quand ils s’en vont, demandent s’ils doivent quelque chose. Mais non, nous sommes un service public, répond-on. C’est dans nos missions ».

La question de l’affluence, une donnée manifestement confidentielle

Ceci dit, il faut aussi aborder la question de l’affluence. Les choses se compliquent. Voilà le syndrome « Elise Lucet ». Dimanche, une visite à l’office de tourisme et une au musée Crozatier (star des JEP) apportent les mêmes non-réponses. « On ne peut rien dire, il faudrait voir notre directeur/trice. Il/Elle n’est pas là… Et puis il y a aussi ce contexte qui est si particulier… C’est peut-être pas si mal en fin de compte… »
A l’évidence pourtant, la journée de samedi, pluvieuse avec un Roi de l’oiseau en configuration minimaliste, n’a pas drainé les foules.
Notre observation directe dimanche matin démontre une faible affluence des visites guidées : cinq personnes ici dont quatre Lyonnais d'un même groupe (notre photo), trois pour cet autre groupe.
Au conservatoire de dentelle, il n’y a eu presque personne jusque vers midi. Onze personnes seulement le matin.
La rue des tables et la place du plot sont vides, il avait pourtant un si joli nom, mon guide.

Et puis, l’après-midi, tout a semblé changer

L'image d'illustration N°3 est une pièce de dentelle représentant un herbier réalisée au conservatoire de dentelle exposée au musée Crozatier depuis mai 2019. Elle constitue un lien naturel entre les deux sites qu'on pouvait visiter tour à tour durant ces deux journées comme tout le reste de l'année.

Les gens sont-ils sortis à ce moment là seulement ou ont-ils cherché à s’abriter des nombreuses averses en se réfugiant dans les bâtiments publics ouverts ? Pendant que les allées du jardin Henri Vinay semblent désertes, on a fait la queue au conservatoire et au musée. Il entre autant de personnes qu’il en sort dans un flux imporant pendant plus d'une demie-heure.
Jeannine Bourdain, la dentellière, raconte : « certains viennent d’années en années voir l’état d’avancement des travaux de l’atelier. Ils suivent notre travail. Pour eux c’est un peu un pèlerinage annuel. D’autres sont moins réguliers mais ils reviennent parfois après des trous de plusieurs années, ils sont curieux. Ils sont admiratifs. Ils prennent le temps de visiter. Pour eux, la dentelle et notre savoir-faire font partie de leur patrimoine. »
Par contre poursuit-elle, « ils ne sont pas venus au même moment que d’habitude. En règle générale, on a un afflux de visites le dimanche en fin de matinée puis plus personne après 16 heures car les gens vont voir le défilé du Roi de l’oiseau. Cette année, nous avions prévu une fermeture à 16 heures et il a fallu largement repousser car les gens sont arrivés après 15 heures ».

T.C.




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img_journalisteAA le 23 septembre 2020 - 14h59
Merci pour ces journées du patrimoine, rien de choquant à payer pour une ouverture exceptionnelle style le musée de saint paulien habituellement fermé en cette période ... que je recommande particulièrement !

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